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Terrorisme
conventionnel et non conventionnel:
une revue de la littérature (suite)
par Alexandre Blais
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1. Terminologie du terrorisme
Le terme terrorisme est souvent employé par les médias
sans savoir à quoi il renvoie précisément. On peut circonscrire
ce que lon entend par le terme terrorisme en se référant
aux définitions proposées selon les textes législatifs et les
experts du terrorisme. Cette entreprise nous permettra de dégager
les traits caractéristiques du terrorisme. Dans un but de rendre
la compréhension du terrorisme la plus exhaustive possible, nous
présenterons ensuite les différentes motivations associées au
terrorisme.
1.1 Définitions tirées des textes législatifs et
de la littérature
Circonscrire avec exactitude ce que constitue le
terrorisme est une tâche complexe si lon considère quil
nexiste pas dunanimité sur sa définition. Plusieurs
textes législatifs offrent une définition du terrorisme et en
font une infraction criminelle spécifique. Toutefois, la signification
du terrorisme à tendance à varier dune législation à lautre.
Du côté de la littérature, on retrouve plus dune centaine
de définitions du terrorisme. Il apparaît donc clairement quil
est difficile de dégager une définition générique (Renar, 1992).
La présentation de quelques-unes des ces définitions nous permettra
de dégager les traits les plus caractéristiques qui sy rapportent.
Dans
le cadre du droit pénal classique, le terrorisme ou lacte
de terrorisme nest pas défini. Cétait le cas au Canada
avant le dépôt du projet de loi C-36, où le Code criminel ne contenait
pas dincrimination spécifique de terrorisme. Celui-ci était
indéfini et renvoyait à une série dincriminations de droit
commun. Les incriminations pouvant se rapporter au terrorisme
tombaient sous celles existantes dans le Code criminel telles
les infractions contre lordre public (intimidation du parlement
ou dune législature, sabotage, détournement, atteinte à
la sécurité des aéronefs ou des aéroports, usage dexplosif)
et les infractions contre la personne (meurtre, enlèvement, prise
dotage). Le terrorisme pouvait néanmoins être défini en
référence à la Loi sur le Service canadien du renseignement
de sécurité (paragraphe 2c) qui, sans parler de terrorisme,
couvrait cette infraction. Cette loi comprend les «activités qui
visent à favoriser lusage de la violence grave ou de menaces
de violence contre des personnes ou des biens dans le but datteindre
un objectif politique au Canada ou dans un État étranger».
Toutefois, le projet de législation C-36 présenté
par le gouvernement canadien (2001) a fait du terrorisme une infraction
spécifique. En vertu du projet de loi C-36 (partie II.1), le terrorisme
est définit comme:
«(i) un acte commis a) au nom dun but, dun
objectif ou dune cause de nature politique, religieuse ou
idéologique, b) en vue dintimider la population ou une partie
de celle-ci quant à sa sécurité, entre autres sur le plan économique,
ou de contraindre une personne, un gouvernement ou une organisation
nationale ou internationale à accomplir un acte ou à sen
abstenir, que la personne, le gouvernement ou lorganisation
soit ou non au Canada; (ii) qui visea) à causer des blessures
graves à une personne ou la mort de celle-ci, par lusage
de la violence, b) à mettre en danger la vie dune personne,
c) à compromettre gravement la santé ou la sécurité dune
population ou une partie de celle-ci, d) à causer des dommages
matériels considérables, que les biens visés soient publics ou
privés, dans des circonstances telles quil est probable
que lune des situations mentionnées aux divisions (A) à
(C) et (E) en résultera; e) à perturber gravement ou à paralyser
des services, installations ou systèmes essentiels, publics ou
privés, sauf dans le cadre dactivités licites de revendications,
de protestation ou de manifestation dun désaccord, ou dun
arrêt de travail licite, qui ne sont pas exercées dans le but
de provoquer lune des situations mentionnées aux divisions
(A) à (C). Est exclue de la définition laction commis au
cours dun conflit armé et conforme au droit international
coutumier ou au droit international conventionnel applicable au
conflit ainsi que les activités menées par les forces armées dun
État dans lexercice de leurs fonctions officielles, dans
la mesure où elles sont régies par dautres règles de droit».
En
France, le Nouveau Code pénal français a récemment incorporé le
crime terroriste parmi les autres infractions criminelles (article
421-1 et 421-2). Cette législation apporte une définition plus
générale du terrorisme que celle proposée par le Canada. Elle
le définit comme: «une entreprise individuelle ou collective ayant
pour but de troubler gravement lordre public par lintimidation
ou la terreur.» Pour quun acte puisse être qualifié de terroriste,
il doit satisfaire deux critères. Dune part, il doit impliquer
la commission de certaines infractions spécifiques telles:«les
atteintes volontaires à la vie et à l'intégrité de la personne,
l'enlèvement et la séquestration, le détournement d'aéronef, de
navire ou de tout autre moyen de transport [1] .» La causalité entre
la commission de ces infractions et une entreprise individuelle
ou collective, telle qu'elle a été mentionnée ci-dessus, constitue
le second critère.
