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Terrorisme
conventionnel et non conventionnel:
une revue de la littérature (suite)
par Alexandre Blais
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2. Méthodes du terrorisme
On
retrouve une constante dans le terrorisme: les méthodes utilisées
(Marret 2000: 5). La plupart des organisations terroristes ne
sont pas au point de vue tactique innovatrices et dévient rarement
de leur modus operandi. Elles sen tiennent essentiellement
aux méthodes principales du terrorisme: lattentat à la bombe,
lassassinat, la prise dotage (incluant lenlèvement)
et les atteintes à la sécurité de laviation civile.
Ces méthodes peuvent être placées selon Medd et Goldstein
(1997: 282) dans deux catégories: les events of duration
et les conclusive events. Dans la première catégorie, on
retrouve la prise dotage et les détournements daéronefs.
Ces méthodes sont souvent dune longue durée et impliquent
une négociation, ou du moins une discussion, entre les auteurs
de lacte terroriste et les autorités. Dans la seconde catégorie,
on retrouve comme méthodes celles qui visentr à tuer ou blesser,
et qui surviennent trop rapidement pour permettre une réaction
de la part des forces de lordre: lattentat à la bombe
et les assasinats.
Marret (2000: 10) classe, pour sa part, ces méthodes
différement. Elles se réduisent à trois types: a) les méthodes
qui visent les biens (attentats à la bombe contre des bâtiments
et des véhicules), b) les méthodes qui sont dirigées contre des
personnes et leur liberté (les prises dotage) ou leur intégrité
physique (assassinats sous diverses formes); c) les méthodes qui
frappent à la fois les personnes et les biens matériels (les détournements
daéronefs).
[TOP]
2.1
Attentats à la bombe
Les attentats à la bombe constituent un problème
important pour la sécurité publique. Chaque année, des centaines
de personnes sont tuées ou blessées par ces attentats. Ils sont
aussi responsables de dommages matériels se comptant en millions
de dollars.
Les
attentats à la bombe sont luvre de diverses sources:
individus déséquilibrés mentalement, individus auto-motivés,
groupes criminels organisés et terroristes. Les attentats commis
par des individus déséquilibrés sont sans motif apparent et ils
sont perpétrés pour le sentiment de puissance et dexcitation
quils procurent. Un bon exemple est le poseur de bombes
en série George Metesky, alias «The mad bomber», qui, sur
une période de dix-sept ans, avait placé plus dune trentaine
de bombes artisanales dans des endroits publics autour de la ville
de New York. Quant aux individus auto-motivés, ils ont recours
aux attentats pour des raisons dintérêt personnel. Tel a
été le cas avec lattentat perpétré contre le DC3 de la Canadian
Pacific Airlines parti de LAncienne-Lorette à destination
de Baie-Comeau en 1949. Lattentat était luvre
dun bijoutier de Québec, du nom de J.-Albert Guay, qui désirait
se débarrasser de son épouse Rita Morel et toucher lassurance
vie. Quant aux groupes criminels organisés, ils utilisent les
attentats pour intimider et assassiner certaines personnes pour
acquérir des gains financiers et contrôler certaines activités
criminelles. Les attentats à la bombe perpétrés par les bandes
de motards criminalisés contre leurs concurrents constituent de
bons exemples
[7]. Les terroristes, pour leur part, ont recours aux
attentats à la bombe à des fins politiques et idéologiques.
Lusage de bombes à des fins terroristes nest
pas récent. Guy Fawkes fut sans doute lun des pionniers
de lattentat à la bombe. Il tenta, le 5 novembre 1605, de
faire exploser le parlement britannique (Clutterbuck, 1975). Les
anarchistes russes avaient aussi attenté à la vie du tsar par
le recours à une bombe. Dans les dernières décennies, les terroristes
ont utilisé essentiellement lattentat à la bombe comme méthode
criminelle contre une variété de cibles: ambassades, missions
commerciales, grandes entreprises, administrations gouvernementales,
forces de lordre, centres touristiques, marchés publics,
etc. On estime que les attentats à la bombe constituent près de
80 % des actes de terrorisme. Dans son rapport de 2001, le Département
dÉtat a dénombré dans le monde 253 attentats à la bombe
dorigine terroriste.
La
popularité des attentats à la bombe chez les terroristes sexplique
de diverses façons. Selon Schmid (1983), la distance temporelle
et physique constitue un premier élément dexplication. Au
niveau temporel, lattentat à la bombe permet de fixer lagression
à lheure voulue. La bombe est souvent actionnée par un dispositif
de mise à feu qui permet à ceux qui lont placée dêtre
loin lors de sa déflagration [8]. Au niveau physique, ces attentats permettent à
ses auteurs déviter le contact direct avec leur cible. À
ce titre, Taylor (1988) considère lattentat à la bombe comme
une forme de dagression impersonnelle, puisque lauteur
nest pas proche de sa victime lorsquil passe à lacte.
Cette distance permet de réduire les risques pour lauteur
de lattentat dêtre appréhendé par la police. Par comparaison,
un individu qui tenterait de commettre un assassinat à laide
dun revolver contre une personnalité dans un endroit public
risquerait plus dêtre aperçu et appréhendé. On retrouve
dans la littérature un autre élément dexplication qui est
très répandu. On attribue la popularité des attentats au fait
que les engins explosifs sont relativement faciles à fabriquer,
peu coûteux et efficaces. De plus, lattentat à la bombe
ne nécessite pas un nombre élevé dindividus pour être pensé
et mis en uvre (Marret, 2000: 13) Par ailleurs, on souligne
dans la littérature que les attentats à la bombe sont utilisés
pour leur létalité et létendue du sinistre quils peuvent
générer (Slater et Trunckey, 1997:
3).
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2.1.1
Types d'attentats
Les attentats à la bombe peuvent être divisés deux
catégories: les attentats symboliques et les attentats anti-personnels
(Fuqua, 1978). Les attentats symboliques ont comme objectif premier
de rendre médiatique une cause. Ils sont perpétrés contre des
cibles qui ont une connotation symbolique. Ceux qui les commettent
préfèrent éviter dinfliger des blessures physiques pour
ne pas saliéner le support du public. Ils peuvent être perpétrés
durant la nuit. Ils sont de façon générale précédés dun
appel de mise en garde afin de permettre aux personnes concernées
dévacuer les lieux, et sont souvent accompagnés de communiqués.
Fuqua donne lexemple des attentats perpétrés par le groupuscule
Weathermen contre des édifices gouvernementaux et corporatifs
dans les années 70 aux États-Unis.
