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Terrorisme conventionnel et non conventionnel:
une revue de la littérature (suite)

par Alexandre Blais

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2. Méthodes du terrorisme

On retrouve une constante dans le terrorisme: les méthodes utilisées (Marret 2000: 5). La plupart des organisations terroristes ne sont pas au point de vue tactique innovatrices et dévient rarement de leur modus operandi. Elles s’en tiennent essentiellement aux méthodes principales du terrorisme: l’attentat à la bombe, l’assassinat, la prise d’otage (incluant l’enlèvement) et les atteintes à la sécurité de l’aviation civile.

Ces méthodes peuvent être placées selon Medd et Goldstein (1997: 282) dans deux catégories: les events of duration et les conclusive events. Dans la première catégorie, on retrouve la prise d’otage et les détournements d’aéronefs. Ces méthodes sont souvent d’une longue durée et impliquent une négociation, ou du moins une discussion, entre les auteurs de l’acte terroriste et les autorités. Dans la seconde catégorie, on retrouve comme méthodes celles qui visentr à tuer ou blesser, et qui surviennent trop rapidement pour permettre une réaction de la part des forces de l’ordre: l’attentat à la bombe et les assasinats.

Marret (2000: 10) classe, pour sa part, ces méthodes différement. Elles se réduisent à trois types: a) les méthodes qui visent les biens (attentats à la bombe contre des bâtiments et des véhicules), b) les méthodes qui sont dirigées contre des personnes et leur liberté (les prises d’otage) ou leur intégrité physique (assassinats sous diverses formes); c) les méthodes qui frappent à la fois les personnes et les biens matériels (les détournements d’aéronefs).

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2.1 Attentats à la bombe

Les attentats à la bombe constituent un problème important pour la sécurité publique. Chaque année, des centaines de personnes sont tuées ou blessées par ces attentats. Ils sont aussi responsables de dommages matériels se comptant en millions de dollars.

Les attentats à la bombe sont l’œuvre de diverses sources: individus déséquilibrés mentalement, individus auto-motivés, groupes criminels organisés et terroristes. Les attentats commis par des individus déséquilibrés sont sans motif apparent et ils sont perpétrés pour le sentiment de puissance et d’excitation qu’ils procurent. Un bon exemple est le poseur de bombes en série George Metesky, alias «The mad bomber», qui, sur une période de dix-sept ans, avait placé plus d’une trentaine de bombes artisanales dans des endroits publics autour de la ville de New York. Quant aux individus auto-motivés, ils ont recours aux attentats pour des raisons d’intérêt personnel. Tel a été le cas avec l’attentat perpétré contre le DC3 de la Canadian Pacific Airlines parti de L’Ancienne-Lorette à destination de Baie-Comeau en 1949. L’attentat était l’œuvre d’un bijoutier de Québec, du nom de J.-Albert Guay, qui désirait se débarrasser de son épouse Rita Morel et toucher l’assurance vie. Quant aux groupes criminels organisés, ils utilisent les attentats pour intimider et assassiner certaines personnes pour acquérir des gains financiers et contrôler certaines activités criminelles. Les attentats à la bombe perpétrés par les bandes de motards criminalisés contre leurs concurrents constituent de bons exemples [7]. Les terroristes, pour leur part, ont recours aux attentats à la bombe à des fins politiques et idéologiques. 

L’usage de bombes à des fins terroristes n’est pas récent. Guy Fawkes fut sans doute l’un des pionniers de l’attentat à la bombe. Il tenta, le 5 novembre 1605, de faire exploser le parlement britannique (Clutterbuck, 1975). Les anarchistes russes avaient aussi attenté à la vie du tsar par le recours à une bombe. Dans les dernières décennies, les terroristes ont utilisé essentiellement l’attentat à la bombe comme méthode criminelle contre une variété de cibles: ambassades, missions commerciales, grandes entreprises, administrations gouvernementales, forces de l’ordre, centres touristiques, marchés publics, etc. On estime que les attentats à la bombe constituent près de 80 % des actes de terrorisme. Dans son rapport de 2001, le Département d’État a dénombré dans le monde 253 attentats à la bombe d’origine terroriste.

La popularité des attentats à la bombe chez les terroristes s’explique de diverses façons. Selon Schmid (1983), la distance temporelle et physique constitue un premier élément d’explication. Au niveau temporel, l’attentat à la bombe permet de fixer l’agression à l’heure voulue. La bombe est souvent actionnée par un dispositif de mise à feu qui permet à ceux qui l’ont placée d’être loin lors de sa déflagration [8]. Au niveau physique, ces attentats permettent à ses auteurs d’éviter le contact direct avec leur cible. À ce titre, Taylor (1988) considère l’attentat à la bombe comme une forme de d’agression impersonnelle, puisque l’auteur n’est pas proche de sa victime lorsqu’il passe à l’acte. Cette distance permet de réduire les risques pour l’auteur de l’attentat d’être appréhendé par la police. Par comparaison, un individu qui tenterait de commettre un assassinat à l’aide d’un revolver contre une personnalité dans un endroit public risquerait plus d’être aperçu et appréhendé. On retrouve dans la littérature un autre élément d’explication qui est très répandu. On attribue la popularité des attentats au fait que les engins explosifs sont relativement faciles à fabriquer, peu coûteux et efficaces. De plus, l’attentat à la bombe ne nécessite pas un nombre élevé d’individus pour être pensé et mis en œuvre (Marret, 2000: 13) Par ailleurs, on souligne dans la littérature que les attentats à la bombe sont utilisés pour leur létalité et l’étendue du sinistre qu’ils peuvent générer  (Slater et Trunckey, 1997: 3).

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2.1.1 Types d'attentats

Les attentats à la bombe peuvent être divisés deux catégories: les attentats symboliques et les attentats anti-personnels (Fuqua, 1978). Les attentats symboliques ont comme objectif premier de rendre médiatique une cause. Ils sont perpétrés contre des cibles qui ont une connotation symbolique. Ceux qui les commettent préfèrent éviter d’infliger des blessures physiques pour ne pas s’aliéner le support du public. Ils peuvent être perpétrés durant la nuit. Ils sont de façon générale précédés d’un appel de mise en garde afin de permettre aux personnes concernées d’évacuer les lieux, et sont souvent accompagnés de communiqués. Fuqua donne l’exemple des attentats perpétrés par le groupuscule Weathermen contre des édifices gouvernementaux et corporatifs dans les années 70 aux États-Unis.

Quant aux attentats anti-personnels, ils sont essentiellement de nature prédatrice. Contrairement aux attentats symboliques, les attentats anti-personnels ne sont pour la plupart pas précédés de mise en garde. Ils sont perpétrés dans un but de mutiler et de tuer. Les attentats anti-personnels sont essentiellement: les attentats qui sont perpétrés dans des lieux publics à grande affluence tels que les bars et les magasins, qui frappent à l’aveuglette et ne visent pas forcément des cibles précises (Marret, 2000: 100); les attentats aux véhicules piégés visant à détruire leur environnement immédiat sans distinction; les attentats perpétrés à l’aide d’engins explosifs à fragmentation qui contiennent des matériaux drus (clous, morceau de verre, vis, etc.); les attentats utilisant un dispositif explosif secondaire. Ces derniers visent spécifiquement à blesser les premiers répondants (policiers, ambulanciers, pompiers) qui sont dépêchés sur une scène d’attentat à la bombe. Un bon exemple d’attentat impliquant un dispositif secondaire a été celui perpétré contre une clinique d’avortement à Sandy Springs en Georgie en 1997 par des individus liés au groupuscule Army of God (FBI National Press Office, 1998). Ces derniers avaient fait exploser un transformateur situé près de l’Atlanta Northside Family Planning Service Center. Une heure après que les enquêteurs aient été sur place, un second engin explosait dans le stationnement de la clinique. L’engin était composé de bâtons de dynamite placés à l’intérieur d’une boîte métallique contenant des clous. Les individus à l’origine de l’attentat avaient indiqué dans un communiqué que: «The second device was aimed at agents of the so-called federal government, i.e. ATF, FBI, Marshall, etc

