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Dossier Cyberterrorisme
"Pour
frapper l'opinion publique,
un attentat 'classique' reste le moyen le plus efficace"
Questions
à Patrick Galley
Date: 26 septembre 2002
En 1996 déjà, Patrick Galley, alors étudiant
à l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne
(EPFL), avait préparé un travail sur le "terrorisme
informatique" (ce texte reste accessible
sur le Web). Ingénieur informaticien diplômé
de l'EPFL, il a notamment travaillé pendant 3 ans dans
la conception hardware et software pour une société
spécialisée dans le développement d'équipements
réseaux pour accès sécurisés (VPN,
Firewalls). Patrick Galley travaille actuellement comme développeur
software dans une société de la région lausannoise
et continue de s'intéresser - à titre personnel
- aux domaines de la sécurité informatique et du
terrorisme informatique. Il nous a paru intéressant de
demander à cet interlocuteur qui a manifesté un
intérêt précoce pour ces questions son sentiment
aujourd'hui, six ans après le travail mené en 1996.
Site de Patrick
Galley: http://www.terrinfo.net
Outre son étude de 1996 sur le terrorisme informatique,
on peut y trouver une sélection de liens relatifs à
ces questions.
En 1996, dans le cadre de vos études à
l'EPFL, vous aviez consacré une étude au terrorisme
informatique, probablement l'une des premières du genre
en français. Avez-vous poursuivi des recherches dans
ce domaine depuis? Existe-t-il des réseaux d'experts
dans le monde francophone?
Je n'ai malheureusement pas pu consacrer de temps pour continuer
à creuser le sujet et pour apporter un complément,
voire une mise à jour, à ma recherche initiale.
Néanmoins j'ai continué à garder un ?il sur
le domaine en suivant avec beaucoup d'intérêt l'évolution
des technologies d'attaques informatiques telles par exemple que
le DDOS (Distributed Denial Of Service).
Depuis de nombreuse années, ce sont principalement les
Américains qui ont été intéressés
par ce sujet ou plus exactement par problématique de plus
générale de l'Information Warfare. J'ai eu des contacts
avec quelques-uns d'entre eux, parmi lesquels Matt
Devost, auteur d'une thèse et de nombreux articles
sur le sujet.
Concernant le monde francophone, je n'ai, à ce jour, pas
trouvé de sites web francophones "sérieux"
dédié à cette problématique. Par contre
il y a d'excellents sites traitant de hacking et de sécurité
informatique.
En 1996, votre évaluation quant aux risques de
terrorisme informatique était mesurée: le problème
devait être pris au sérieux, notamment quant aux
risques d'attaques contre les systèmes informatiques
dans le cadre d'un conflit (cyberguerre), mais vous exprimiez
des doutes quant au passage de groupes terroristes classiques
vers le cyberterrorisme. Votre opinion est-elle toujours la
même? Quelle est aujourd'hui votre évaluation du
potentiel du cyberterrorisme? En voyez-vous déjà
l'amorce?
Je reste convaincu que pour frapper l'opinion publique, un attentat
"classique" reste le moyen le plus efficace. Cependant,
et c'est de plus en plus envisageable avec la croissance de l'informatisation
de notre société, il serait possible d'utiliser
des moyens informatiques pour démultiplier les effets d'autres
actions plus traditionnelles, en s'attaquant par exemple aux infrastructures
nécessaires aux secours.
Je pense qu'une des faiblesse de notre société
"câblée" est la confiance que l'on porte
aux informations fournies par les différents médias
qui tendent à devenir de plus en plus "numériques".
Ces systèmes d'information seraient des cibles idéales
à une attaque informatique de type "sémantique",
qui pourrait répandre extrêmement vite de fausses
informations susceptibles d'ébranler ces marchés
boursiers déjà fragilisés.
Pour un pays tel que la Suisse, où identifiez-vous
les principaux risques éventuellement posés aujourd'hui
par le cyberterrorisme?
Au même titre que je ne vois pas la Suisse actuellement
comme cible potentielle du terrorisme, je ne pense pas que nous
puissions être à court terme une cible pour du cyberterrorisme.
Il ne faut cependant pas se reposer sur nos lauriers. Il y a
beaucoup d'autres dangers liés à une utilisation
non maîtrisée des outils informatiques (malveillances
de types criminelles, accidents, mauvaises manipulations, ?).
Il faut absolument que la société prenne conscience
que l'informatique est un outil désormais indispensable,
mais à double tranchant et qu'il faut apprendre à
s'en servir correctement. La question de la sécurité
informatique ne doit jamais être prise à la légère.
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