Quant aux attentats anti-personnels, ils sont essentiellement
de nature prédatrice. Contrairement aux attentats symboliques,
les attentats anti-personnels ne sont pour la plupart pas précédés
de mise en garde. Ils sont perpétrés dans un but de mutiler et
de tuer. Les attentats anti-personnels sont essentiellement: les
attentats qui sont perpétrés dans des lieux publics à grande affluence
tels que les bars et les magasins, qui frappent à laveuglette
et ne visent pas forcément des cibles précises (Marret, 2000:
100); les attentats aux véhicules piégés visant à détruire leur
environnement immédiat sans distinction; les attentats perpétrés
à laide dengins explosifs à fragmentation qui contiennent
des matériaux drus (clous, morceau de verre, vis, etc.); les attentats
utilisant un dispositif explosif secondaire. Ces derniers visent
spécifiquement à blesser les premiers répondants (policiers, ambulanciers,
pompiers) qui sont dépêchés sur une scène dattentat à la
bombe. Un bon exemple dattentat impliquant un dispositif
secondaire a été celui perpétré contre une clinique davortement
à Sandy Springs en Georgie en 1997 par des individus liés au groupuscule
Army of God (FBI National Press Office, 1998). Ces derniers avaient
fait exploser un transformateur situé près de lAtlanta Northside
Family Planning Service Center. Une heure après que les enquêteurs
aient été sur place, un second engin explosait dans le stationnement
de la clinique. Lengin était composé de bâtons de dynamite
placés à lintérieur dune boîte métallique contenant
des clous. Les individus à lorigine de lattentat avaient
indiqué dans un communiqué que: «The second device was aimed
at agents of the so-called federal government, i.e. ATF, FBI,
Marshall, etc.»
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2.1.2
Types d'engins explosifs utilisés
Les engins explosifs utilisés par les terroristes
pour causer la mort, des dommages corporels et matériels sont
multiples. Leur utilisation dépend de facteurs tels que la cible
à atteindre, les dégâts désirés, la disponibilité de certains
matériaux et le savoir-faire des terroristes (Marret, 2000: 81).
La conception et lutilisation dengins explosifs permettraient
de distinguer le niveau de maîtrise technique des organisations
terroristes. Certains terroristes ont recours à des engins explosifs
artisanaux, dont la puissance peut être variable. Ils sont faciles
à confectionner et peuvent être conçus avec des produits commerciaux.
Les bombes incendiaires ainsi que les tuyaux explosifs (pipe
bombs) constituent de bons exemples. Les tuyaux explosifs
sont fabriqués à partir dun tuyau de plomberie, dun
ingrédient actif (poudre noire, poudre de souffre, etc.) et dun
détonateur. Sa fabrication nexige pas un niveau de connaissance
élevé. Sans créer une large étendue du sinistre, ils permettent
tout de même de semer lémoi au sein de la population, comme
ce fut le cas lors de lattentat survenu au Parc olympique
d'Atlanta en 1996, qui avait fait 2 morts et 111 blessés. Dautres
engins artisanaux peuvent être plus dévastateurs, comme ce fut
le cas dans lattentat au véhicule piégé au nitrate dammonium
contre lédifice Murrah à Oklahoma City en 1995.
Linformation (step-by-step) permettant
de fabriquer ces engins est facilement accessible. En effet, plus
dune centaine de sites sur le réseau Internet divulguent
des informations permettant de fabriquer des engins artisanaux.
On retrouve aussi une série de publications plus ou moins underground
consacrées à la fabrication dengins artisanaux. Delta
Press, par exemple, offre des titres tels: Terroristic Explosives
Handbook, Pipe and Fire Bomb Designs, Improvised Munitions
From Fertilizer, Homemade Semtex C-4's ugly Sister (U.S. Department
of Justice, 1997).
Dans dautres cas, les engins explosifs utilisés
par les terroristes ont un niveau de sophistication plus élevé.
Ils peuvent être constitués dun matériel explosif dorigine
militaire ou commerciale qui a été volé ou encore fourni clandestinement
par un État. Selon Marret (2000: 82), les terroristes les plus
avancés au niveau du savoir-faire utilisent des explosifs de plastique
tels le semtex ou son dérivé le C-4. On retrouve près de 27 sortes
dexplosifs de plastique manufacturés à travers le monde
sous diverses appellations. Ces explosifs sont principalement
employés dans la démolition de bâtiments, le minage et servent
aussi dexplosif de base dans certaines roquettes et petits
missiles. Lexplosif de plastique est larme de choix
des auteurs dattentats terroristes en raison de ses propriétés:
il explose rarement de façon accidentelle; il est malléable; il
est difficile à repérer par les appareils à rayons X et par les
détecteurs chimiques électroniques; sa texture est élastique et
adhésive; une petite quantité suffit pour occasionner des dégâts
importants; et il est possible de diriger sa force explosive (Hobbs,
1993). Les explosifs de plastique ont été utilisés dans plusieurs
attentats, notamment ceux de Lockerbie et de Riyadh. Dans le cas
de lattentat de Riyadh, quarante livres de plastique avaient
servi à faire exploser une voiture piégée afin de détruire un
bâtiment militaire américain.
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2.1.3
Mécanique des engins explosifs
Les engins explosifs, quils soient artisanaux
ou sophistiqués, peuvent être classés dans trois grandes catégories:
à combustion, à détonation et à déflagration. Les engins explosifs
à combustion, comme le cocktail molotov, sont caractérisés par
une réaction qui se propage par conductivité thermique. Dans ce
cas, lexplosif brûle. Les explosifs détonants, pour leur
part, vont créer une onde de choc, causée par une réaction chimique,
qui fera en sorte que lexplosif détone. Ces explosifs, tels
ceux utilisées pour la démolition (C-4), ont un effet de brisance
qui leur permet de casser des surfaces comme les blindages et
le béton. Londe de choc provoquée par ces explosifs a un
impact sur les objets qui se trouvent dans son périmètre. Ce sont
les explosifs de choix utilisés dans les voitures piégées. Quant
aux explosifs déflagrants, ils sont caractérisés par une combustion
accélérée par un accroissement de la pression et de la température.
La déflagration provoque une projection géométrique des éléments
constituant lengin explosif et ceux rencontrés par le souffle
de la déflagration. Cest pour cette raison quon dit
quils ont un effet projetant (Marret, 2000: 15).
Les
engins explosifs peuvent être déclenchés de plusieurs façons.
Ils peuvent être principalement activés par trois types de systèmes:
un système à retardement, un système de contrôle à distance et
laction de la cible. Encore une fois, le choix du système
de mise à feu est lié à la cible choisie et reflète aussi le savoir-faire
des terroristes. Le dispositif à retardement peut être mécanique,
électrique, chimique et barométrique [9]. Le dispositif
à retardement le plus simple est celui fabriqué à partir dune
minuterie et dun mouvement dhorlogerie. Plus sophistiqués
sont les dispositifs chimiques et barométriques. Le dispositif
barométrique, souvent complémentaire du dispositif de minuterie,
déclenche la charge explosive à partir dune certaine altitude.
Il a souvent servi dans les attentats davions de ligne.
Quant au système de contrôle à distance, il permet une mise à
feu de lengin explosif par télécommande. Selon Marret (2000:
93), le système de contrôle par télcommande «assure par voie hertzienne
aérienne la fermeture dun circuit permettant la mise sous
tension dun détonateur électrique». Le système de télécommande
est doté dun codeur qui, connecté à un émetteur, permet
de déclencher la bombe tout en empêchant le déclenchement involontaire
causé par la présence dondes parasitaire. Par ailleurs,
lengin explosif peut aussi être déclenché par laction
de la cible. Ce type de système est utilisé dans les pièges explosifs.
[TOP]
2.1.4 Méthodes dutilisation des engins explosifs
Les engins explosifs peuvent être utilisés de diverses
façons. Le Bomb Countermeasures for Security Professionals
Guide (2001) propose une classification qui comporte cinq
catégories: objets piégés, attaques anti-véhicules, engins explosifs
délivrés par une personne, bombes visant à créer un meurtre de
masse et attaques à la charge projetée.