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2.1.2 Types d'engins explosifs utilisés

Les engins explosifs utilisés par les terroristes pour causer la mort, des dommages corporels et matériels sont multiples. Leur utilisation dépend de facteurs tels que la cible à atteindre, les dégâts désirés, la disponibilité de certains matériaux et le savoir-faire des terroristes (Marret, 2000: 81). La conception et l’utilisation d’engins explosifs permettraient de distinguer le niveau de maîtrise technique des organisations terroristes. Certains terroristes ont recours à des engins explosifs artisanaux, dont la puissance peut être variable. Ils sont faciles à confectionner et peuvent être conçus avec des produits commerciaux. Les bombes incendiaires ainsi que les tuyaux explosifs (pipe bombs) constituent de bons exemples. Les tuyaux explosifs sont fabriqués à partir d’un tuyau de plomberie, d’un ingrédient actif (poudre noire, poudre de souffre, etc.) et d’un détonateur. Sa fabrication n’exige pas un niveau de connaissance élevé. Sans créer une large étendue du sinistre, ils permettent tout de même de semer l’émoi au sein de la population, comme ce fut le cas lors de l’attentat survenu au Parc olympique d'Atlanta en 1996, qui avait fait 2 morts et 111 blessés. D’autres engins artisanaux peuvent être plus dévastateurs, comme ce fut le cas dans l’attentat au véhicule piégé au nitrate d’ammonium contre l’édifice Murrah à Oklahoma City en 1995.

L’information (step-by-step) permettant de fabriquer ces engins est facilement accessible. En effet, plus d’une centaine de sites sur le réseau Internet divulguent des informations permettant de fabriquer des engins artisanaux. On retrouve aussi une série de publications plus ou moins underground consacrées à la fabrication d’engins artisanaux. Delta Press, par exemple, offre des titres tels: Terroristic Explosives Handbook, Pipe and Fire Bomb Designs, Improvised Munitions From Fertilizer, Homemade Semtex C-4's ugly Sister (U.S. Department of Justice, 1997).

Dans d’autres cas, les engins explosifs utilisés par les terroristes ont un niveau de sophistication plus élevé. Ils peuvent être constitués d’un matériel explosif d’origine militaire ou commerciale qui a été volé ou encore fourni clandestinement par un État. Selon Marret (2000: 82), les terroristes les plus avancés au niveau du savoir-faire utilisent des explosifs de plastique tels le semtex ou son dérivé le C-4. On retrouve près de 27 sortes d’explosifs de plastique manufacturés à travers le monde sous diverses appellations. Ces explosifs sont principalement employés dans la démolition de bâtiments, le minage et servent aussi d’explosif de base dans certaines roquettes et petits missiles. L’explosif de plastique est l’arme de choix des auteurs d’attentats terroristes en raison de ses propriétés: il explose rarement de façon accidentelle; il est malléable; il est difficile à repérer par les appareils à rayons X et par les détecteurs chimiques électroniques; sa texture est élastique et adhésive; une petite quantité suffit pour occasionner des dégâts importants; et il est possible de diriger sa force explosive (Hobbs, 1993). Les explosifs de plastique ont été utilisés dans plusieurs attentats, notamment ceux de Lockerbie et de Riyadh. Dans le cas de l’attentat de Riyadh, quarante livres de plastique avaient servi à faire exploser une voiture piégée afin de détruire un bâtiment militaire américain.

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2.1.3 Mécanique des engins explosifs

Les engins explosifs, qu’ils soient artisanaux ou sophistiqués, peuvent être classés dans trois grandes catégories: à combustion, à détonation et à déflagration. Les engins explosifs à combustion, comme le cocktail molotov, sont caractérisés par une réaction qui se propage par conductivité thermique. Dans ce cas, l’explosif brûle. Les explosifs détonants, pour leur part, vont créer une onde de choc, causée par une réaction chimique, qui fera en sorte que l’explosif détone. Ces explosifs, tels ceux utilisées pour la démolition (C-4), ont un effet de brisance qui leur permet de casser des surfaces comme les blindages et le béton. L’onde de choc provoquée par ces explosifs a un impact sur les objets qui se trouvent dans son périmètre. Ce sont les explosifs de choix utilisés dans les voitures piégées. Quant aux explosifs déflagrants, ils sont caractérisés par une combustion accélérée par un accroissement de la pression et de la température. La déflagration provoque une projection géométrique des éléments constituant l’engin explosif et ceux rencontrés par le souffle de la déflagration. C’est pour cette raison qu’on dit qu’ils ont un effet projetant (Marret, 2000: 15).

Les engins explosifs peuvent être déclenchés de plusieurs façons. Ils peuvent être principalement activés par trois types de systèmes: un système à retardement, un système de contrôle à distance et l’action de la cible. Encore une fois, le choix du système de mise à feu est lié à la cible choisie et reflète aussi le savoir-faire des terroristes. Le dispositif à retardement peut être mécanique, électrique, chimique et barométrique [9]. Le dispositif à retardement le plus simple est celui fabriqué à partir d’une minuterie et d’un mouvement d’horlogerie. Plus sophistiqués sont les dispositifs chimiques et barométriques. Le dispositif barométrique, souvent complémentaire du dispositif de minuterie, déclenche la charge explosive à partir d’une certaine altitude. Il a souvent servi dans les attentats d’avions de ligne. Quant au système de contrôle à distance, il permet une mise à feu de l’engin explosif par télécommande. Selon Marret (2000: 93), le système de contrôle par télcommande «assure par voie hertzienne aérienne la fermeture d’un circuit permettant la mise sous tension d’un détonateur électrique». Le système de télécommande est  doté d’un codeur qui, connecté à un émetteur, permet de déclencher la bombe tout en empêchant le déclenchement involontaire causé par la présence d’ondes parasitaire. Par ailleurs, l’engin explosif peut aussi être déclenché par l’action de la cible. Ce type de système est utilisé dans les pièges explosifs.

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2.1.4 Méthodes d’utilisation des engins explosifs

Les engins explosifs peuvent être utilisés de diverses façons. Le Bomb Countermeasures for Security Professionals Guide (2001) propose une classification qui comporte cinq catégories: objets piégés, attaques anti-véhicules, engins explosifs délivrés par une personne, bombes visant à créer un meurtre de masse et attaques à la charge projetée.

