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[N.B.:
nous reproduisons ce texte à l'identique,
tel qu'il a été publié sur le le site islamique
qui en fournit la traduction française et avec un lien
vers ce site,
sans corriger certaines tournures maladroites]


Le statut des
opérations-martyrs en islam
Ecrit par cheikh Salman ibn Fahd
al-'Awdah. Traduit par Assabyle.coM
La question de ce
que l'on nomme "les opérations-martyrs" fait partie des questions
contemporaines auxquelles on ne trouve quasiment pas de texte précis
dans les livres des anciens Légistes (fouqahas), et ceci parce
qu'elle fait partie des méthodes de résistance récentes qui sont
apparus après la découverte des explosifs et du progrès de sa
technique. Et elle est la plupart du temps une partie de ce que l'on
appelle la "guerre des enragés", prise en charge par des groupes de
commandos qui agissent vite. L'importance de ce type de résistance
est apparue durant la guerre civile américaine, mais aussi durant la
deuxième guerre mondiale et plus tard, puis, elle est devenue une
partie des stratégies de guerre que l'on enseigne dans les écoles et
académies militaire.
Et les musulmans ont eu recours à
ceci dans certains cas spéciaux pour plusieurs raisons :
- Premièrement: le fait qu'ils se soient habitués
au sacrifice et à l'amour d'être martyr. Une mort honorante est
préférable à une courte vie lorsqu'elle est simple et
rabaissante.Ne m'abreuve pas de l'eau de la vie avec humiliation,
Mais abreuve-moi avec honneur un verre de coloquinte (poème).
- Deuxièmement: le fait qu'ils soient exposés
dans la plupart de leurs pays à une domination des ennemis et qu'ils
soient attaqués par eux à cause de leur manque de savoir dans les
sciences, les techniques et la civilisation, là où l'ennemi est
supérieur à eux. Certains pays sont alors devenus un pâturage pour
les colonisateurs et les occupants. Et ceci nous le voyons dans la
terre bénite de Palestine, et au Cachemire, et en Tchétchénie, et
avant en Afghanistan, et dans toutes les républiques islamiques qui
furent sous la domination de l'URSS.
- Troisièmement:
il y a aussi le peu de choix qu'ils ont, car parmi les choses où
l'homme puise sa force, il y a le fait qu'il n'ait aucun choix où
très peu, et par cela, la vie lui devient parfumé, car il n'a rien à
perdre, et ceci lui donne une nouvelle énergie. Et c'est pour cela
que l'on s'est beaucoup posé la question sur ces opérations que
certains nomment "opérations martyrs", accordant le
droit de le faire, et d'autres les nomment
"opérations-suicides" soit par qu'ils pensent que c'est
interdit, soit pour imiter les médias. Les légistes ont divergé sur
le droit où non de ces opérations, selon ce qu'ils pensent être la
bonne réponse.
Et en regardant les situations semblables (à
celles citées) dans les textes religieux, et dans les évènements
historiques, on trouve de quoi apporté une solution à la réponse de
cette question :
- Premièrement: dans le recueil de hadiths de Ibn Abi Chaiba,
d'après Mouhammad ibn Ishaq, Asem ibn Mouhammad ibn Qatada a dit:
Mou'adh ibn 'Afra a dit : "ô Messager d'Allah ! Qu'est ce qui
fait rire (réjouir) le Seigneur de son serviteur ? Il répondit: le fait qu'il trempe sa main (se faufile)
chez son ennemi, à découvert, il a alors enlevé le bouclier qu'il
portait, et a combattu jusqu'à ce qu'il soit tué"
[récit authentifié par Ibn Hazm dans le Mouhalla (7/294) et al
Tabari l'a cité dans son recueil historique selon 'awf ben al-Hareth
(ben 'afra) et c'est ainsi dans la sirah de ibn Hicham.]
- Deuxièmement: ibn Hazm rapporte lui-même dans
son mouhalla selon Abou Ishaq assabi'i : j'ai entendu un homme
demander à Al bara' ben 'azeb: "que pense-tu d'un homme qui
attaque un contingent, au nombre de 1000, s'est-il jeté dans
al-tahluqa (sa propre destruction) ? Non, dit Al Bara, mais
al-tahluqa consiste à ce qu'un homme commette un péché, et qu'il se
tue de ses propres mains, en disant : pas de repentir pour
moi."