Dabord, lattentat peut être perpétré
sous forme dobjet piégé. Dans la plupart des cas, il sagit
dune enveloppe ou dun colis piégés. Cette méthode
dutilisation nest pas très répandue chez les auteurs
dattentats terroristes. Toutefois, elle savère une
méthode pernicieuse car la probabilité quune personne non
visée par lattentat actionne le dispositif explosif est
élevée. Ces objets utilisent un dispositif de mise à feu anti-perturbation
(AON, 2000). À louverture du paquet, le dispositif sactive
et fait exploser la charge explosive. Celle-ci est en général
de faible puissance car elle vise à blesser ou tuer une personne
particulière et non à infliger des blessures à plusieurs individus.
Un explosif de plastique tel que le C-4 peut être utilisé puisquil
est produit en feuille pouvant être découpées à la taille et la
forme voulue (Marret, 2000: 88). Cette méthode daction a
été particulièrement utilisée dans une série dattentats
par des militants palestiniens en novembre 1972. Durant cette
campagne de terreur, une centaine denvois postaux piégés
avaient été effectués à destination de la Grande-Bretagne. Ces
engins étaient conçus de la même façon: un détonateur industriel,
compressé dans un étau, était inséré dans une enveloppe et enrobé
dexplosif. Le fait douvrir la lettre enclenchait un
mécanisme, en loccurrence un ressort en acier, une cartouche
à broche, une mini-enclume, un détonateur et un explosif de plastique
(Marret, 2000: 89). Plus récemment, on retrouve plusieurs exemples
de ce genre dattentat. Par exemple, le 27 mars 2000 à Séville,
lorganisation terroriste basque ETA avait fait parvenir
un colis piégé à Carlos Herrera, journaliste à Radio Nationale
espagnole (Ministère de lIntérieur espagnol, 2001). Le colis
contenait deux détonateurs et six cellules photoélectriques qui
étaient destinés à faire exploser 250 grammes de dynamite à louverture
du colis et au contact de la lumière. Lengin explosif était
dissimulé dans une boîte de cigares cubains. Le colis piégé navait
cependant pas explosé en raison dune faille technique.
La
deuxième méthode dutilisation est lattentat anti-véhicule.
On retrouve dans cette catégorie quatre types dattaques:
a) explosion dun dispositif explosif installé dans un véhicule
inoccupé; b) explosion dun dispositif explosif installé
dans un véhicule occupé en mouvement; c) explosion dun dispositif
explosif dissimulé en bordure ou sous la route; d) propulsion
dun dispositif explosif conventionnel sur un véhicule. Dans
le premier cas, le véhicule contient une quantité dexplosifs
qui est détonée par minuterie ou signal radio. Lexemple
typique de ce type dattaque est lattentat à la voiture
piégée en pleine rue. Dans le second cas, une bombe est placée
à bord dun véhicule qui transporte des passagers. La bombe
est activée par laction dune personne: ouvrir la porte,
appuyer sur la pédale, etc. La bombe est placée dans le bloc avant
afin de créer une projection géométrique des éléments du moteur
(culasse, carburateur, vis, etc.) qui cause un maximum de victimes
(Marret, 2000: 90). Une bombe peut aussi être destinée à une seule
personne et faire un minimum de victimes. Elle sera placée sous
le siège du conducteur ou sous la voiture de façon à rendre lexplosion
précise et moins géométrique. Les charges creuses sont ici utilisées
puisquelles permettent un créer effet dirigé. Lorsquelles
explosent, elles concentrent la charge dans une direction donnée.
On peut donner comme exemple lattentat à la voiture piégée
dont fut victime le conseiller municipal de Leiza, José Javier
Mugica. LETA avait placé à bord de sa camionnette une charge
de forte puissance qui avait explosé au moment où la clé de contact
du véhicule avait été tournée. Dans le troisième cas, le véhicule
est la cible dun engin explosif placé en bordure ou sous
la route (bouche dégout, boîte aux lettres, etc.). Le dispositif
explosif est activé au moment où un véhicule passe sur la route.
Cette façon de procéder nécessite la présence dune personne
suffisamment proche pour voir la position du véhicule mais assez
loin de la portée de lexplosion. Cette façon de procéder
est efficace, selon Lesce (1996), seulement si les auteurs de
lattentat connaissent litinéraire de leur cible. On
peut donner comme exemple lattentat à la bombe perpétré
contre le Premier ministre de lÉtat dAssam en Inde
par lorganisation United Liberation Front of Assam (United
News of India, 1997). Une bombe avait été placée sous la route
dans un caniveau et avait explosé au moment où le véhicule transportant
le Premier ministre passait au dessus. Un autre exemple de ce
genre dattentat a été la spectaculaire opération Ogre du
20 décembre 1973 orchestrée par lorganisation ETA contre
le véhicule de lamiral Luic Carrero Blanco, chef du gouvernement
franquiste. LETA avait creusé un tunnel sous une rue de
Madrid pour y installer une charge explosive et des capteurs sensibles
permettant de lactionner à distance. Lexplosion avait
été tellement puissante quelle avait propulsé le véhicule
au-dessus dun immeuble adjacent (Bonanate, 1994: 92) [10].
La
troisième méthode dutilisation est la livraison dun
dispositif explosif par un individu. Dans la plupart des cas,
lengin explosif est dissimulé à un endroit et est activé
après que le poseur de bombe ait quitté les lieux. On parle dune
bombe délivrée à un endroit donné par un «set-and-run killer».
Dans dautres cas, le poseur de bombe peut faire exploser
lengin aussitôt quil est à proximité de sa cible,
au risque dêtre tué par la bombe. Il sagit ici des
attentats suicides [11] . Le poseur de bombe porte lui-même
lengin explosif. Selon Ganor (2000), ces derniers sont perpétrés
pour diverses raisons. Dabord, ces attentats sont perpétrés
dans une intention claire doccasionner un maximum de victimes
et de dommages. De ce fait, elles attirent une large couverture
médiatique. Lattentat suicide permet aussi à son ou ses
auteurs de réaliser lattaque au moment approprié et à lendroit
désiré avec précision. Ensuite, lattentat suicide est perpétré
parce quil est difficile de le faire avorter, puisque lauteur
contrôle la charge quil porte et quil peut lactiver
à nimporte quel moment. Enfin, lattentat suicide ne
requiert aucune fuite. Un bon exemple de ce type dattentat
est celui perpétré par un membre de lorganisation Hamas
le 1er juin 2001 à la discothèque Dolphin à Tel-Aviv.
Lauteur de lattentat attendait dans la queue devant
la discothèque et avait activé un engin explosif quil portait
sur lui contenant des objets métalliques. Cet attentat avait fait
une vingtaine de morts et une centaine de blessés (Sobelman, 2001).
La
quatrième méthode dutilisation dengin explosif est
celle réalisée en vue dun meurtre de masse
[12]. Il sagit ici dengins explosifs de
forte puissance qui sont utilisés pour causer le plus grand nombre
de victimes et des dégâts possible. Cette méthode se fait principalement
par lutilisation dun véhicule bourré dexplosifs
qui est stationné à un endroit pour exploser. On appel cette méthode
«mass-casualty vehicle bombing». Lattentat à la camionnette
piégée perpétré contre lédifice fédéral Alfred Murray à
Oklahoma City en 1995, le plus meurtrier commis sur sol nord-américain
avant le 11 septembre, en est un bon exemple (Hoffman, 1998).
