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Cyberterrorisme:
un test met en lumière les vulnérabilités
de systèmes de l'armée américaine,
mais la menace est sérieusement étudiée
Date: 26 août 2002
Des experts dans le domaine de la sécurité
sont parvenus à pénétrer cet été
dans des systèmes informatiques mal protégés
des forces armées américaines. Un porte-parole
de l'armée a souligné qu'il ne s'agissait pas
d'ordinateurs contenant des données ultra-secrètes.
Mais les risques potentiels sont néanmoins pris au sérieux,
surtout dans le contexte actuel de la "guerre contre le
terrorisme".
Une jeune entreprise spécialisée dans la sécurité,
ForensicTec
Solutions (San Diego, Californie), qui compte quatre employés
et n'existe que depuis quatre mois, s'est retrouvée à
la une le 16 août 2002, lorsque le Washington
Post a annoncé que des consultants sans grande
expérience appartenant à cette petite firme étaient
parvenus à s'introduire sur des ordinateurs de la base
militaire de Fort Hood (Texas). Ils ont pu y lire différents
documents - et ce ne serait qu'un exemple d'autres failles dans
des systèmes gouvernementaux et militaires qu'ils ont
constatées à travers le pays et décidé
de rendre publiques. En effet, une fois introduits sur ce réseau,
ils ont apparemment pu accéder à d'autres bases
militaires et à des organismes civils tels que la NASA.
Les consultants de ForensicTec déclarent avoir été
surpris par la facilité avec laquelle ils ont accédé
à toutes ces données, en utilisant des logiciels
disponibles dans le commerce.
Un porte-parole de l'armée a confirmé que les
intrusions avaient eu lieu, mais en soulignant qu'il ne s'agissait
que du "réseau non classifié d'une unité
tactique [...] - ce n'était pas le Pentagone"
(Silicon.com,
19 août 2002). Et de donner à la gravité
de l'intrusion un degré de 2,5 sur 10.
Sans doute, mais cela n'a pas empêché les autorités
américaines de prendre l'affaire au sérieux: une
vingtaine d'enquêteurs appartenant au FBI, à l'armée
et à la NASA ont entamé une perquisition dans
les bureaux de l'entreprise dans les heures suivant la parution
de l'article du Washington Post. En effet, indépendamment
des justifications présentées, une intrusion dans
des systèmes informatiques de l'armée enfreint
les lois fédérales.
Outre l'aspect légal de cette affaire - et l'irritation
de voir une petite entreprise tenter de se créer une
publicité en dévoilant son expérience au
lieu d'en référer aux services compétents
- la réaction montre aussi combien les menaces dans le
domaine de la sécurité informatique sont prises
au sérieux. Depuis l'automne dernier, une directive présidentielle
a décrété que la cybersécurité
était une priorité nationale aux Etats-Unis. Et
Richard Clarke, après s'être occupé du contre-terrorisme
à la Maison Blanche durant des années, est devenu
le responsable du nouvel Office of Cyberspace Security.
L'importance actuellement donnée à la lutte contre
le terrorisme a en effet renforcé encore l'attention
donnée à ce type de nouvelles menaces. A vrai
dire, les différents services chargés des questions
de terrorisme ne semblent pas encore tous du même avis
sur le degré de danger présenté par une
action terroriste que tenterait de mener un groupe tel que Al
Qaïda à travers Internet, comme le soulignait au
début de l'été un reportage assez fourni
du Washington Post (27 juin 2002). L'intérêt
d'Al Qaïda pour l'utilisation de tels moyens - le cas échéant
en conjonction avec une attaque terroriste directe, par exemple
pour perturber l'infrastructure des communications - est vraisemblable,
mais la capacité du groupe à causer de réels
dégâts à l'aide de tels moyens reste une
inconnue. En outre, Al Qaïda a pour l'instant toujours
manifesté une préférence pour des moyens
d'action plus simples: tout le monde n'est donc pas convaincu
que le cyberterrorisme se trouve au sommet de la liste de projets
de l'organisation la plus pourchassée de la planète.
Parmi les scénarios les plus souvent évoqués
d'attentat téléguidé par Internet: ouverture
d'un barrage, perturbation de systèmes de communication,
prises de contrôle de centrales électriques ou
même nucléaires, etc.
Cependant, la cyberguerre a commencé, mais ce n'est
pas Al Qaïda ou d'autres organisations similaires qui la
livrent pour l'instant: les risques les plus grands pourraient
provenir d'entités étatiques, aux moyens bien
plus importants, qui infiltrent déjà des systèmes
d'autres pays pour y trouver des informations confidentielles,
mais auraient la possibilité d'utiliser également
des techniques de sabotage le cas échéant. Quelques
pays sont fréquemment cités parmi ceux qui se
livrent à des efforts de cyberguerre, par exemple la
Chine. On est loin de hackers isolés. Mais les
possibilités offertes par la cyberguerre peuvent également
intéresser de petits pays, en raison de son coût
moindre.
L'accessibilité de différentes infrastructures
critiques à travers Internet présente potentiellement
de redoutables vulnérabilités, qui pourraient
devenir l'un des nouveaux espaces d'action de certains groupes
terroristes, mais pas seulement d'eux. Un plan pour défendre
l'Amérique contre les risques du cyberterrorisme ou de
la cyberguerre devrait être rendu public par Richard Clarke
au mois de septembre.
En outre, en raison des connexions qui traversent les frontières,
les Etats-Unis sont également très soucieux de
voir leurs alliés prendre la cybersécurité
au sérieux (Government
Computer News, 29 juillet 2002).
CERT Coordination
Center (Networked Systems Survivability Program), principalement
financé par le Département américain de la
défense et différents autres services fédéraux
des Etats-Unis; joue un rôle important pour les questions
de sécurité liées à Internet et tient
des statistiques sur l'évolution des alertes et menaces:
http://www.cert.org/
Site de l'Internet
Security Alliance:
http://www.isalliance.org/
National Infrastructure
Protection Center:
http://www.nipc.gov/
Infragard
représente un partenariat entre le FBI et des entreprises
afin d'assurer la protection des infratructures liées aux
technologies de l'information (la plupart des infrastructures
se trouvant sous contrôle privé):
http://www.infragard.net/
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