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Afrique
du Sud:
des groupes extrémistes voulaient créer le chaos
pour renverser le gouvernement
Date: 22 août 2002
Au début du printemps 2002, à la suite d'une
enquête qui a duré toute une année, la police
sud-africaine a arrêté et présenté
à la justice plusieurs membres de cellules d'extrême-droite.
Ces activistes sont accusés de terrorisme. Ils avaient
l'intention de commettre des attentats, et notamment de faire
sauter un barrage, afin de causer une situation chaotique à
la faveur de laquelle ils pourraient renverser le gouvernement
du président Thabo Mbeki. De nouvelles informations ont
été rendues publiques cette semaine.
La police sud-africaine avait arrêté plusieurs
suspects (fin mars-début avril 2002) dans le cadre d'une
enquête opportunément baptisée "Operation
Zealot". D'autres suspects ont été interpellés
ce mois même. Des organes de presse sud-africains ont
publié cette semaine de nouvelles précisions sur
cette affaire. "Bizarre": c'est l'adjectif
utilisé par le Sunday
Times de Johannesburg, dans ses informations quotidiennes
du 18 août 2002, et c'est en effet le mot qui semble
le plus adéquat pour décrire la nature de ce "complot"
- ou plutôt de ces complots, au pluriel, car il s'agissait
de deux groupes, sans liens apparents entre eux.
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"Israel Vision": un groupuscule
chrétien extrémiste
L'un des groupes aurait été constitué
de personnes appartenant à un petit groupe religieux
afrikaner, "Israel Vision". Selon différentes
sources, ce groupe s'inscrirait dans la ligne idéologique
des "Eglises de l'identité" (Identity Churches),
c'est-à-dire des mouvements convaincus que les Blancs
(ou une partie d'entre eux descendent des Dix Tribus Perdues
d'Israël. Contrairement aux courants plus anciens de l'israélisme
britannique (British Israelism), dont ils s'approprient
l'héritage, ils intègrent dans leur idéologie
une dimension antisémite et - généralement
- une forte méfiance à l'égard du gouvernement.
De tels groupes sont particulièrement répandus
aux Etats-Unis et ne forment nullement une organisation unique,
mais s'éparpillent entre différentes tendances,
qui suivent différents chefs. Ils ne dérivent
pas tous vers la violence, notent les experts, même si
les théories qu'ils agitent constituent un terrain à
risque.
La cellule sud-africaine poursuivie par la justice se proposait
de faire exploser un barrage au mois d'avril 2002. D'autres
barrages devaient exploser également et, à en
croire des informations publiées en avril, le groupe
aurait voulu saboter des infrastructures gouvernementales, dans
l'espoir (sans doute illusoire, mais souvent cultivé
dans de tels cercles) de susciter une situation de guerre civile,
qui déboucherait sur l'établissement d'un régime
blanc en Afrique du Sud.
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"Document 12" - un plan d'action
terroriste?
L'autre groupe était constitué d'un fermier,
d'un ex-policier et d'un ex-enseignant universitaire. Plusieurs
autres personnes - dont des officiers des forces armées
sud-africaines - ont été arrêtées
depuis et accusées de complicité.
Selon les nouvelles informations publiées par le Sunday
Times, la police sud-africaine aurait transmis à
la justice un plan détaillé d'action sur lequel
elle aurait mis la main, intitulé "Document 12".
Rêvant de recruter une armée rebelle et d'établir
un régime militaire, les suspects envisageaient une action
en cinq étapes, y compris des attentats. A la deuxième
étape, des actions auraient dû frapper la communauté
blanche et être attribuées à des éléments
juifs ou musulmans. Par la suite, les comploteurs auraient voulu
provoquer une panne d'électricité de plusieurs
jours, tandis que des commandos auraient éliminé
un certain nombre de "traîtres"
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D'autres soucis plus immédiats
Inutile de dire que la vraisemblance de voir l'établissement
d'un gouvernement militaire blanc dans l'Afrique du Sud d'aujourd'hui
est quasiment nulle. La probabilité de rassembler un
groupe numériquement important était tout aussi
faible. En revanche, comme plusieurs autres
cas l'ont déjà montré, de petits groupes
motivés qui ne représentent pas une menace stratégique
peuvent en revanche créer de sérieux troubles
ou commettre des actions ayant un fort impact. Tout en se gardant
de surévaluer l'affaire, il convient de prêter
attention aux types d'actions imaginées par les instigateurs.
Pour l'instant, les autorités sud-africaines ont d'autres
préoccupations de sécurité plus immédiates.
Le Sommet mondial pour le développement durable va s'ouvrir
à Johannesburg le 26 août. De très
nombreux visiteurs étrangers seront présents.
La ville est marquée par un taux de criminalité
élevé, avec tous les soucis que cela implique
pour la sécurité des visiteurs. D'importantes
forces de police ont été mobilisées.
Les manifestations antimondialisation et leurs dérives
toujours possibles représentent une autre source de préoccupation:
les manifestations de protestation se verront strictement encadrées
et ne pourront utiliser que des itinéraires soigneusement
définis.
Enfin, à l'approche du premier anniversaire du 11 septembre,
les services de renseignements sud-africains sont particulièrement
attentifs à prévenir tout risque d'opération
terroriste - qu'il s'agisse de terrorisme domestique ou international.
Les forces de sécurité se trouvent donc sur pied
de guerre pour faire face à toute éventualité.
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