Lauteur de lattentat, Timothy McVeigh, avait fabriqué
une bombe artisanale à partir de nitrate dammonium (6000
lbs) et de nitromethane [13], auxquels avait
été ajouté une charge dexplosif commercial Tovex connectée
à un détonateur. La bombe avait été placée dans une camionnette
de location quil avait ensuite stationnée devant limmeuble
fédéral, dans lequel se trouvaient les bureaux de plusieurs administrations
fédérales, dont le Secret Service et lATF. La bombe avait
détruit limmeuble de neuf étages et fait 168 morts et 500
blessés. Lattentat contre le Word Trade Center de 1993 est
aussi un bon exemple. Une bombe artisanale de grande puissance,
composée de 1200 livres dexplosif, dhydrogène compressé
et de cyanure de sodium, avait été dissimulée dans une camionnette
stationnée dans le garage souterrain de lédifice par des
militants proches du Sheik Omar Abdul Rahman, chef spirituel du
Groupe islamique [14]. Lattentat, qui avait comme objectif de
faire s'écrouler lune des tours jumelles et tuer des dizaines
de milliers de personnes, avait tué six personnes et blessé 1
000 autres [15].
Enfin,
la cinquième méthode est le recours aux charges explosives projetées.
Dans ce type dattaque, son auteur propulse une charge explosive
(conventionnelle ou artisanale) en direction dun véhicule
ou dun bâtiment. La charge explosive peut être propulsée
à main nue ou encore auto-propulsée. On peut donner comme exemples:
les grenades à main, les bombes incendiaires, les roquettes anti-char,
les mortiers. Il existe plusieurs exemples dattaques à la
charge explosive projetée: lattentat à la grenade contre
le lycée Hassiba-Ben-Bouali par des terroristes intégristes à
Bliba en Algérie en 1996; lattaque au cocktail-molotov contre
le siège du quotidien régional basque El Correo à Bilbao
par lETA en 2001; lattentat à la roquette contre la
caserne des gendarmes mobiles de Porto-Vecchio (Corse du Sud)
par le FLNC-Canal historique en 1996
[16]; lattentat au mortier contre le 10 Downing
Street, résidence à Londres de lancien Premier ministre
John Major en 1991.
[TOP]
2.2 Assassinats
Lassassinat
comme méthode terroriste nest pas récent. Il était utilisé,
dans la Perse du 11e siècle, par la secte des Ismailites
Nizaris contre ses ennemis. Le meurtre était considéré comme un
devoir religieux (Beach et Fisher, 2001). Aujourdhui, lassassinat
est utilisé fréquemment dans le milieu du crime organisé, principalement
chez les organisations criminelles (bandes de motards criminalisés,
mafias, etc.) impliquées dans le trafic de stupéfiants. Chez ces
organisations, lassassinat est un instrument de lutte de
pouvoir et de règlements de compte. Dans bien des cas, on peut
considérer lassassinat comme un comportement dauto-justice [17]. Un assassinat peut aussi être
luvre dindividus dérangés mentalement. Il existe
plusieurs cas dassassinats de ce genre. Ces assassinats
nont pas de motif politique, mais sont luvre
dindividus au motif obscur ou qui souffrent de troubles
psychiatriques (Clarke, 1981: 83). La tentative dassassinat
du président Ronald Reagan par un fou furieux en 1981 en est un
bon exemple. Le président américain avait été atteint par un projectile
à Washington à l'initiative d'un déséquilibré, du nom de John
Warnock Hinckley, qui désirait impressionner la comédienne Jodie
Foster. Outre les organisations criminelles et les personnes souffrant
de troubles psychiatriques, les terroristes ont aussi recours
à lassassinat, dans un but subversif.
Lassasinat peut être définit, selon Rapoport
(1971: 19), comme«a sneak attacks on defenseless persons who
have not offered the assaillant a personal offense». Bien
entendu, lassassinat est caractérisé par sa préméditation.
Il peut se faire techniquement de diverses façons, par lusage
dexplosifs, darmes à feu, darmes blanches ou
encore à main nue. Le plus souvent les terroristes utilisent des
armes à feu, lesquelles permettent de tirer une cible à bout portant.
Les armes à feu permettent aux terroristes dêtre dissimulés
et de tirer à une bonne distance ou servent darme de contact,
de la même façon que larme blanche, en permettant de tirer
sur la cible à courte distance dans le torse ou la tête. Il existe
plusieurs cas dassassinats à larme à feu. On se souvient,
par exemple, de lassassinat perpétré par lIRA provisoire,
en juillet 1993, contre six membres des forces de sécurité. Les
terroristes avaient utilisé, dans ce cas, une carabine Barrett
Modèle 82, arme qui permet de tirer à plus dun mile
et percer une veste par-balle (Wilkinson, 1993). Un second exemple
est lassassinat du président égyptien Anouar al-Sadate,
le 6 octobre 1981. Ce dernier fut assassiné durant une parade
militaire par quatre individus vêtus duniformes militaires
qui bondirent dun véhicule du cortège et attaquèrent, à
coup darmes automatiques et de grenades à main, lestrade
où se trouvait Sadate (Ford, 1985: 331).
Mais
lassassinat peut se produire différemment. Il peut constituer
laboutissement tragique dun enlèvement avec séquestration,
comme ce fut le cas du ministre du Travail, Pierre Laporte, enlevé
par une cellule du FLQ et retrouvé mort dans le coffre arrière
dune voiture à laéroport de St-Hubert [18].
Il existe une autre forme dassassinat employée
par les terroristes. Il sagit de lassassinat collectif.
Sa logique est différente. ll ne vise pas à éliminer une cible
particulière. Le plus souvent les assassinats collectifs sont
luvre dindividus qui vont investir des villages
de nuit et tuer des personnes, souvent sans considération dâge
ou de sexe (Marret, 2000). Ils procèdent à laide darmes
à feu, darmes blanches ou encore par le feu. On peut donner
comme exemple lassassinat collectif daoût 1999 à Beni
Ounif, dans la région de Bechar. Des hommes, non identifiés, arrêtèrent
sur la route 29 personnes et les abattirent. Un second exemple
de ce type dassassinat est le massacre de 19 civils en juin
1999 dans le village Sidi Ahmed Drouni, dans la province de Mascara,
par des islamistes.
[TOP]
2.3 Prises dotages
La
prise dotage constitue une autre méthode qui a été couramment
utilisée par les terroristes. La prise dotage peut prendre
deux formes : lenlèvement avec séquestration et la prise
dotage avec barricade (Hudson, 1989).
2.3.1
L'enlèvement avec séquestration
Lenlèvement
avec séquestration constitue une vieille méthode utilisée par
les malfaiteurs pour extorquer de largent. Dans le domaine
du terrorisme, les précurseurs des enlèvements avec séquestration
sont les Tupamaros dUruguay
[19]. Ceux-ci ont fait de lenlèvement de personnalités
publiques une arme de revendication politique (Gruhier, 1979).