D’abord, l’attentat peut être perpétré sous forme d’objet piégé. Dans la plupart des cas, il s’agit d’une enveloppe ou d’un colis piégés. Cette méthode d’utilisation n’est pas très répandue chez les auteurs d’attentats terroristes. Toutefois, elle s’avère une méthode pernicieuse car la probabilité qu’une personne non visée par l’attentat actionne le dispositif explosif est élevée. Ces objets utilisent un dispositif de mise à feu anti-perturbation (AON, 2000). À l’ouverture du paquet, le dispositif s’active et fait exploser la charge explosive. Celle-ci est en général de faible puissance car elle vise à blesser ou tuer une personne particulière et non à infliger des blessures à plusieurs individus. Un explosif de plastique tel que le C-4 peut être utilisé puisqu’il est produit en feuille pouvant être découpées à la taille et la forme voulue (Marret, 2000: 88). Cette méthode d’action a été particulièrement utilisée dans une série d’attentats par des militants palestiniens en novembre 1972. Durant cette campagne de terreur, une centaine d’envois postaux piégés avaient été effectués à destination de la Grande-Bretagne. Ces engins étaient conçus de la même façon: un détonateur industriel, compressé dans un étau, était inséré dans une enveloppe et enrobé d’explosif. Le fait d’ouvrir la lettre enclenchait un mécanisme, en l’occurrence un ressort en acier, une cartouche à broche, une mini-enclume, un détonateur et un explosif de plastique (Marret, 2000: 89). Plus récemment, on retrouve plusieurs exemples de ce genre d’attentat. Par exemple, le 27 mars 2000 à Séville, l’organisation terroriste basque ETA avait fait parvenir un colis piégé à Carlos Herrera, journaliste à Radio Nationale espagnole (Ministère de l’Intérieur espagnol, 2001). Le colis contenait deux détonateurs et six cellules photoélectriques qui étaient destinés à faire exploser 250 grammes de dynamite à l’ouverture du colis et au contact de la lumière. L’engin explosif était dissimulé dans une boîte de cigares cubains. Le colis piégé n’avait cependant pas explosé en raison d’une faille technique.

La deuxième méthode d’utilisation est l’attentat anti-véhicule. On retrouve dans cette catégorie quatre types d’attaques: a) explosion d’un dispositif explosif installé dans un véhicule inoccupé; b) explosion d’un dispositif explosif installé dans un véhicule occupé en mouvement; c) explosion d’un dispositif explosif dissimulé en bordure ou sous la route; d) propulsion d’un dispositif explosif conventionnel sur un véhicule. Dans le premier cas, le véhicule contient une quantité d’explosifs qui est détonée par minuterie ou signal radio. L’exemple typique de ce type d’attaque est l’attentat à la voiture piégée en pleine rue. Dans le second cas, une bombe est placée à bord d’un véhicule qui transporte des passagers. La bombe est activée par l’action d’une personne: ouvrir la porte, appuyer sur la pédale, etc. La bombe est placée dans le bloc avant afin de créer une projection géométrique des éléments du moteur (culasse, carburateur, vis, etc.) qui cause un maximum de victimes (Marret, 2000: 90). Une bombe peut aussi être destinée à une seule personne et faire un minimum de victimes. Elle sera placée sous le siège du conducteur ou sous la voiture de façon à rendre l’explosion précise et moins géométrique. Les charges creuses sont ici utilisées puisqu’elles permettent un créer effet dirigé. Lorsqu’elles explosent, elles concentrent la charge dans une direction donnée. On peut donner comme exemple l’attentat à la voiture piégée dont fut victime le conseiller municipal de Leiza, José Javier Mugica. L’ETA avait placé à bord de sa camionnette une charge de forte puissance qui avait explosé au moment où la clé de contact du véhicule avait été tournée. Dans le troisième cas, le véhicule est la cible d’un engin explosif placé en bordure ou sous la route (bouche d’égout, boîte aux lettres, etc.). Le dispositif explosif est activé au moment où un véhicule passe sur la route. Cette façon de procéder nécessite la présence d’une personne suffisamment proche pour voir la position du véhicule mais assez loin de la portée de l’explosion. Cette façon de procéder est efficace, selon Lesce (1996), seulement si les auteurs de l’attentat connaissent l’itinéraire de leur cible. On peut donner comme exemple l’attentat à la bombe perpétré contre le Premier ministre de l’État d’Assam en Inde par l’organisation United Liberation Front of Assam (United News of India, 1997). Une bombe avait été placée sous la route dans un caniveau et avait explosé au moment où le véhicule transportant le Premier ministre passait au dessus. Un autre exemple de ce genre d’attentat a été la spectaculaire opération Ogre du 20 décembre 1973 orchestrée par l’organisation ETA contre le véhicule de l’amiral Luic Carrero Blanco, chef du gouvernement franquiste. L’ETA avait creusé un tunnel sous une rue de Madrid pour y installer une charge explosive et des capteurs sensibles permettant de l’actionner à distance. L’explosion avait été tellement puissante qu’elle avait propulsé le véhicule au-dessus d’un immeuble adjacent (Bonanate, 1994: 92) [10].

La troisième méthode d’utilisation est la livraison d’un dispositif explosif par un individu. Dans la plupart des cas, l’engin explosif est dissimulé à un endroit et est activé après que le poseur de bombe ait quitté les lieux. On parle d’une bombe délivrée à un endroit donné par un «set-and-run killer». Dans d’autres cas, le poseur de bombe peut faire exploser l’engin aussitôt qu’il est à proximité de sa cible, au risque d’être tué par la bombe. Il s’agit ici des attentats suicides [11] . Le poseur de bombe porte lui-même l’engin explosif. Selon Ganor (2000), ces derniers sont perpétrés pour diverses raisons. D’abord, ces attentats sont perpétrés dans une intention claire d’occasionner un maximum de victimes et de dommages. De ce fait, elles attirent une large couverture médiatique. L’attentat suicide permet aussi à son ou ses auteurs de réaliser l’attaque au moment approprié et à l’endroit désiré avec précision. Ensuite, l’attentat suicide est perpétré parce qu’il est difficile de le faire avorter, puisque l’auteur contrôle la charge qu’il porte et qu’il peut l’activer à n’importe quel moment. Enfin, l’attentat suicide ne requiert aucune fuite. Un bon exemple de ce type d’attentat est celui perpétré par un membre de l’organisation Hamas le 1er juin 2001 à la discothèque Dolphin à Tel-Aviv. L’auteur de l’attentat attendait dans la queue devant la discothèque et avait activé un engin explosif qu’il portait sur lui contenant des objets métalliques. Cet attentat avait fait une vingtaine de morts et une centaine de blessés (Sobelman, 2001).

La quatrième méthode d’utilisation d’engin explosif est celle réalisée en vue d’un meurtre de masse [12]. Il s’agit ici d’engins explosifs de forte puissance qui sont utilisés pour causer le plus grand nombre de victimes et des dégâts possible. Cette méthode se fait principalement par l’utilisation d’un véhicule bourré d’explosifs qui est stationné à un endroit pour exploser. On appel cette méthode «mass-casualty vehicle bombing». L’attentat à la camionnette piégée perpétré contre l’édifice fédéral Alfred Murray à Oklahoma City en 1995,  le plus meurtrier commis sur sol nord-américain avant le 11 septembre, en est un bon exemple (Hoffman, 1998). L’auteur de l’attentat, Timothy McVeigh, avait fabriqué une bombe artisanale à partir de nitrate d’ammonium (6000 lbs) et de nitromethane [13], auxquels avait été ajouté une charge d’explosif commercial Tovex connectée à un détonateur. La bombe avait été placée dans une camionnette de location qu’il avait ensuite stationnée devant l’immeuble fédéral, dans lequel se trouvaient les bureaux de plusieurs administrations fédérales, dont le Secret Service et l’ATF. La bombe avait détruit l’immeuble de neuf étages et fait 168 morts et 500 blessés. L’attentat contre le Word Trade Center de 1993 est aussi un bon exemple. Une bombe artisanale de grande puissance, composée de 1200 livres d’explosif, d’hydrogène compressé et de cyanure de sodium, avait été dissimulée dans une camionnette stationnée dans le garage souterrain de l’édifice par des militants proches du Sheik Omar Abdul Rahman, chef spirituel du Groupe islamique [14]. L’attentat, qui avait comme objectif de faire s'écrouler l’une des tours jumelles et tuer des dizaines de milliers de personnes, avait tué six personnes et blessé 1 000 autres [15].