Il dit encore (Ibn Hazm): ni Abou ayyub al Ansari , ni Abû musa Al-Ash'ari ont renié le fait qu'un homme seul se jette sur
une grande armée, et qu'il combatte jusqu'à sa mort.
- Troisièmement : l'histoire bien connue
de Abû Ayyub à Constantinople, dans laquelle un homme parmi
les musulmans, s'est jeté au milieu de la rangée romaine, et où
les gens ont alors crié et ont dit : SoubhannAllah, il se jette
de ses propres mains à sa destruction ?! Abû Ayyub s'est alors levé, et dit : "ô gens vous interprétez
mal ce verset (allusion au verset 195 de La Vache), mais ce verset
est descendu sur nous les Ansars, lorsqu'Allah à élevé l'islam, et que ses adeptes ont augmenté,
certains se sont dits sans que le Messager d'Allah le sache : nous avons perdu notre argent, et Allah
a élevé l'islam et ses adeptes sont devenus nombreux, si on peut
rattraper ce que nous avons perdu comme argent…. Alors Allah a
descendu sur son prophète ce verset …. Jusqu'à la fin du Hadith".
[Rapporté par Attirmidhi (2898) qui l'a authentifié, et par
Abu Dawud (2151)].
- Quatrièmement: comme le rapporte les
auteurs des sirahs, et ibn al Moubarak dans le livre du Jihaad,
l'histoire d'al Bara ibn Malek lorsqu'il s'est jeté entre les
mains des apostats (au temps d' Abu Bakr ) de la tribu des bani Hanifas, et dans d'autres
sources, il a ordonné à ses compagnons de le porter sur une sorte
de catapulte, entouré de pointes de lances, et de le jeter dans
leur jardin, il les a alors attaqués de manière acharné, jusqu'
à qu'à ce qu'il réussisse à ouvrir la porte du jardin. Il avait
ce jour-ci reçu quelques 80 blessures, et Khalid ibn Al Walid
lui a envoyé un médecin le soigner. [Même histoire rapporté dans
les "ciqats" de ibn Hibban, et le recueil historique d'At Tabari).
- Cinquièmement: Ahmed rapporte d'après Abu
Ishaq : "j'ai demandé à el Bara : un homme se jetant vers les
associateurs, s'est il jeté lui-même dans sa propre destruction
? Non, répondit-il, car Allah a envoyé le messager d'Allah et lui a dit : Alors, combats dans le sentier d'Allah, tu n'es
responsable que de toi-même , mais ceci est plutôt dans les dépenses".
- Sixièmement: dans le Sahih de Muslim, dans le
Hadith de Sohaib, la parole de l'enfant (que personne n'a réussi à
tuer) au roi : "tu ne me tueras pas jusqu'à ce que tu fasses ce
que je t'ordonne. Et qu'est ce ? dit le roi .Il dit: tu réunis les
gens dans une grande place, tu me crucifies sur le tronc d'un arbre,
puis tu prends une flèche de ma ceinture que tu la places dans ton
arc, puis tu dis: 'au nom du Seigneur de l'enfant'. Dans le hadith,
il est rapporté que le roi l'a fait et que l'enfant est mort. Les
gens ont dit: "nous avons cru au seigneur de l'enfant (3fois)".
Le hadith est également cité dans le Moussnad de Ahmed. Le roi a
appliqué ce que l'enfant lui a conseillé de faire, et s'est réalisé
ce que l'enfant a voulu de grand bienfait général, la conversion des
gens lorsqu'ils ont su ce qu'il s'est passé, et de récompenses qu'il
a reçus.