Lenlèvement à la Tupamaros a inspiré plusieurs organisations
terroristes, dont les Brigades rouges en Italie et le FLQ en 1970.
On se souvient dincidents célèbres, dont lenlèvement
dAldo Moro le 16 mars 1978 par les Brigades rouges [20]. Cette forme de
prise dotage a constitué une source de fonds importante
pour certaines organisations terroristes.
Lenlèvement avec séquestration consiste à capturer
une personne, ou plusieurs personnes, à en assurer le déplacement
et la détention forcée dans un endroit clandestin. Le but de cette
prise dotage est dobtenir par le chantage lexécution
dune requête, qui peut être une demande dargent et/ou
une rançon politique, en échange de la libération de ou des otages
détenus illégalement.
Lenlèvement
comporte certaines caractéristiques. Lenlèvement est une
action secrète dont on ignore les auteurs et lendroit où
ils se cachent. Ensuite, compte tenu du facteur temps qui joue
dans un enlèvement, celui-ci doit faire lobjet dune
planification élaborée. En effet, la même personne ne peut à la
fois faire les plans, saisir lotage, conduire le véhicule,
garder lotage jour et nuit et mener les négociations (Gruhier,
1979). Clutterbuck (1994: 174) présente un bon exemple à ce sujet.
Il relate lenlèvement en 1971 de Sir Geoffrey, un diplomate
britannique. Dans cette opération, plusieurs personnes étaient
impliquées. Dabord, il y avait trois équipes chargées de
la surveillance. La première équipe simulait une promenade dans
le parc situé en face du domicile de Geoffrey. Une deuxième équipe
était formée dun couple en motocyclette qui suivait lauto
de la cible et devait vérifier les réactions du chauffeur. Une
troisième équipe était placée devant lambassade et simulait
un accident. Quelques équipes étaient aussi utilisées pour bloquer
les accès routiers de façon à libérer la route et prendre la fuite
rapidement avec lotage.
Cet exemple montre que plusieurs personnes ont leur
rôle à jouer dans une opération denlèvement avec séquestration.
Certaines personnes joueront des rôles différents: assurer une
surveillance des lieux, saisir la cible, effectuer une diversion,
effectuer le transport de la personne séquestrée dans un endroit
secret, surveiller la personne séquestrée, sans compter la planification
et le contrôle de lopération, la négociation et, si applicable,
la distribution de la rançon.
Selon Lesce (1996), les enlèvements avec séquestration
suivent un modèle similaire à celui des assassinats. Les enlèvements
suivraient trois étapes: la reconnaissance, la planification et
lexécution. La reconnaissance est selon Lesce létape
la plus importante. Lattaquant examine et évalue sa cible
avant de décider comment et quand il passera à lacte. Lattaquant
doit observer sa cible afin de déterminer le moment où sa cible
est la plus vulnérable et non protégée. Il doit à ce moment évaluer
la situation selon les possibilités de fuite qui sont, selon Lesce,
essentielles à l'enlèvement mais non vitales pour l'assassin qui
ne planifie pas de fuir avec sa cible, ou qui accepte le risque
de perdre la vie suite au passage à lacte (1996: 152). Toujours
selon Lesce, une cible qui apparaît à une certaine place au même
moment chaque jour sexpose plus facilement à une attaque.
Quant à la planification, une fois que les ravisseurs connaissent
la cible, ils doivent choisir un endroit pour la saisir. Les auteurs
denlèvement capturent souvent leur cible en transit, pendant
qu'elle ne bénéficie pas de la sécurité que peut lui procurer
sa résidence ou son lieu de travail. La plupart du temps, les
tentatives denlèvement surviennent près de ces lieux (Lesce
1996; Laver, 1985). À titre dexemple, Pierre Laporte a été
enlevé près de chez lui, comme Sir Geoffrey qui a été enlevé sur
le chemin du travail. Enfin, lexécution du plan est la dernière
étape. Son succès dépend du soin avec lequel les deux autres étapes
ont été préparées.
[TOP]
2.3.2
La prise d'otage avec barricade
Les
prises dotage avec barricade peuvent être perpétrées dans
divers contextes et avec diverses intentions. Le FBI a regroupé
ces prises dotage dans quatre grandes catégories: la prise
dotage en contexte carcéral, la prise dotage avec
une intention purement criminelle, la prise dotage perpétrée
par des déséquilibrés et la prise dotage terroriste (Fuselier
et Noesner, 2000). En contexte carcéral, la prise dotage
est perpétrée par des détenus qui exigent de la part de ladministration
carcérale une amélioration de leur régime de détention. La prise
dotage peut aussi avoir une intention purement criminelle.
On parle ici de prises dotage qui ont lieu lors de la perpétration
dun acte criminel. Cest le cas, par exemple, du voleur
de banque armé qui, pris sur le fait, se trouve coincé et sans
possibilité de fuite. Ce dernier est alors contraint de prendre
des individus en otage pour marchander sa fuite. La prise dotage
constitue dans ce contexte un dernier recours pour échapper à
larrestation. Dautres prises dotage sont luvre
dindividus ayant des problèmes psychiatriques. Ces individus
exécutent une prise dotage pour attirer lattention
sur eux ou encore dans une intention suicidaire. En matière de
terrorisme, elle sert à satisfaire divers objectifs plus ou moins
politiques par la contrainte.
La prise dotage avec barricade peut être définie
comme une situation dans laquelle des personnes (diplomates, officiels
du gouvernement, voyageurs, etc.) sont prises et tenues en otage
par des individus armés dans un site barricadé (véhicule, édifice
public, ambassade, hôtel) connu des autorités, dans le but de
répondre à lexécution dune condition, dattirer
lattention sur une cause en menaçant de tuer les otages
ou de les détenir de façon indéterminée (Hudson, 1989). Cette
forme de prise dotage comporte ainsi une relation triangulaire
(Crelinstin, 1976: 24) dans laquelle lotage constitue un
moyen en vue d'atteindre une fin, un intermédiaire entre le délinquant
et sa cible première.
Cette
forme de prise dotage se caractérise par le fait que les
preneurs sont eux-mêmes captifs et sont uniquement protégés par
leur capacité dintimider et de blesser les otages, ainsi
que par la barricade (Waugh, 1992). Une autre caractéristique
est que les preneurs nagissent pas de façon cachée. Contrairement
à lenlèvement avec séquestration, on sait où se trouvent
les preneurs ainsi que les otages. Cette forme de prise dotage
présenterait une plus grande puissance de chantage et de négociation,
car les otages peuvent être relâchés ou tués un à un (Laver, 1985).
Les prises dotage avec barricade se produisent
autant au sol que dans les airs. Lorsque la prise dotage
implique lutilisation dun avion de ligne, on parle
de prise dotage aérienne. Dans ce cas, un groupe dindividus
sempare du véhicule, de son personnel et ses voyageurs pour
satisfaire certaines conditions.
Il
existe plusieurs cas de prises dotage avec barricade. On
peut donner comme exemple la prise dotage des jeux olympiques
de Munich en 1972. Des membres de lorganisation nationaliste
Septembre noir avaient attaqué le bâtiment où logeaient des athlètes
israéliens. La prise dotage sétait conclue tragiquement.