Enfin, la cinquième méthode est le recours aux charges explosives projetées. Dans ce type d’attaque, son auteur propulse une charge explosive (conventionnelle ou artisanale) en direction d’un véhicule ou d’un bâtiment. La charge explosive peut être propulsée à main nue ou encore auto-propulsée. On peut donner comme exemples: les grenades à main, les bombes incendiaires, les roquettes anti-char, les mortiers. Il existe plusieurs exemples d’attaques à la charge explosive projetée: l’attentat à la grenade contre le lycée Hassiba-Ben-Bouali par des terroristes intégristes à Bliba en Algérie en 1996; l’attaque au cocktail-molotov contre le siège du quotidien régional basque El Correo à Bilbao par l’ETA en 2001; l’attentat à la roquette contre la caserne des gendarmes mobiles de Porto-Vecchio (Corse du Sud) par le FLNC-Canal historique en 1996 [16]; l’attentat au mortier contre le 10 Downing Street, résidence à Londres de l’ancien Premier ministre John Major en 1991.

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2.2 Assassinats

L’assassinat comme méthode terroriste n’est pas récent. Il était utilisé, dans la Perse du 11e siècle, par la secte des Isma’ilites Nizaris contre ses ennemis. Le meurtre était considéré comme un devoir religieux (Beach et Fisher, 2001). Aujourd’hui, l’assassinat est utilisé fréquemment dans le milieu du crime organisé, principalement chez les organisations criminelles (bandes de motards criminalisés, mafias, etc.) impliquées dans le trafic de stupéfiants. Chez ces organisations, l’assassinat est un instrument de lutte de pouvoir et de règlements de compte. Dans bien des cas, on peut considérer l’assassinat comme un comportement d’auto-justice [17]. Un assassinat peut aussi être l’œuvre d’individus dérangés mentalement. Il existe plusieurs cas d’assassinats de ce genre. Ces assassinats n’ont pas de motif politique, mais sont l’œuvre d’individus au motif obscur ou qui souffrent de troubles psychiatriques (Clarke, 1981: 83). La tentative d’assassinat du président Ronald Reagan par un fou furieux en 1981 en est un bon exemple. Le président américain avait été atteint par un projectile à Washington à l'initiative d'un déséquilibré, du nom de John Warnock Hinckley, qui désirait impressionner la comédienne Jodie Foster. Outre les organisations criminelles et les personnes souffrant de troubles psychiatriques, les terroristes ont aussi recours à l’assassinat, dans un but subversif.

L’assasinat peut être définit, selon Rapoport (1971: 19), comme«a sneak attacks on defenseless persons who have not offered the assaillant a personal offense». Bien entendu, l’assassinat est caractérisé par sa préméditation. Il peut se faire techniquement de diverses façons, par l’usage d’explosifs, d’armes à feu, d’armes blanches ou encore à main nue. Le plus souvent les terroristes utilisent des armes à feu, lesquelles permettent de tirer une cible à bout portant. Les armes à feu permettent aux terroristes d’être dissimulés et de tirer à une bonne distance ou servent d’arme de contact, de la même façon que l’arme blanche, en permettant de tirer sur la cible à courte distance dans le torse ou la tête. Il existe plusieurs cas d’assassinats à l’arme à feu. On se souvient, par exemple, de l’assassinat perpétré par l’IRA provisoire, en juillet 1993, contre six membres des forces de sécurité. Les terroristes avaient utilisé, dans ce cas, une carabine Barrett Modèle 82, arme qui permet de tirer à plus d’un mile et percer une veste par-balle (Wilkinson, 1993).  Un second exemple est l’assassinat du président égyptien Anouar al-Sadate, le 6 octobre 1981. Ce dernier fut assassiné durant une parade militaire par quatre individus vêtus d’uniformes militaires qui bondirent d’un véhicule du cortège et attaquèrent, à coup d’armes automatiques et de grenades à main, l’estrade où se trouvait Sadate (Ford, 1985: 331).

Mais l’assassinat peut se produire différemment. Il peut constituer l’aboutissement tragique d’un enlèvement avec séquestration, comme ce fut le cas du ministre du Travail, Pierre Laporte, enlevé par une cellule du FLQ et retrouvé mort dans le coffre arrière d’une voiture à l’aéroport de St-Hubert [18].

Il existe une autre forme d’assassinat employée par les terroristes. Il s’agit de l’assassinat collectif. Sa logique est différente. ll ne vise pas à éliminer une cible particulière. Le plus souvent les assassinats collectifs sont l’œuvre d’individus qui vont investir des villages de nuit et tuer des personnes, souvent sans considération d’âge ou de sexe (Marret, 2000). Ils procèdent à l’aide d’armes à feu, d’armes blanches ou encore par le feu. On peut donner comme exemple l’assassinat collectif d’août 1999 à Beni Ounif, dans la région de Bechar. Des hommes, non identifiés, arrêtèrent sur la route 29 personnes et les abattirent. Un second exemple de ce type d’assassinat est le massacre de 19 civils en juin 1999 dans le village Sidi Ahmed Drouni, dans la province de Mascara, par des islamistes.

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2.3 Prises d’otages

La prise d’otage constitue une autre méthode qui a été couramment utilisée par les terroristes. La prise d’otage peut prendre deux formes : l’enlèvement avec séquestration et  la prise d’otage avec barricade (Hudson, 1989).

2.3.1 L'enlèvement avec séquestration

L’enlèvement avec séquestration constitue une vieille méthode utilisée par les malfaiteurs pour extorquer de l’argent. Dans le domaine du terrorisme, les précurseurs des enlèvements avec séquestration sont les Tupamaros d’Uruguay [19]. Ceux-ci ont fait de l’enlèvement de personnalités publiques une arme de revendication politique (Gruhier, 1979). L’enlèvement à la Tupamaros a inspiré plusieurs organisations terroristes, dont les Brigades rouges en Italie et le FLQ en 1970. On se souvient d’incidents célèbres, dont l’enlèvement d’Aldo Moro le 16 mars 1978 par les Brigades rouges [20]. Cette forme de prise d’otage a constitué une source de fonds importante pour certaines organisations terroristes.

L’enlèvement avec séquestration consiste à capturer une personne, ou plusieurs personnes, à en assurer le déplacement et la détention forcée dans un endroit clandestin. Le but de cette prise d’otage est d’obtenir par le chantage l’exécution d’une requête, qui peut être une demande d’argent et/ou une rançon politique, en échange de la libération de ou des otages détenus illégalement.

L’enlèvement comporte certaines caractéristiques. L’enlèvement est une action secrète dont on ignore les auteurs et l’endroit où ils se cachent. Ensuite, compte tenu du facteur temps qui joue dans un enlèvement, celui-ci doit faire l’objet d’une planification élaborée. En effet, la même personne ne peut à la fois faire les plans, saisir  l’otage, conduire le véhicule, garder l’otage jour et nuit et mener les négociations (Gruhier, 1979). Clutterbuck (1994: 174) présente un bon exemple à ce sujet. Il relate l’enlèvement en 1971 de Sir Geoffrey, un diplomate britannique. Dans cette opération, plusieurs personnes étaient impliquées. D’abord, il y avait trois équipes chargées de la surveillance. La première équipe simulait une promenade dans le parc situé en face du domicile de Geoffrey. Une deuxième équipe était formée d’un couple en motocyclette qui suivait l’auto de la cible et devait vérifier les réactions du chauffeur. Une troisième équipe était placée devant l’ambassade et simulait un accident. Quelques équipes étaient aussi utilisées pour bloquer les accès routiers de façon à libérer la route et prendre la fuite rapidement avec l’otage.