- Septièmement: et dans le hadith de Abu Sa'id
Al-Khoudri, le messager d'Allah a dit : "ceux qui se mettent au premier
rang et ne tournent pas leur visages jusqu'à ce qu'ils soient
tués. Ceux sont eux qui profitent des chambres élevées du paradis,
et leur seigneur leur rie, et lorsque ton seigneur rie à un peuple,
alors ceux-ci n'ont pas de compte à rendre". (Rapporté par
Ibn Abi Chaiba et Attabarani, Abu Ya'la, Ibn Al Moubarak et Abu
Na'im. Et al Moundhiri a dit que les rapporteurs du Hadith sont
confiants)
- Huitièmement: ibn Abi Chaiba rapporte d'après
Moudrak ibn 'Awf qui était chez 'Omar et qui avait dit : "ô émir des croyants, et
un homme qui a vendu son âme, comme mon oncle, dit Moudrak, ô
émir des croyants !? Car les gens prétendent qu'il s'est suicidé
! Omar dit alors : "ils ont menti, mais il fait
plutôt parti de ceux qui ont acheté l'au-delà en échange de ce
bas monde".
- Neuvièmement: Mouhammad ibn Al Hassan
Ashibani a dit dans Assyar (1/163) : "quant à celui qui attaque
l'ennemi alors il court vers l'honneur de sa religion, et
s'expose vers le martyr qui permet la vie éternelle, mais, qu'en
est-il de celui qui se jette lui-même vers sa destruction ? Et
bien il n'y a pas de mal à ce qu'un homme attaque seul l'ennemi,
même s'il pense qu'il sera tué, à condition qu'il fasse quelque
chose (que l'ennemi soit touché), et qu'il meurt, où qu'il se
blesse, où qu'il se fasse attaqué, car des compagnons en présence
du messager d'Allah le jour de la bataille de Ouhoud, ont été loué
pour cela, et il fut également dit à Abu Houraira : ne pense-tu pas que Sa'd ibn Hicham lorsque les
2 rangées ennemies se sont rencontrés, et qu'il a foncé, combattu
puis est mort, s'est jeté vers le suicide ? Alors, il répondit
: non, mais réfléchis sur le verset suivant et il y a parmi des gens ceux qui achètent leur
âme espérant l'agrément d'Allah [Sourate Al Bakarah 2:207]. Quant à celui qui pense
qu'il ne fera pas de mal à l'ennemi, alors, il n'a pas le droit
de les attaquer, car avec cette attaque, il n'atteindra rien de
l'honneur de la religion, mais il est tué tout court, et Allah
a dit ne vous tuez pas vous-mêmes [Sourate Al Nisa :29], alors s'il ne fait pas de
mal, il n'y aucun intérêt dans ses objectifs, il ne peut s'avancer
pour commettre cet acte".
- Dixièmement: Al Hafiz ibn Hajar
(rahimahullah) a cité sur ce propos, le fait qu'un seul homme
s'attaque à un grand nombre d'ennemis, et dit que la plupart des
docteurs ont affirmé que si c'était grâce à la force de son courage
et qu'il pense terroriser l'ennemi ou bien encourager les musulmans
à combattre ou pour tout autre but noble, alors ceci est bien. Mais
s'il s'agit de montrer seulement son courage, et surtout si les
conséquences aboutissent à la faiblesse des musulmans, alors c'est
interdit (voir Souboulou salam, 3/473).
- Onzièmement: dans les notes de Addasouqi
(rahimahullah), c'est permis à 2 conditions :
-
que son but soit que la parole d'Allah soit la plus
haute
-
et qu'il pense que ça aura des conséquences sur
l'ennemi.
- Douzièmement: Ibn Al 'Arabi (rahimahullah) a
cité que la bonne réponse à cette question (qu'un seul homme peut
s'avancer devant un nombre considérable de mécréants) est qu'il y 4
bonnes raisons :
-
la demande du martyr
-
présence de dégâts chez l'ennemi
-
ça encourage les musulmans
-
ça affaiblit les âmes ennemies, car s'ils voient que
ceci est l'œuvre d'une seule personne, alors qu'est que ça doit
être si tout le monde s'y met.