La police allemande avait fait mine dautoriser les terroristes
à senfuir avec leurs otages. Mais à laéroport de Fuesteldbruck,
des troupes délites de larmée les attendaient. Neuf
athlètes ainsi que cinq terroristes y avaient trouvé la mort (Bonanate:
124). On peut donner un autre exemple bien connu de prise dotage
avec barricade, soit celle perpétrée à Vienne lors dune
réunion des ministres de lOPEP par le terroriste Carlos.
[TOP]
2.4 Atteintes à la sécurité des transports aériens
Les atteintes à la sécurité de laviation civile
constituent une troisième méthode utilisée par les groupes terroristes.
Il sagit des actes de terrorisme qui vise les aéronefs,
les personnes se trouvant à bord et les installations aéroportuaires
(Guillaume, 1977: 1). Ces atteintes prennent principalement deux
formes: le détournement dun aéronef et la destruction dun
aéronef.
En ce qui concerne le détournement daéronef,
il consiste à semparer dun aéronef par la violence
ou la menace de la violence en vue de le détourner de sa destination.
Le détournement daéronefs a servi divers mobiles, que Minor
(1975) divise en trois: la fuite, lextorsion et le terrorisme.
La fuite constitue le mobile le plus important pour les détournements
survenus entre 1961 et 1974 impliquant un avion américain. Ils
ont servi à des individus datteindre Cuba et certains États
arabes, destinations naturelles des révolutionnaires (Gruhier,
1979: 49). Ils ont aussi permis à des opposants au régime de fuir
vers la Floride. Le détournement a aussi servi à des criminels
comme moyen dextorsion. On se souviendra, par exemple, du
détournement dun aéronef de la North Western Airline, le
24 novembre 1971, par D.B. Cooper. Celui-ci avait réussi à extorquer
200.000 $ à la compagnie aérienne avant de sauter en parachute
dans une forêt près de Washington. Ce détournement avait été suivi
aux États-Unis par 21 tentatives infructueuses.
Lâge
dor du détournement se situe au début des années 70. La
plupart des détournements étaient alors luvre de groupes
terroristes du bassin méditerranéen. Ces groupes utilisaient le
détournement essentiellement pour son traitement médiatique en
vue de promouvoir la cause palestinienne. Il existe plusieurs
cas de détournements. Le détournement du 22 juillet 1968 par le
Front populaire de libération de la Palestine est considéré comme
lévénement déclencheur dune série dincidents
analogues qui allaient se produire dans les années suivantes.
Le groupe terroriste avait détourné un Boeing El Al 707 en provenance
de Rome en direction de Tel Aviv. Lavion avait été dirigé
vers laéroport de Dar al-Bayda dAlger, où des négociations
avaient été entreprises pour relâcher les otages. Dautres
détournements ont été significatifs, dont celui du Boeing 747
de la Lufthansa, en septembre 1972, sur Aden, par un commando
de lorganisation terroriste Septembre noir [21] . Laéronef détourné avait été restitué moyennant
le versement dune rançon de 5 millions de dollars. Les détournements
n'ont cependant pas uniquement été luvre des Palestiniens.
LArmée rouge japonaise en a également commis.
Concernant la destruction dun aéronef, qui
est la seconde forme datteinte à la sécurité de laviation
civile, elle peut se faire à laide dengins explosifs
ou par un usage dun aéronef comme bombe volante. Dans le
premier cas, laéronef est détruit en plein vol avec les
personnes qui se trouvent à bord. Les aéronefs peuvent aussi être
détruits au sol. On se souvient de lattaque du 17 décembre
1973 par un commando palestinien contre un avion de la Pan Am
à laéroport de Fiumicino, qui avait fait 32 morts, pour
attirer lattention sur la question du Proche-Orient.
Dans le second cas, il sagit dutiliser
laéronef comme instrument de destruction, comme «bombe volante».
Il implique à la fois le détournement dun aéronef vers une
cible, la destruction de laéronef et celle de la cible.
Peu dattaques terroristes figurent dans cette catégorie.
On peut répertorier dans la littérature deux cas. Le premier cas
constitue plutôt une tentative dattaque. En 1994, des terroristes
algériens avaient entrepris de faire s'écraser sur Paris un Airbus
dAir France détourné alors quil décollait dAlger.
Mises au courant, les autorités françaises avaient empêché lattaque
en prenant laéronef dassaut lors de son escale de
ravitaillement à Marseille. Le second cas constitue lattaque
la plus meurtrière des annales du terrorisme. Il sagit des
attaques survenues le 11 septembre 2001 aux États-Unis. Nous avons
vu que le World Trade Center avait déjà été la cible d'une attaque
terroriste à la bombe en 1993. Cette attaque perpétrée par le
groupe de Ramzi Youssef avait fait 6 morts.
Le
11 septembre 2001, des terroristes liés au réseau Al-Qaeda [22] lancèrent une
série dattentats sans précédent. Ils ont détourné quatre
avions de ligne et dirigés ceux-ci sur des cibles de la puissance
américaine. Ils commencèrent par détourner, vers 8h45, un Boeing
767 dAmerican Airlines, transportant 92 personnes de Boston
vers Los Angeles
[23] . Les terroristes dirigèrent lavion contre
la tour nord du Word Trade Center, symbole de la puissance économique
américaine. Par la suite, un second Boeing 767, de United Airlines,
transportant 63 personnes de Boston à Los Angeles, était détourné
par des terroristes. Vers 9 h 03, il percutait la tour jumelle
du Word Trade Center. Les écrasements provoquèrent lécroulement
des deux tours. Un troisième attentat survint vers 9 h 53 visant
le Pentagone. Des terroristes détournèrent un Boeing 757 dAmerican
Airlines venant de décoller de laéroport de Dulles à Washington,
ayant à son bord 64 personnes, et le firent percuter contre limmeuble
qui abrite le ministère de la Défense et létat-major de
larmée américaine. Enfin, deux heures plus tard (10 h40),
un autre Boeing 757 de United Airlines, assurant la liaison Newark-San
Francisco avec à bord 45 personnes, sécrasa en Pennsylvanie
[24] .
Ces
attaques terroristes, dignes des romans catastrophes à la Tom
Clancy [25] , sont uniques
en leur genre en raison de leurs conséquences. Elles ont provoqué
lécroulement de tours abritant les bureaux de quelque 350
sociétés où travaillaient plusieurs dizaines de milliers de personnes.
Les attaques ont occasionné des milliers de morts et près de 20
milliards de dollars de dégâts matériels. Quant à lattaque
aérienne contre le Pentagone, elle a fait plus de 800 victimes.
Les conséquences des attaques ne sarrêtent pas uniquement
à cela. Elles ont aussi amené les autorités à déclencher létat
dalerte dans tout le pays, ayant ainsi comme conséquence
lévacuation dimmeubles, linterruption du trafic
aérien (près du tiers de la flotte mondiale paralysée), la fermeture
de lespace aérien du territoire américain, la mise en état
dalerte des forces armées et un séisme sur les marchés financiers.
En même temps plusieurs alliés des États-Unis prenaient aussi
des mesures durgence en cas déventuelles attaques
sur leur territoire.
[TOP]
2.5 Mesures contre-terroristes
Les fanatiques cherchent à atteindre leurs objectifs
par lusage de la violence. Cette violence, comme on la
vu, peut prendre diverses formes. Pour y faire face, les autorités
ont été amenées à adopter des mesures de protection et de prévention.
