Selon un sondage mené au mois d'août par un
institut spécialisé palestinien, 52% des Palestiniens
continuent d'approuver les attentats contre des civils en Israël.
Ce résultat est identique à celui d'un précédent
sondage en mai 2002, mais inférieur aux opinions exprimées
en décembre 2001: 58% des personnes interrogées
approuvaient alors les attentats.
Institution indépendante dont le siège se trouve
à Ramallah, le Palestinian
Center for Policy and Survey Research (PSR) a une division
spécialisée dans les sondages
d'opinion. Celle-ci a déjà effectué
plusieurs dizaines de sondages et s'appuie sur une équipe
d'enquêteurs formés à ce travail.
Même si nous n'avons pas la possibilité de contrôler
les résultats de ce sondage, il nous a paru intéressant
de résumer ici le dernier d'entre eux, mené du
18 au 21 août 2002. Il porte sur l'attitude des Palestiniens
à l'égard du processus de paix, des confrontations
armées, de l'Autorité palestinienne, de la réforme
politique, des groupes islamistes... Un échantillon représentatif
de 1.320 Palestiniens âgés de plus de 18 ans
a répondu aux questions, en Cisjordanie et dans la bande
de Gaza. La marge d'erreur est estimée à 3%.
Ce sondage de 30 questions montre une opinion publique palestinienne
divisée sur certaines questions cruciales: ainsi, 48%
sont favorables à une mise en application graduelle d'un
cessez-le-feu et d'un retrait des troupes israéliennes,
50% s'y opposent. En revanche, le scepticisme quant à
l'Autorité palestinienne, et notamment quant à
la possibilité de réformer la corruption qui y
règne, est élevé. Les intentions de vote
pour le Fatah sont à la baisse: 26%, contre 32% en mai;
tandis que le soutien pour les différentes formations
islamistes (surtout le Hamas) augmente légèrement:
27% (25% en mai).
Mais intéressons-nous à l'attitude à l'égard
de la violence et des attentats. De façon générale,
notons que les positions plus dures recueillent un pourcentage
d'approbation nettement plus élevé dans la bande
de Gaza qu'en Cisjordanie, comme on pourra le constater en examinant
les résultats détaillés du sondage (en
anglais). Nous indiquerons ci-dessous les pourcentages combinés
des deux zones.
70% des Palestiniens interrogés se disent convaincus
que les confrontations armées ont plus contribué
que les négociations à faire avancer la cause
palestinienne. D'autres résultats montrent qu'une majorité
de la population palestinienne reste favorable à la poursuite
de la confrontation armée.
En ce qui concerne les attaques contre les soldats israéliens
et les résidents des colonies de peuplement dans les
territoires occupés, le soutien est massif: près
de 92% des Palestiniens disent les approuver (la question a
été posée séparément pour
les soldats et les colons, mais le résultat est très
semblable - les personnes interrogées sont même
plus nombreuses à exprimer une forte approbation pour
les attaques contre des colons, ce qui met bien en lumière
le ressentiment que cause leur présence).
Les sentiments sont moins unanimes en ce qui concerne les attentats
contre des civils en Israël: 52% des Palestiniens approuvent
ces attentats (dont 23,1% "très fortement"
- ce pourcentage monte même à 32,5% dans la bande
de Gaza). La division à ce sujet est donc nette. En même
temps, nul doute que nous nous trouvons là - pour diverses
raisons liées au contexte politique et social - face
à un cas d'activité terroriste bénéficiant
d'un réel et large soutien. Notons que 43% soutiennent
les efforts internes palestiniens pour mettre fin à ces
attentats contre des civils en Israël, tandis que 53% s'y
opposent (là encore, différences entre la bande
de Gaza et la Cisjordanie, où le soutien aux efforts
pour mettre un terme aux attentats est plus marqué).
Néanmoins, près de 73% des Palestiniens se disent
favorables à un processus de réconciliation entre
la Palestine et Israël après un accord de paix et
l'établissement d'un Etat indépendant. Mais cela
représente une aspiration à un idéal plus
qu'une conviction que cette réconciliation se réalisera,
semble-t-il: 43% des Palestiniens pensent que la réconciliation
ne sera jamais possible et 14,4% qu'il faudra plusieurs générations
pour y parvenir.