Cet exemple montre que plusieurs personnes ont leur rôle à jouer dans une opération d’enlèvement avec séquestration. Certaines personnes joueront des rôles différents: assurer une surveillance des lieux, saisir la cible, effectuer une diversion, effectuer le transport de la personne séquestrée dans un endroit secret, surveiller la personne séquestrée, sans compter la planification et le contrôle de l’opération, la négociation et, si applicable, la distribution de la rançon.

Selon Lesce (1996), les enlèvements avec séquestration suivent un modèle similaire à celui des assassinats. Les enlèvements suivraient trois étapes: la reconnaissance, la planification et l’exécution. La reconnaissance est selon Lesce l’étape la plus importante. L’attaquant examine et évalue sa cible avant de décider comment et quand il passera à l’acte. L’attaquant doit observer sa cible afin de déterminer le moment où sa cible est la plus vulnérable et non protégée. Il doit à ce moment évaluer la situation selon les possibilités de fuite qui sont, selon Lesce, essentielles à l'enlèvement mais non vitales pour l'assassin qui ne planifie pas de fuir avec sa cible, ou qui accepte le risque de perdre la vie suite au passage à l’acte (1996: 152). Toujours selon Lesce, une cible qui apparaît à une certaine place au même moment chaque jour s’expose plus facilement à une attaque. Quant à la planification, une fois que les ravisseurs connaissent la cible, ils doivent choisir un endroit pour la saisir. Les auteurs d’enlèvement capturent souvent leur cible en transit, pendant qu'elle ne bénéficie pas de la sécurité que peut lui procurer sa résidence ou son lieu de travail. La plupart du temps, les tentatives d’enlèvement surviennent près de ces lieux (Lesce 1996; Laver, 1985). À titre d’exemple, Pierre Laporte a été enlevé près de chez lui, comme Sir Geoffrey qui a été enlevé sur le chemin du travail. Enfin, l’exécution du plan est la dernière étape. Son succès dépend du soin avec lequel les deux autres étapes ont été préparées.

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2.3.2 La prise d'otage avec barricade

Les prises d’otage avec barricade peuvent être perpétrées dans divers contextes et avec diverses intentions. Le FBI a regroupé ces prises d’otage dans quatre grandes catégories: la prise d’otage en contexte carcéral, la prise d’otage avec une intention purement criminelle, la prise d’otage perpétrée par des déséquilibrés et la prise d’otage terroriste (Fuselier et Noesner, 2000). En contexte carcéral, la prise d’otage est perpétrée par des détenus qui exigent de la part de l’administration carcérale une amélioration de leur régime de détention. La prise d’otage peut aussi avoir une intention purement criminelle. On parle ici de prises d’otage qui ont lieu lors de la perpétration d’un acte criminel.  C’est le cas, par exemple, du voleur de banque armé qui, pris sur le fait, se trouve coincé et sans possibilité de fuite. Ce dernier est alors contraint de prendre des individus en otage pour marchander sa fuite. La prise d’otage constitue dans ce contexte un dernier recours pour échapper à l’arrestation. D’autres prises d’otage sont l’œuvre d’individus ayant des problèmes psychiatriques. Ces individus exécutent une prise d’otage pour attirer l’attention sur eux ou encore dans une intention suicidaire. En matière de terrorisme, elle sert à satisfaire divers objectifs plus ou moins politiques par la contrainte.

La prise d’otage avec barricade peut être définie comme une situation dans laquelle des personnes (diplomates, officiels du gouvernement, voyageurs, etc.) sont prises et tenues en otage par des individus armés dans un site barricadé (véhicule, édifice public, ambassade, hôtel) connu des autorités, dans le but de répondre à l’exécution d’une condition, d’attirer l’attention sur une cause en menaçant de tuer les otages ou de les détenir de façon indéterminée (Hudson, 1989). Cette forme de prise d’otage comporte ainsi une relation triangulaire (Crelinstin, 1976: 24) dans laquelle l’otage constitue un moyen en vue d'atteindre une fin, un intermédiaire entre le délinquant et sa cible première.

Cette forme de prise d’otage se caractérise par le fait que les preneurs sont eux-mêmes captifs et sont uniquement protégés par leur capacité d’intimider et de blesser les otages, ainsi que par la barricade (Waugh, 1992). Une autre caractéristique est que les preneurs n’agissent pas de façon cachée. Contrairement à l’enlèvement avec séquestration, on sait où se trouvent les preneurs ainsi que les otages. Cette forme de prise d’otage présenterait une plus grande puissance de chantage et de négociation, car les otages peuvent être relâchés ou tués un à un (Laver, 1985). 

Les prises d’otage avec barricade se produisent autant au sol que dans les airs. Lorsque la prise d’otage implique l’utilisation d’un avion de ligne, on parle de prise d’otage aérienne. Dans ce cas, un groupe d’individus s’empare du véhicule, de son personnel et ses voyageurs pour satisfaire certaines conditions.

Il existe plusieurs cas de prises d’otage avec barricade. On peut donner comme exemple la prise d’otage des jeux olympiques de Munich en 1972. Des membres de l’organisation nationaliste Septembre noir avaient attaqué le bâtiment où logeaient des athlètes israéliens. La prise d’otage s’était conclue tragiquement. La police allemande avait fait mine d’autoriser les terroristes à s’enfuir avec leurs otages. Mais à l’aéroport de Fuesteldbruck, des troupes  d’élites de l’armée les attendaient. Neuf athlètes ainsi que cinq terroristes y avaient trouvé la mort (Bonanate: 124). On peut donner un autre exemple bien connu de prise d’otage avec barricade, soit celle perpétrée à Vienne lors d’une réunion des ministres de l’OPEP par le terroriste Carlos.

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2.4 Atteintes à la sécurité des transports aériens

Les atteintes à la sécurité de l’aviation civile constituent une troisième méthode utilisée par les groupes terroristes. Il s’agit des actes de terrorisme qui vise les aéronefs, les personnes se trouvant à bord et les installations aéroportuaires (Guillaume, 1977: 1). Ces atteintes prennent principalement deux formes: le détournement d’un aéronef et la destruction d’un aéronef.

En ce qui concerne le détournement d’aéronef, il consiste à s’emparer d’un aéronef par la violence ou la menace de la violence en vue de le détourner de sa destination. Le détournement d’aéronefs a servi divers mobiles, que Minor (1975) divise en trois: la fuite, l’extorsion et le terrorisme. La fuite constitue le mobile le plus important pour les détournements survenus entre 1961 et 1974 impliquant un avion américain. Ils ont servi à des individus d’atteindre Cuba et certains États arabes, destinations naturelles des révolutionnaires (Gruhier, 1979: 49). Ils ont aussi permis à des opposants au régime de fuir vers la Floride. Le détournement a aussi servi à des criminels comme moyen d’extorsion. On se souviendra, par exemple, du détournement d’un aéronef de la North Western Airline, le 24 novembre 1971, par D.B. Cooper. Celui-ci avait réussi à extorquer 200.000 $ à la compagnie aérienne avant de sauter en parachute dans une forêt près de Washington. Ce détournement avait été suivi aux États-Unis par 21 tentatives infructueuses.