La prévention serait, selon Paschall (1998: 191), la principale
réponse au terrorisme.
En matière dattentats à la bombe, lune
des mesures principales consiste à séparer la bombe de sa cible
(Pashall, 1998: 200). Elle peut se faire de diverses manières.
Une première façon consiste simplement à procéder à lévacuation
dun endroit public susceptible dêtre affecté par un
engin explosif. Elle peut aussi se faire à laide déquipements
spécialisés permettant de saisir la bombe et de léloigner.
Ce genre déquipement a été fréquemment utilisé pour traiter
des colis suspects en Irlande du Nord. Le principal outil utilisé
est le robot téléguidé. Il fonctionne sur chenilles ou sur roues
et est muni dun bras manipulable, dun disrupteur qui
permet de détruire une partie de la bombe et, dans certains cas,
dun détecteur aux rayonsX. On peut donner comme exemple
le robot dorigine canadienne Pedsco RMI et le robot dorigine
britannique Morfax Wheel Barrow. Par ailleurs, les forces de lordre
ont aussi utilisé une technique appelée «préemption» permettant
de neutraliser le déclenchement dune bombe. Par exemple,
larmée britannique a su, dans les années 80, prévenir des
attentats de la part de lIRA provisoire en émettant un puissant
signal radio permettant de bloquer la mise à feu dengins
explosifs qui sont déclenchés par signal radio (Pashall: 1998:
200).
Le
principe de séparation de la bombe et de sa cible sapplique
également au domaine postal et de laviation civile. Au niveau
de la poste, les compagnies ont dû se munir dappareils permettant
de vérifier le contenu du courrier jugé suspect
[26] . Il sagit bien souvent dappareils
fonctionnant aux rayonsX, par exemple le TR Mail Explosive Detector,
qui peuvent scanner des enveloppes et des colis (Hogg, 1997: 92).
Lusage de ce genre dappareil nest pas sans faille
si on tient compte du volume élevé de courrier. Au niveau de la
sécurité de laviation civile, les attentats perpétrés contre
les aéronefs ont nécessité linstauration de mesures préventives
axées sur lexamen systématique des passagers et de leurs
bagages. Les aéroports se sont dotés, graduellement depuis les
années 70, de détecteurs qui permettent de réaliser des fouilles
non-intrusives qui ne présentent comme seul désagrément quune
légère attente de la part des passagers (Baldeschwieler, 1993).
On retrouve dans les aéroports, comme dans certains édifices jugés
à risque, des détecteurs électromagnétiques, tel le AMD 500 et
le Scan-tech Dynascreen, qui permettent dinspecter rapidement
les passagers et leurs bagages et de prévenir que soient acheminés
à bord des armes à feu, des armes blanches et des engins explosifs,
pouvant être utilisés par des pirates de lair. Les aéroports
se sont aussi dotés dappareils à rayonsX, comme le RAPISCAN,
qui permet de détecter des engins explosifs classiques, qui sont
composés dune horlogerie, de batteries et de fils électriques.
Pour les explosifs, les aéroports se sont aussi dotés dappareils
appelés «sniffer» qui permettent de détecter des résidus chimiques
qui servent à fabriquer la bombe. Ils permettent de repérer des
explosifs selon leur signature, qui se trouve dans la vapeur quils
dégagent. La plupart des explosifs contiennent des résidus de
solvant et de lazote qui peuvent être détectés, tels le
TNT et la Nitrocellulose. Les explosifs de plastique présentent
cependant une plus grande difficulté de détection (Baldeshwileter,
83). Outre ces appareils de haute technologie, les aéroports ont
recours à des chiens spécialement entraînés pour détecter des
odeurs spécifiques émises par les substances chimiques que lon
retrouve dans les engins explosifs.
Il reste quil est difficile de mettre en place
des mesures fiables. À titre dexemple, des inspecteurs du
ministère fédéral des Transports, appelés à mettre à lépreuve
les mesures de sécurité en vigueur dans les aéroports, étaient
parvenus à franchir les points de contrôle, dans 18 % des cas,
en possession de grenades désamorcées, de bâtons de dynamite,
de couteaux et de fausses armes de poing (Presse canadienne, 2001).
En ce qui concernes les détournement daéronefs,
plusieurs mesures ont été adoptées par les autorités pour renforcer
la sécurité des transports aériens. Ladoption de normes
et de pratiques en matière de sécurité ont permis de réduire les
risques de détournement. La première mesure a été dinterdire
aux voyageurs le transport darmes et lexamen systématique
de leurs bagages. Dautres mesures de sécurité sont venues
s'y ajouter après les détournements du 11 septembre 2001. La Federal
Aviation Administration a recommandé diverses mesures de modification
de sécurité, essentiellement pour assurer la protection et lisolement
du poste de pilotage. Elle a recommandé que soient blindées les
portes du cockpit, au détriment de la communication entre les
pilotes et le personnel. Le blindage des portes devrait permettre
aux portes de résister à lentrée par effraction de personnes
non autorisées et de résister à la pénétration de projectiles
darmes à feu et de dispositifs à fragmentation. Les autorités
chargées de la navigabilité ont aussi ajouté la présence à bord
des aéronefs de gardes armées. Cette initiative avait déjà été
prise dans les années 60, mais avait été progressivement mise
de côté en raison du risque que représente pour les passagers
et laéronef un échange de coups de feu à bord. Il y avait
eu le cas dune bataille armée en plein ciel au-dessus de
la Méditerranée opposant des membres du Front de libération de
lÉrythrée à des gardes armées à bord dun avion éthiopien.
Dautres mesures ont aussi été envisagées, comme le profilage
des passagers pour détecter des pirates de lair potentiel,
mesure déjà utilisée aux États-Unis par la FAA Task Force on Detterence
of Air Piracy au début des années 70. Ajoutons les recherches
par la compagnie Boeing pour la création dun système de
surveillance aérien et de pilotage à distance. Ce genre de système
implique la mise au point dun système de commandement mobile
satellitaire à double bande, qui permet au personnel au sol de
surveiller lintérieur. Ce système peut aussi servir à fournir
aux passagers laccès à des chaînes de télé et à lInternet.
Quant
aux prises dotages, les forces de lordre peuvent y
répondre de différentes façons, selon quil sagit dune
prise dotage avec barricade ou dun enlèvement. La
plupart du temps, elles tentent dintervenir selon les lignes
directrices suivantes: causer le moins de risques possible pour
la vie humaine, nutiliser la force quen dernier lieu
et de ne faire aucune concession importante aux auteurs de prises
dotage.
Dans le cas dune prise dotages avec barricade,
Hudson (1989: 326) affirme que trois options sont envisageables:
a) capituler face aux demandes des preneurs dotages, b)
contenir lincident et recourir à la négociation ou encore
c) souscrire au principe de «no-ransom, no-concession»
et utiliser la force dès que possible.
La
réponse la moins risquée est de capituler aux exigences des preneurs
dotages. À titre dexemple, le gouvernement japonais
avait en 1977 payé la somme de six millions de dollars à lArmée
rouge japonaise et accordé la libération de six de leurs membres.