- Treizièmement: Ibn Taymiyyah (rahimahullah) a
dit dans Al Insaf (4/116) : "il est une tradition de se glisser
chez l'ennemi pour le bienfait des musulmans, sinon c'est interdit
et c'est du suicide. On trouve dans la plupart des textes et des
récits que cela s'est fait avec un homme ou un groupe de musulmans
armés vers l'ennemi, mais parfois, ce n'est pas le cas, comme dans
l'histoire de l'enfant et du roi (cité plus haut)".
D'après tout ce qu'on a cité, la bonne réponse est -
et Allah est le plus savant - que cette sorte d'opération est
permise mais avec des conditions imposé par les savants, dont voici
les plus importantes:
- Premièrement: que ce soit fait pour que la
parole d'Allah soit la plus haute. - Deuxièmement: qu'il
pense, ou qu'il soit sûr que ceci fera du mal à l'ennemi, en le
tuant, en le blessant, en le détruisant, ou bien en encourageant les
musulmans, ou en pensant que ça les affaiblira car s'ils voient que
ceci est l'œuvre d'un seul homme, alors qu'en sera-t-il s'il s'agit
de tous les musulmans. Mais ceci ne doit pas être confié à un nombre
de gens restreint, surtout vu la situation des gens aujourd'hui,
mais il faut que ce soit fait par des gens qui ont de l'expérience
et du savoir dans le domaine militaire, la politique parmi les
musulmans, ses protecteurs, et ses alliés.
- Troisièmement: que ce soit fait contre des mécréants
qui ont déclaré la guerre aux musulmans, car il y a plusieurs
sortes de mécréants, ceux qui ont déclaré la guerre (les belligérants),
les civils inoffensifs, les confiants, les protégés (mécréants
vivant dans un pays musulman), les covenantaires (à qui on a conclu
un pacte), et ce n'est pas parce que quelqu'un est mécréant qu'il
faut forcément le tuer, mais on rapporte dans un Hadith authentique,
rapporté par Al Boukhari (2930) selon Abdullah ben Amr que le
prophète a dit : "celui qui tue un (mécréant) covenantaire
ne sentira pas l'odeur du paradis, et son odeur se situera à 40
années de marche (par rapport à celui-ci)".(également rapporté
par Ahmad, ibn Majah et d'autres). Et à l'origine, il faut bien
respectée la procédure des pactes de musulmans, et ne pas les
trahir, car ça amènerait au désastre et à une grande corruption.
- Quatrièmement: que
ce soit fait dans leur pays où un pays dans lequel les ennemis sont
entrés, le se ont appropriés, l'ont gouverné, et les musulmans ont
voulu résister à eux, les bannir, alors les juifs en Palestine, les
Russes en Tchétchénie, font partie de ceux auxquels on peut faire
ces opérations, avec les conditions citées. -
Cinquièmement: que ce soit fait avec la permission des parents,
car s'il faut demander la permission des parents lors du Jihaad en
général, alors leur permission dans ce cas est prioritaire, et si
ses parents veulent bien, alors ça suffit, et nul besoin d'autre
autorisation spécifique et Dieu est plus savant. Et celui qui fait
ces opérations avec les conditions citées alors celui-ci est, par la
permission d'Allah, martyr si son intention est bonne, car les actes
ne valent que par leurs intentions, on lui fait des dou'as et on
demande miséricorde à Allah pour celui-ci. De plus, on a le droit de
dépenser de l'argent en vue de ces opérations à "baytoul
mal", ou bien donner en aumône pour cela ou autre chose car
c'est dans le sentier d'Allah.
Quant à celui qui frappe
jusqu'à la mort, alors ça doit être sous le contrôle de gens qui ont
de l'expérience comme nous l'avons cité, pour s'assurer qu'il y aura
des morts et des blessés, ou qu'il y aura de gros dégâts, ou que la
terreur soit répandue chez les ennemis, ou que ça les pousse à
rentrer chez eux, sans pour cela engendrer des réponses graves de
leur part, tel que se venger en tuant des innocents, ou la
destruction des villes et des villages, ou toute chose
semblable.
Certes, il y a un effort de réflexion à cette
question, et la bonne réponse et la mauvaise y sont exposées, mais
que les musulmans craignent leur Seigneur autant qu'ils le peuvent,
et Allah est le plus
savant. |