L’âge d’or du détournement se situe au début des années 70. La plupart des détournements étaient alors l’œuvre de groupes terroristes du bassin méditerranéen. Ces groupes utilisaient le détournement  essentiellement pour son traitement médiatique en vue de promouvoir la cause palestinienne. Il existe plusieurs cas de détournements. Le détournement du 22 juillet 1968 par le Front populaire de libération de la Palestine est considéré comme l’événement déclencheur d’une série d’incidents analogues qui allaient se produire dans les années suivantes. Le groupe terroriste avait détourné un Boeing El Al 707 en provenance de Rome en direction de Tel Aviv. L’avion avait été dirigé vers l’aéroport de Dar al-Bayda d’Alger, où des négociations avaient été entreprises pour relâcher les otages. D’autres détournements ont été significatifs, dont celui du Boeing 747 de la Lufthansa, en septembre 1972, sur Aden, par un commando de l’organisation terroriste Septembre noir [21] . L’aéronef détourné avait été restitué moyennant le versement d’une rançon de 5 millions de dollars. Les détournements n'ont cependant pas uniquement été l’œuvre des Palestiniens. L’Armée rouge japonaise en a également commis.

Concernant la destruction d’un aéronef, qui est la seconde forme d’atteinte à la sécurité de l’aviation civile, elle peut se faire à l’aide d’engins explosifs ou par un usage d’un aéronef comme bombe volante. Dans le premier cas, l’aéronef est détruit en plein vol avec les personnes qui se trouvent à bord. Les aéronefs peuvent aussi être détruits au sol. On se souvient de l’attaque du 17 décembre 1973 par un commando palestinien contre un avion de la Pan Am à l’aéroport de Fiumicino, qui avait fait 32 morts, pour attirer l’attention sur la question du Proche-Orient.

Dans le second cas, il s’agit d’utiliser l’aéronef comme instrument de destruction, comme «bombe volante». Il implique à la fois le détournement d’un aéronef vers une cible, la destruction de l’aéronef et celle de la cible. Peu d’attaques terroristes figurent dans cette catégorie. On peut répertorier dans la littérature deux cas. Le premier cas constitue plutôt une tentative d’attaque. En 1994, des terroristes algériens avaient entrepris de faire s'écraser sur Paris un Airbus d’Air France détourné alors qu’il décollait d’Alger. Mises au courant, les autorités françaises avaient empêché l’attaque en prenant l’aéronef d’assaut lors de son escale de ravitaillement à Marseille. Le second cas constitue l’attaque la plus meurtrière des annales du terrorisme. Il s’agit des attaques survenues le 11 septembre 2001 aux États-Unis. Nous avons vu que le World Trade Center avait déjà été la cible d'une attaque terroriste à la bombe en 1993. Cette attaque perpétrée par le groupe de Ramzi Youssef avait fait 6 morts.

Le 11 septembre 2001, des terroristes liés au réseau Al-Qaeda [22] lancèrent une série d’attentats sans précédent. Ils ont détourné quatre avions de ligne et dirigés ceux-ci sur des cibles de la puissance américaine. Ils commencèrent par détourner, vers 8h45, un Boeing 767 d’American Airlines, transportant 92 personnes de Boston vers Los Angeles [23] . Les terroristes dirigèrent l’avion contre la tour nord du Word Trade Center, symbole de la puissance économique américaine. Par la suite, un second Boeing 767, de United Airlines, transportant 63 personnes de Boston à Los Angeles, était détourné par des terroristes. Vers 9 h 03, il percutait la tour jumelle du Word Trade Center. Les écrasements provoquèrent l’écroulement des deux tours. Un troisième attentat survint vers 9 h 53 visant le Pentagone. Des terroristes détournèrent un Boeing 757 d’American Airlines venant de décoller de l’aéroport de Dulles à Washington, ayant à son bord 64 personnes, et le firent percuter contre l’immeuble qui abrite le ministère de la Défense et l’état-major de l’armée américaine. Enfin, deux heures plus tard (10 h40), un autre Boeing 757 de United Airlines, assurant la liaison Newark-San Francisco avec à bord 45 personnes, s’écrasa en Pennsylvanie [24] .

Ces attaques terroristes, dignes des romans catastrophes à la Tom Clancy [25] , sont uniques en leur genre en raison de leurs conséquences. Elles ont provoqué l’écroulement de tours abritant les bureaux de quelque 350 sociétés où travaillaient plusieurs dizaines de milliers de personnes.  Les attaques ont occasionné des milliers de morts et près de 20 milliards de dollars de dégâts matériels. Quant à l’attaque aérienne contre le Pentagone, elle a fait plus de 800 victimes.  Les conséquences des attaques ne s’arrêtent pas uniquement à cela. Elles ont aussi amené les autorités à déclencher l’état d’alerte dans tout le pays, ayant ainsi comme conséquence l’évacuation d’immeubles, l’interruption du trafic aérien (près du tiers de la flotte mondiale paralysée), la fermeture de l’espace aérien du territoire américain, la mise en état d’alerte des forces armées et un séisme sur les marchés financiers. En même temps plusieurs alliés des États-Unis prenaient aussi des mesures d’urgence en cas d’éventuelles attaques sur leur territoire.

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2.5 Mesures contre-terroristes

Les fanatiques cherchent à atteindre leurs objectifs par l’usage de la violence. Cette violence, comme on l’a vu, peut prendre diverses formes. Pour y faire face, les autorités ont été amenées à adopter des mesures de protection et de prévention. La prévention serait, selon Paschall (1998: 191), la principale réponse au terrorisme.

En matière d’attentats à la bombe, l’une des mesures principales consiste à séparer la bombe de sa cible (Pashall, 1998: 200). Elle peut se faire de diverses manières. Une première façon consiste simplement à procéder à l’évacuation d’un endroit public susceptible d’être affecté par un engin explosif. Elle peut aussi se faire à l’aide d’équipements spécialisés permettant de saisir la bombe et de l’éloigner. Ce genre d’équipement a été fréquemment utilisé pour traiter des colis suspects en Irlande du Nord. Le principal outil utilisé est le robot téléguidé. Il fonctionne sur chenilles ou sur roues et est muni d’un bras manipulable, d’un disrupteur qui permet de détruire une partie de la bombe et, dans certains cas, d’un détecteur aux rayonsX. On peut donner comme exemple le robot d’origine canadienne Pedsco RMI et le robot d’origine britannique Morfax Wheel Barrow. Par ailleurs, les forces de l’ordre ont aussi utilisé une technique appelée «préemption» permettant de neutraliser le déclenchement d’une bombe. Par exemple, l’armée britannique a su, dans les années 80, prévenir des attentats de la part de l’IRA provisoire en émettant un puissant signal radio permettant de bloquer la mise à feu d’engins explosifs qui sont déclenchés par signal radio (Pashall: 1998: 200).

Le principe de séparation de la bombe et de sa cible s’applique également au domaine postal et de l’aviation civile. Au niveau de la poste, les compagnies ont dû se munir d’appareils permettant de vérifier le contenu du courrier jugé suspect [26] . Il s’agit bien souvent d’appareils fonctionnant aux rayonsX, par exemple le TR Mail Explosive Detector, qui peuvent scanner des enveloppes et des colis (Hogg, 1997: 92). L’usage de ce genre d’appareil n’est pas sans faille si on tient compte du volume élevé de courrier. Au niveau de la sécurité de l’aviation civile, les attentats perpétrés contre les aéronefs ont nécessité l’instauration de mesures préventives axées sur l’examen systématique des passagers et de leurs bagages. Les aéroports se sont dotés, graduellement depuis les années 70, de détecteurs qui permettent de réaliser des fouilles non-intrusives qui ne présentent comme seul désagrément qu’une légère attente de la part des passagers (Baldeschwieler, 1993). On retrouve dans les aéroports, comme dans certains édifices jugés à risque, des détecteurs électromagnétiques, tel le AMD 500 et le Scan-tech Dynascreen, qui permettent d’inspecter rapidement les passagers et leurs bagages et de prévenir que soient acheminés à bord des armes à feu, des armes blanches et des engins explosifs, pouvant être utilisés par des pirates de l’air. Les aéroports se sont aussi dotés d’appareils à rayonsX, comme le RAPISCAN, qui permet de détecter des engins explosifs classiques, qui sont composés d’une horlogerie, de batteries et de fils électriques. Pour les explosifs, les aéroports se sont aussi dotés d’appareils appelés «sniffer» qui permettent de détecter des résidus chimiques qui servent à fabriquer la bombe. Ils permettent de repérer des explosifs selon leur signature, qui se trouve dans la vapeur qu’ils dégagent. La plupart des explosifs contiennent des résidus de solvant et de l’azote qui peuvent être détectés, tels le TNT et la Nitrocellulose. Les explosifs de plastique présentent cependant une plus grande difficulté de détection (Baldeshwileter, 83). Outre ces appareils de haute technologie, les aéroports ont recours à des chiens spécialement entraînés pour détecter des odeurs spécifiques émises par les substances chimiques que l’on retrouve dans les engins explosifs.