Cette option est toutefois rarement envisagée. Les forces de lordre
préfèrent opter pour la seconde option, soit appliquer le principe
de «no-ransom, no-concession». Ce principe a longtemps
été appliqué par les Américains et les Israéliens face aux prises
dotage terroristes. Dans ce cas, aucune concession et aucun
paiement de rançon ne se fait, car, dit-on, répondre aux exigences
des preneurs dotage ne ferait quencourager la perpétration
dincidents similaires (Hudson, 1989: 321). Les opérations
dassaut peuvent aider à mettre un terme à une prise dotage.
Ils permettent de prendre le contrôle des preneurs dotage
et dassurer la sûreté des otages (Hudson, 1989: 321). Plusieurs
pays se sont dotés déquipes dintervention. Le plus
connu de ces groupes et le GIGN français, qui est lorigine
de plusieurs interventions en France et à létranger. Ce
groupe dintervention avait permis, en décembre 1994, de
libérer 170 otages à bord dun aéronef dAir France
et déliminer les terroristes du Groupe islamique armé.
Le recours à la force comporte toutefois des risques
élevés. Selon les données de Schossberg, 78 % des otages tués
lors de prises dotage lont été suite à lintervention
de groupes tactiques. Par exemple, lors de la prise dotage
des jeux olympiques de Munich en 1972, les autorités avaient refusé
de transiger avec les preneurs dotages, le recours à la
force ayant pour résultat larrestation trois des terroristes
(les autres furent tués) et la mort des otages. Il semble ainsi
que lutilisation de la force pour résoudre une prise dotage
est dautant plus risquée que certains preneurs dotage
sont prêts à y laisser leur vie et peuvent être munis dexplosifs
et darmes automatiques.
Depuis cette intervention des jeux olympiques, les
forces de lordre se sont tournées vers une autre option
permettant de faire face aux prises dotage. Cette option
est centrée sur la négociation. Schossberg appelle cette option
«self-negotiation» par rapport à celle centrée sur lusage
de la force quil appelle «hard-resolution». La négociation
est une approche qui tente de résoudre une situation de prise
dotage en minimisant les risques de perte de vies humaines.
Cette approche repose sur le principe de «zéro perte acceptable».
À ce titre, il donne lexemple de la prise dotage du
vol 847 de la TWA en 1985 au cours de laquelle la négociation
avait permis de libérer les Américains pris en otage. Toutefois
ce ne sont pas toutes les prises dotages, selon Schossberg,
qui sont négociables. Ce dernier se réfère au FBI qui a établi
des critères qui indiquent si une situation est négociable. Premièrement,
les preneurs dotages doivent avoir une volonté de vivre.
La personne indifférente à lidée de mourir pour une cause
n'est pas intimidable par la force. Or, sans désir de vivre, il
ny a pas de négociation possible. Ensuite, des demandes
doivent être exprimées par les preneurs dotage, ce qui est
normalement le cas avec les terroristes. Sans requête, les négociateurs
ne disposent de pas grande marge de manuvre pour négocier.
Concernant les enlèvements avec séquestration, les
options sont sensiblement les mêmes. Les forces de lordre
peuvent accepter les exigences des ravisseurs. Cette option comporte
apparemment le moins de risques pour la ou les personnes séquestrées.
Toutefois, il peut arriver que les ravisseurs exécutent leur otage,
même si les autorités ont satisfait leur demande. De cette façon,
on fait disparaître le ou les témoins pour réduire les risques
darrestation. Les autorités peuvent encore opter pour le
principe de «no-ransom, no-concession» et recourir à la
force dès que possible. Laffaire Cross est un bon exemple.
En enlevant J.R. Cross (1970), conseiller commercial britannique,
le FLQ réclamait la publication dun manifeste favorable
à la cause felquiste, le paiement dune rançon de 500 000
$ ainsi que la mise en liberté de certains détenus. Face à lenlèvement,
le gouvernement avait refusé de donner suite aux doléances du
FLQ mais avait accordé un sauf-conduit aux ravisseurs vers une
destination de leur choix. Lutilisation de la force est
cependant plus restreinte dans le cas de lenlèvement avec
séquestration. En effet, les forces de lordre doivent dabord
localiser la cache avant de donner lassaut. Ce qui nest
pas toujours évident. Lavantage que les forces de lordre
ont à utiliser la force, cest quils peuvent intervenir
en dehors de lil de la caméra et avec lélément
de surprise. Lutilisation de la force comporte cependant
un risque: la situation peut dégénérer et se transformer en situation
de prise dotage avec barricade.
En ce qui concerne les assassinats, il semble quils
sont difficiles à éviter pour les personnalités qui doivent sexposer
en public et se déplacer régulièrement. Plusieurs ne jouissent
daucune protection particulière, tel, par exemple lindustriel
allemand Detlev Rohwedder assassiné en 1991par la Fraction armée
rouge dans sa résidence de Düsseldorf. Différentes mesures peuvent
être toutefois prises pour assurer une protection des personnalités
politiques qui risquent une tentative dassassinat lors dune
apparition en public. La sécurité de ces personnes peut être assurée
par différents cercles de sécurité: une sécurité invisible mêlée
au public, une protection rapprochée assurée par des gardes du
corps armés munis de cartables-boucliers, un cordon de sécurité
assurée par des policiers en uniforme, une sécurité élargie par
des tireurs délite sur les toits et une sécurité préventive
qui consiste à une inspection systématique des sites et immeubles
adjacents. La sécurité préventive vise aussi à prévenir les tentatives
dassassinats qui peuvent se faire par le biais de boites
postales ou de caniveaux piégés, comme ce fut le cas avec lassassinat
du Premier ministre de lÉtat dAssam en Inde. Afin
de prévenir ces incidents, les services de sécurité peuvent, comme
il est dusage pour le président des États-Unis, enlever
les boîtes à lettre et vérifier les conduits dégouts qui
sont sur la route du cortège que lon veut protéger.
Suite...
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[7]
À ce titre, on se souviendra de lattentat à la
bombe à Montréal, dans Hochelaga-Maisonneuve en 1995, dirigé
contre des rivaux des Hell Angels et qui avait tué accidentellement
Daniel Desrochers.
[11] Selon Schweitzer,
les attentats suicides seraient luvre de groupes
religieux fanatiques concentrés au Moyen-Orient (Israël, territoires
occupés) et au Sri Lanka. Lattentat suicide est une phénomène
populaire chez les groupes islamistes fondamentalistes tels
le Hamas, le Jihad islamique égyptien, le Jihad islamique palestinien
(Israël), le Hezbollah pro-syrien (Liban).
[19] Les Tupamaros enlevèrent notamment
Dan Mitrione, fonctionnaire américain de lAgence de développement
internationale, détaché par le gouvernement américain auprès
de la police uruguayenne en qualité de conseiller le 31 juillet
70. Ils furent aussi à lorigine de lenlèvement du
juge dincitation Pereyra Manelli et lambassadeur
de la Grande-Bretagne, Geoffrey Jackson.
[20] Il se rendait à Montecitorio,
siège de lAssemblée nationale. Il ny parvint pas
puisque sa voiture fut bloquée par un commando qui tua les cinq
membres de son escorte et enleva lhomme politique. Il
fut retrouvé six semaine plus tard, mort dans le coffre dune
voiture abandonnée après lémission dune série de
communiqués par les terroristes.
© Alexandre Blais 2002
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