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Géorgie:
des réseaux terroristes ont-ils préparé
l'usage de produits toxiques à Pankisi?
Source: Eurasianet - www.eurasianet.org
Date: 22 janvier 2003
Mise en ligne sur terrorisme.net: 30 janvier 2003
Tandis que l'enquête britannique sur des réseaux
terroristes se poursuit après la découverte d'indices
d'un gaz mortel, des responsables géorgiens contestent
des rumeurs selon lesquelles la substance toxique aurait pu
être produite dans la vallée de Pankisi et transmise
par la suite aux suspects.
Le 20 janvier 2002, la police britannique a effectué
une perquisition dans une mosquée de Londres, plus de
deux semaines après la découverte de ricine -
un gaz mortel produit à partir de graines de castor -
dans un appartement d'un autre quartier de la capitale. Sept
personnes ont été placées en état
d'arrestation après l'opération de la police.
Même si les autorités ne les ont pas encore formellement
inculpées, les enquêteurs s'intéressent
à un réseau d'extrémistes algériens
entretenant des liens avec l'Afghanistan et la Tchétchénie.
Quatre hommes originaires de l'Afrique du Nord, qui avaient
été appréhendés le 13 janvier, sont
accusés d'implication dans des activités terroristes
en relation avec la découverte de ricine dans l'appartement
londonien.
Selon certaines sources, les enquêteurs britanniques
et français s'intéresseraient à des liens
possibles avec Pankisi - non seulement à propos de cet
incident, mais aussi pour d'autres affaires découvertes
en France par la police à la fin de l'année 2002.
Le 12 janvier [2003], le Times de Londres citait
des sources liées à des services de renseignement,
selon lesquelles la zone de Pankisi serait "utilisée
par des unités d'Al Qaïda ayant fui l'Afghanistan
pour y installer un nouveau camp d'entraînement".
Et certaines des sources du quotidien étaient convaincues
qu'un "maître d'oeuvre terroriste disposant de
connaissances sur les produits toxiques et armes chimiques se
trouvait dans un camp de fortune installé dans la vallée,
semblable aux camps d'Al Qaïda en Afghanistan".
De telles informations battent en brèche les déclarations
du président Edouard Shevardnadze et d'autres personnes
qui affirment que les opérations militaires spéciales
de l'été dernier auraient nettoyé Pankisi
des combattants liés aux conflits de l'Afghanistan ou
de la Tchétchénie. Avant ces opérations,
cette gorge était réputée servir à
des guérilleros tchétchènes en lutte contre
les Russes et à des trafiquants de drogue. Lors d'une
conférence de presse qui s'est déroulée
le 14 janvier [2003], Nika Laliashvili, porte-parole du ministère
de la Sécurité, a souligné avec insistance
que la vallée était "entièrement
sous contrôle".
L'ambassade britannique à Tbilissi a fait savoir qu'elle
ne disposait d'aucune preuve permettant d'établir un
lien entre les suspects actuellement en cause et Pankisi. De
son côté, en revanche, une source à l'ambassade
de France a déclaré que "tout est possible".
Mais la source française s'est empressée d'ajouter:
"A ce stade, il n'y a aucune raison de croire que les
personnes arrêtées en France n'auraient pas seulement
reçu un entraînement en Tchétchénie,
mais également à Pankisi." Par ailleurs,
l'agence de presse russe Interfax a annoncé le
13 janvier [2003] que les forces spéciales russes auraient
abattu un combattant tchétchène porteur d'instructions
pour la fabrication de poisons, dont la ricine.
Valeri Khaburdzania, ministre en charge de la sécurité
de l'Etat en Géorgie, a laissé entendre que les
services de renseignement géorgiens avait aidé
à fournir des informations qui ont conduit à l'arrestation
des suspects en Grande-Bretagne. "Nous n'excluons pas
la possibilité que ces individus aient été
appréhendés sur la base d'informations que nous
avions fournies à nos amis britanniques", a
déclaré Khaburdzania à la télévision
géorgienne le 17 janvier. Il a insisté sur le
fait qu'il n'existait aucune "preuve matérielle
confirmant que la ricine ou toute autre substance toxique semblable
ait été produite à Pankisi ou y ait été
disponible". Il a cependant aussi admis que l'on aurait
certainement pu trouver du ricin dans la région. Dans
un entretien accordé au Moscow Times (13 janvier),
le président Edouard Shevardnadze a précisé
que "un ou deux hommes dans la gorge de Pankisi [...]
savaient comment produire de tels toxiques", mais a
souligné qu'ils avaient quitté la région.
Président de la Fondation géorgienne pour les
études stratégiques et internationales, Alexandre
Rondeli partage ce point de vue. "La zone a été
nettoyée de ses éléments criminels l'an
dernier", a-t-il dit à EurasiaNet, ce qui rend
les informations liant Pankisi avec les opérations déjouées
en Europe "plutôt étranges".
Laliashvili a fourni des précisions sur le réseau
terroriste: celui-ci avait une présence bien établie
à Pankisi - et il pourrait en rester quelques résidus.
Le porte-parole du ministère de la Sécurité
a expliqué aux journalistes que, jusqu'en février
2002, des combattants d'origine arabe y avaient construit et
équipé un hôpital militaire "avec
des fonds provenant directement des canaux d'Al Qaïda".
De gros montants auraient été acheminés
clandestinement à Pankisi sur les ordres de personnes
proches d'Oussama ben Laden. L'argent aurait été
utilisé pour mettre sur pied des camps d'entraînement
et des équipements de tir.
Daan van der Schriek
Daan van
der Schriek est un journaliste indépendant installé
à Bakou.
Cet article
a été publié en anglais par EurasiaNet. EurasiaNet
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Article
reproduit avec l'autorisation d'EurasiaNet. Traduction en français
par les soins de Terrorisme.net.
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