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Nagaland:
négociations au plus haut niveau
et retour d'exil de deux dirigeants de la rébellion
Source: Eglises d'Asie
Date: 16 janvier 2003
Mise en ligne sur terrorisme.net: 17 janvier 2003
Dans l'Etat du Nagaland, un des trois Etats à majorité
chrétienne de l'Inde du Nord, un grand pas vers la paix
vient d'être accompli dans le conflit qui oppose les rebelles
Naga au gouvernement indien depuis les années 1960. C'est
à cette époque que les autorités fédérales
ont envoyé leurs forces armées s'opposer aux militants
locaux réclamant l'indépendance de leur région,
une revendication formulée dès avant le départ
des anglais de l'Inde en 1947. A New Delhi, des négociations
sont en cours entre le gouvernement indien et le Conseil socialiste
national du Nagaland (NSCN), principal représentant de
la lutte du peuple Naga pour son indépendance.
Les observateurs et les commentateurs de la presse nationale
s'accordent à penser que les pourparlers ont de bonnes
chances d'aboutir. Le 8 janvier dernier, après trente-six
ans d'exil à l'étranger, deux des hauts dirigeants
du NSCN sont rentrés au pays. L'événement
a été qualifié d'historique par la presse
nationale.
Le lendemain de leur arrivée, Thuingaleng Mivah et Isak
Chis Swu, respectivement président et secrétaire
général du NSCV, ont eu un entretien d'une demi-heure
avec le Premier ministre fédéral, Atal Behari
Vajpayee. A son issue, lors d'une conférence de presse,
les deux dirigeants de la rébellion ont tenu des propos
conciliants. Ils ont qualifié leur interlocuteur de très
compréhensif et sincère. Ils ont affirmé
que les précédents pourparlers de paix avec Indira
Gandhi, dans les années 1960, avaient échoué
parce que la situation n'était pas encore mûre.
D'autres dirigeants indiens ont été également
rencontrés par les deux membres du NSCN. Dans la journée
du 9 janvier, les deux dirigeants indépendantistes sont
également allés se recueillir auprès du
mémorial du Mahatma Gandhi sur les rives du fleuve Yamuna.
Le « père de la nation indienne avait, en 1947,
soutenu la demande des Naga pour un pays indépendant.
Dans le quotidienThe Northeast Sun, Deepak Diwan a décrit
la rencontre comme un pas en avant vers une solution et la visite
des dirigeants rebelles à New Delhi comme historique,
les précédents pourparlers entre les autorités
indiennes et la rébellion ayant eu lieu hors du pays.
Diwan considère la venue en Inde des deux dirigeants
comme un signe de leur bonne volonté et d'un changement
d'attitude catégorique. "Cela montre que les
Naga ont commencé à faire confiance au gouvernement
indien." Selon The Indian Express, la visite
à New Delhi des dirigeants rebelles ouvre la possibilité
de mettre un terme à la plus longue et la plus sanglante
rébellion de l'histoire de l'Inde moderne. En effet,
en 1997, lors de la trêve conclue avec l'armée
indienne, les accrochages entre les divers groupes Naga et leur
lutte contre les forces armées fédérales
postées dans la région avaient déjà
fait plus de 100.000 morts.
En réalité, la visite des chefs de la rébellion
à New Delhi s'inscrit dans la continuité d'une
discussion avec le gouvernement commencée il y a sept
ans et poursuivie jusqu'à aujourd'hui. Le débat
porte sur les principales délégations de pouvoir
à effectuer, la nature de l'autonomie qui pourrait être
accordée aux populations Naga. Selon les observateurs,
les chances d'un prochain accord sont excellentes à condition
que l'on tienne compte de toutes les parties concernées,
y compris les représentants de l'Etat du Manipur dont
une partie du territoire habitée par des Naga est réclamée
par le mouvement indépendantiste Naga.
On désigne sous le nom de Naga un groupe de quinze ethnies
dont l'habitat est situé dans les montagnes des confins
indobirmans. Ces populations n'appartiennent à la République
indienne que parce que les Britanniques avaient étendu
leur expansion militaire vers les crêtes pour mieux contrôler
la frontière birmane. Elles possèdent des caractères
physiques et culturels fort variés et utilisent diverses
langues du groupe tibéto-birman. Les ethnies naga qui
ne connaissent pas le système des castes ont abandonné
leur religion traditionnelle, très différente
de l'hindouisme, pour se convertir au christianisme. C'est en
1954 que la lutte des Naga pour leur indépendance avait
atteint son point culminant avec la création d'un "gouvernement
fédéral du Nagaland" par A.Z. Pizho, dirigeant
qui ensuite s'est exilé en Grande Bretagne. Dans les
années 1990, ce gouvernement fut relayé par le
NSCN dirigé par Muivah et Swu. Entre temps en 1963, le
Nagaland avait été érigé en Etat
de l'Union indienne. Les chrétiens de diverses confessions,
en particulier de l'Eglise baptiste, se sont très souvent
engagés dans les négociations destinées
à réconcilier les divers groupes rivaux et à
faire cesser la lutte armée.
Cet article
a d'abord été publié dans le N° 366 (16
janvier 2003) du bimensuel Eglises d'Asie, un périodique
très bien informé sur l'actualité religieuse
(en particulier catholique) des pays asiatiques.
Site web: http://eglasie.mepasie.org/
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