Il reste qu’il est difficile de mettre en place des mesures fiables. À titre d’exemple, des inspecteurs du ministère fédéral des Transports, appelés à mettre à l’épreuve les mesures de sécurité en vigueur dans les aéroports, étaient parvenus à franchir les points de contrôle, dans 18 % des cas, en possession de grenades désamorcées, de bâtons de dynamite, de couteaux et de fausses armes de poing (Presse canadienne, 2001).

En ce qui concernes les détournement d’aéronefs, plusieurs mesures ont été adoptées par les autorités pour renforcer la sécurité des transports aériens. L’adoption de normes et de pratiques en matière de sécurité ont permis de réduire les risques de détournement. La première mesure a été d’interdire aux voyageurs le transport d’armes et l’examen systématique de leurs bagages. D’autres mesures de sécurité sont venues s'y ajouter après les détournements du 11 septembre 2001. La Federal Aviation Administration a recommandé diverses mesures de modification de sécurité, essentiellement pour assurer la protection et l’isolement du poste de pilotage. Elle a recommandé que soient blindées les portes du cockpit, au détriment de la communication entre les pilotes et le personnel. Le blindage des portes devrait permettre aux portes de résister à l’entrée par effraction de personnes non autorisées et de résister à la pénétration de projectiles d’armes à feu et de dispositifs à fragmentation. Les autorités chargées de la navigabilité ont aussi ajouté la présence à bord des aéronefs de gardes armées. Cette initiative avait déjà été prise dans les années 60, mais avait été progressivement mise de côté en raison du risque que représente pour les passagers et l’aéronef un échange de coups de feu à bord. Il y avait eu le cas d’une bataille armée en plein ciel au-dessus de la Méditerranée opposant des membres du Front de libération de l’Érythrée à des gardes armées à bord d’un avion éthiopien. D’autres mesures ont aussi été envisagées, comme le profilage des passagers pour détecter des pirates de l’air potentiel, mesure déjà utilisée aux États-Unis par la FAA Task Force on Detterence of Air Piracy au début des années 70. Ajoutons les recherches par la compagnie Boeing pour la création d’un système de surveillance aérien et de pilotage à distance. Ce genre de système implique la mise au point d’un système de commandement mobile satellitaire à double bande, qui permet au personnel au sol de surveiller l’intérieur. Ce système peut aussi servir à fournir aux passagers l’accès à des chaînes de télé et à l’Internet.

Quant aux prises d’otages, les forces de l’ordre peuvent y répondre de différentes façons, selon qu’il s’agit d’une prise d’otage avec barricade ou d’un enlèvement. La plupart du temps, elles tentent d’intervenir selon les lignes directrices suivantes:  causer le moins de risques possible pour la vie humaine, n’utiliser la force qu’en dernier lieu et de ne faire aucune concession importante aux auteurs de prises d’otage.

Dans le cas d’une prise d’otages avec barricade, Hudson (1989: 326) affirme que trois options sont envisageables: a) capituler face aux demandes des preneurs d’otages, b) contenir l’incident et recourir à la négociation ou encore c) souscrire au principe de «no-ransom, no-concession» et utiliser la force dès que possible.

La  réponse la moins risquée est de capituler aux exigences des preneurs d’otages. À titre d’exemple, le gouvernement japonais avait en 1977 payé la somme de six millions de dollars à l’Armée rouge japonaise et accordé la libération  de six de leurs membres. Cette option est toutefois rarement envisagée. Les forces de l’ordre préfèrent opter pour la seconde option, soit appliquer le principe de «no-ransom, no-concession». Ce principe a longtemps été appliqué par les Américains et les Israéliens face aux prises d’otage terroristes. Dans ce cas, aucune concession et aucun paiement de rançon ne se fait, car, dit-on, répondre aux exigences des preneurs d’otage ne ferait qu’encourager la perpétration d’incidents similaires (Hudson, 1989: 321). Les opérations d’assaut peuvent aider à mettre un terme à une prise d’otage. Ils permettent de prendre le contrôle des preneurs d’otage et d’assurer la sûreté des otages (Hudson, 1989: 321). Plusieurs pays se sont dotés d’équipes d’intervention. Le plus connu de ces groupes et le GIGN français, qui est l’origine de plusieurs interventions en France et à l’étranger. Ce groupe d’intervention avait permis, en décembre 1994, de libérer 170 otages à bord d’un aéronef d’Air France et d’éliminer les terroristes du Groupe islamique armé.

Le recours à la force comporte toutefois des risques élevés. Selon les données de Schossberg, 78 % des otages tués lors de prises d’otage l’ont été suite à l’intervention de groupes tactiques. Par exemple, lors de la prise d’otage des jeux olympiques de Munich en 1972, les autorités avaient refusé de transiger avec les preneurs d’otages, le recours à la force ayant pour résultat l’arrestation trois des terroristes (les autres furent tués) et la mort des otages. Il semble ainsi que l’utilisation de la force pour résoudre une prise d’otage est d’autant plus risquée que certains preneurs d’otage sont prêts à y laisser leur vie et peuvent être munis d’explosifs et d’armes automatiques.

Depuis cette intervention des jeux olympiques, les forces de l’ordre se sont tournées vers une autre option permettant de faire face aux prises d’otage. Cette option est centrée sur la négociation. Schossberg appelle cette option «self-negotiation» par rapport à celle centrée sur l’usage de la force qu’il appelle «hard-resolution». La négociation est une approche qui tente de résoudre une situation de prise d’otage en minimisant les risques de perte de vies humaines. Cette approche repose sur le principe de «zéro perte acceptable». À ce titre, il donne l’exemple de la prise d’otage du vol 847 de la TWA en 1985 au cours de laquelle la négociation avait permis de libérer les Américains pris en otage. Toutefois ce ne sont pas toutes les prises d’otages, selon Schossberg, qui sont négociables. Ce dernier se réfère au FBI qui a établi des critères qui indiquent si une situation est négociable. Premièrement, les preneurs d’otages doivent avoir une volonté de vivre. La personne indifférente à l’idée de mourir pour une cause n'est pas intimidable par la force. Or, sans désir de vivre, il n’y a pas de négociation possible. Ensuite, des demandes doivent être exprimées par les preneurs d’otage, ce qui est normalement le cas avec les terroristes. Sans requête, les négociateurs ne disposent de pas grande marge de manœuvre pour négocier.

Concernant les enlèvements avec séquestration, les options sont sensiblement les mêmes. Les forces de l’ordre peuvent accepter les exigences des ravisseurs. Cette option comporte apparemment le moins de risques pour la ou les personnes séquestrées. Toutefois, il peut arriver que les ravisseurs exécutent leur otage, même si les autorités ont satisfait leur demande. De cette façon, on fait disparaître le ou les témoins pour réduire les risques d’arrestation. Les autorités peuvent encore opter pour le principe de «no-ransom, no-concession» et recourir à la force dès que possible. L’affaire Cross est un bon exemple. En enlevant J.R. Cross (1970), conseiller commercial britannique, le FLQ réclamait la publication d’un manifeste favorable à la cause felquiste, le paiement d’une rançon de 500 000 $ ainsi que la mise en liberté de certains détenus. Face à l’enlèvement, le gouvernement avait refusé de donner suite aux doléances du FLQ mais avait accordé un sauf-conduit aux ravisseurs vers une destination de leur choix. L’utilisation de la force est cependant plus restreinte dans le cas de l’enlèvement avec séquestration. En effet, les forces de l’ordre doivent d’abord localiser la cache avant de donner l’assaut. Ce qui n’est pas toujours évident. L’avantage que les forces de l’ordre ont à utiliser la force, c’est qu’ils peuvent intervenir en dehors de l’œil de la caméra et avec l’élément de surprise. L’utilisation de la force comporte cependant un risque: la situation peut dégénérer et se transformer en situation de prise d’otage avec barricade.

En ce qui concerne les assassinats, il semble qu’ils sont difficiles à éviter pour les personnalités qui doivent s’exposer en public et se déplacer régulièrement. Plusieurs ne jouissent d’aucune protection particulière, tel, par exemple l’industriel allemand Detlev Rohwedder assassiné en 1991par la Fraction armée rouge dans sa résidence de Düsseldorf. Différentes mesures peuvent être toutefois prises pour assurer une protection des personnalités politiques qui risquent une tentative d’assassinat lors d’une apparition en public. La sécurité de ces personnes peut être assurée par différents cercles de sécurité: une sécurité invisible mêlée au public, une protection rapprochée assurée par des gardes du corps armés munis de cartables-boucliers, un cordon de sécurité assurée par des policiers en uniforme, une sécurité élargie par des tireurs d’élite sur les toits et une sécurité préventive qui consiste à une inspection systématique des sites et immeubles adjacents. La sécurité préventive vise aussi à prévenir les tentatives d’assassinats qui peuvent se faire par le biais de boites postales ou de caniveaux piégés, comme ce fut le cas avec l’assassinat du Premier ministre de l’État d’Assam en Inde. Afin de prévenir ces incidents, les services de sécurité peuvent, comme il est d’usage pour le président des États-Unis, enlever les boîtes à lettre et vérifier les conduits d’égouts qui sont sur la route du cortège que l’on veut protéger.

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[7]    À ce titre, on se souviendra de l’attentat à la bombe à Montréal, dans Hochelaga-Maisonneuve en 1995, dirigé contre des rivaux des Hell Angels et qui avait tué accidentellement Daniel Desrochers.

[8]     Pour les terroristes suicidaires, il semble de toute évidence qu’il ne s’agit pas là d’un avantage. Ils désirent de toute façon mourir pour leur cause.

[9]    Pour une étude détaillée de la mécanique des dispositifs de mise à feu, voir Burke (2000), chapitre 5.

[10]   Les activistes de l’ETA avaient effectué des excavations sous la rue Claudio Coello à partir d’un appartement adjacent et s’étaient fait passer pour des sculpteurs pour justifier auprès des voisins les coups de marteau et de burin. Les terroristes connaissaient la routine de leur cible. Chaque matin, Blanco se rendait à la messe à Madrid, empruntant ainsi le même trajet qu’à l’habitude.

[11]   Selon  Schweitzer, les attentats suicides seraient l’œuvre de groupes religieux fanatiques concentrés au Moyen-Orient (Israël, territoires occupés) et au Sri Lanka. L’attentat suicide est une phénomène populaire chez les groupes islamistes fondamentalistes tels le Hamas, le Jihad islamique égyptien, le Jihad islamique palestinien (Israël), le Hezbollah pro-syrien (Liban).

[12]   Ces actes sont considérés par Denney et Lee (1997), du Los Angeles Fire Department, comme des actes d’utra-violence stratégique. Cette violence implique principalement l’usage indiscriminé de dispositifs explosifs qui, placés dans un endroit public dense, sont conçus pour créer un maximum de victimes.

[13]   Il s’agit d’un produit chimique volatile utilisé dans le carburant des moteurs hot-rods. Ce produit permet d'oxygéné le carburant et favorise son explosion. Mélangé au nitrate d’ammonium, il constitue une puissante bombe.

[14]   Il s’agit d’un mouvement islamique fondamentaliste radical engagé dans une campagne de terreur contre le gouvernement égyptien.

[15]   L’explosion n’a pas eu l’effet recherché. Elle n’avait fait qu’un gros cratère dans le sous-sol de l’édifice. Quant au cyanure de sodium, destiné à intoxiquer le plus grand nombre de personnes possible, il s’est complètement désintégré au lieu de créer un nuage toxique.

[16]   Le FLNC canal-historique est une organisation clandestine vouée à la lutte pour l’indépendance de la Corse.

[17]    Voir D. Black (1983). «Crime as social control». American Sociological Review (48): 34-45.

[18]    Selon le rapport du corroner, Pierre Laporte serait mort étranglé.

[19]    Les Tupamaros enlevèrent notamment Dan Mitrione, fonctionnaire américain de l’Agence de développement internationale, détaché par le gouvernement américain auprès de la police uruguayenne en qualité de conseiller le 31 juillet 70. Ils furent aussi à l’origine de l’enlèvement du juge d’incitation Pereyra Manelli et l’ambassadeur de la Grande-Bretagne, Geoffrey Jackson.

[20]    Il se rendait à Montecitorio, siège de l’Assemblée nationale. Il n’y parvint pas puisque sa voiture fut bloquée par un commando qui tua les cinq membres de son escorte et enleva l’homme politique. Il fut  retrouvé six semaine plus tard, mort dans le coffre d’une voiture abandonnée après l’émission d’une série de communiqués par les terroristes.

[21]   Cette organisation terroriste a été constituée à la suite des affrontements entre les fedayin et l'armée jordanienne en septembre 1970. Elle est à l’origine de plusieurs opérations terroristes en dehors d’Israël, dont la prise d’otage des athlètes israéliens aux jeux olympiques de Munich en 1972.

[22]   Le réseau Al-Qaeda est aussi soupçonné d’être à l’origine des attentats de Dharan, de Nairobi, de Dar Es-salaam et du destroyer USS Cole à Aden.

[23]   Les pirates avaient embarqué à l’aéroport de Logan à Boston. Lors du décollage de l’avion (8 h), les pirates avaient sorti des armes blanches artisanales et rassemblé le personnel de cabine et les passagers à l’arrière de l’appareil. Des agents de bord avaient alors été tués pour créer une diversion et attirer le pilote hors du cockpit. Les pirates avaient pris les commandes de l’avion vers 9 h.

[24]   Voir US State Department (2001). Pattern of Global Terrorism 2001. Washington: Office of the Coordinator for Counterterrorism.

[25]    Voir le livre Executive Orders (1998).

[26]   Certaines indices peuvent être révélateurs de la présence d’un colis suspect: présence de tâches d’huile ou de graisse, d’irrégularités concernant l’adresse du destinataire et de retour, de sons émis par le paquet, d’une indication du genre «à livrer immédiatement», de ruban adhésif  en quantité excessive sur l’emballage, etc.

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© Alexandre Blais 2002

 

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