Au Royaume-Uni, la Loi antiterroriste de 2000
considère, pour sa part, comme terrorisme un acte qui satisfait
au moins un point de chacune de parties suivantes. Un acte est
terroriste sil implique: 1) (i) lusage de la violence
ou (ii) la menace de lusage; 2) (i) contre toute personne,
ou (ii) la perpétration de sérieux dommages contre la propriété,
(iii) mettant des vies en danger, (iv) créant un risque sérieux
pour la santé publique, (v) ou étant utilisé pour interférer sérieusement
ou détruire un système électronique; 3) (i) qui implique lusage
darmes à feu ou dexplosifs, (ii) dont lobjectif
est dinfluencer le gouvernement ou (iii) dintimider
le public ou une partie de celui-ci; 4) afin de promouvoir une
(i) cause politique, (ii) religieuse ou (iii) idéologique.
Enfin, aux États-Unis, lEffective Counterterrorism
Act de 1996 (section 105b) fait du terrorisme un crime fédéral.
Selon cette législation, le terrorisme est défini comme: «un acte
calculé visant à influencer ou affecter la conduite du gouvernement
par lintimidation ou la coercition, ou visant à exercer
des représailles envers ce dernier.» Il doit être perpétré en
relation à diverses violations pénales (voir section 105b B).
On retrouve également aux États-Unis une définition du terrorisme
dans le United States Code (titre 18, section 231). Le
terrorisme est ici défini comme: a) un acte de violence ou un
acte dangereux pour la vie humaine constituant une violation des
lois criminelles des États-Unis, ou qui constituerait, si perpétré
à lextérieur des États-Unis, une violation de ces dernières;
b) qui est perpétré dans un but (i) dintimider ou contraindre
une population civile, (ii) dinfluencer la politique du
gouvernement par lintimidation et la coercition ou (iii)
daffecter les activités du gouvernement par lassassinat
ou lenlèvement.
Du côté de la littérature, il nexiste pas de
définition commune sur laquelle reposent les recherches sur le
terrorisme. Divers experts ont adopté leur propre définition:
Hudson (1989) : «un acte de violence perpétré dans
un environnement de paix et qui est prémédité, inattendu et perpétré
contre des personnes non-combattantes ou une cible représentant
un pays donné, dans une intention dobtenir de la publicité,
de faire de la propagande pour une cause et dintimider le
plus grand nombre de gens possible afin darriver à des objectifs
politiques et sociaux.»
Hoffman (1998) : «lusage de la violence visant
à créer délibérément un climat de peur ayant comme cible première
non pas la victime immédiate mais une audience plus large(un groupe
ethnique ou religieux rival, un pays entier, un gouvernement,
un parti politique, une opinion publique), dont lobjectif
est dobtenir de la publicité et du pouvoir pour atteindre
des changements politiques, ceux-ci pouvant être à une échelle
interne ou internationale.»
Wardlard (1989) : «lusage, ou la menace de
lusage, de la violence par un individu ou un groupe contre
une autorité établie dans un but de créer une forte anxiété chez
un groupe plus large que celui des victimes immédiates. Lacte
terroriste est essentiellement un acte coercitif qui vise à accéder
aux demandes politiques de celui ou ceux qui lexécutent.»
Schmid (1983): «une méthode daction violente
qui est perpétrée par des individus, des groupes ou acteurs étatiques
clandestins, pour des raisons soit d'idiosyncrasie, soit criminelles
ou politiques, contre des personnes sélectionnées au hasard ou
contre des personnes précises (cibles symboliques dune population
donnée) visant à intimider, contraindre ou faire de la propagande
pour une cause.» Comme cest le cas avec la définition de
Hoffman, les cibles directes de lacte de violence ne sont
pas nécessairement les cibles principales.
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1.2 Traits spécifiques au terrorisme
Les définitions que lon retrouve dans les textes
législatifs et celles qui sont formulées par les experts de la
question terroriste permettent de faire ressortir quelques traits
qui caractérisent le terrorisme.
Le premier trait est la violence. Celle-ci apparaît
comme dénominateur commun aux définitions du terrorisme. Une étude
réalisée par Schmid (1983) va dans ce sens: 83% des définitions
quil a recensées comportent la violence comme trait principal.
Toutefois, cette caractéristique ne nous permet pas de distinguer
le terrorisme dautres comportements criminels ordinaires,
qui peuvent eux aussi être caractérisés par la violence (Jenkins,
1980).
Cet acte de violence est particulier. En plus dêtre
prémédité, il se démarque par son caractère réflexif. Selon Brodeur
(1991), la violence qui caractérise le terrorisme est une violence
de type réflexif, par opposition à une violence de type expressif.
Celle-ci a comme intention première lagression physique.
Les actes caractérisés par ce type de violence (par exemple, le
vandalisme) vont rarement au-delà de cette agression et ne sont
bien souvent que lexpression dun sentiment de rage
et de frustration (Brodeur, 1991: 184). Quant à la violence de
type réflexif, elle constitue un moyen de communication. Lacte
de violence nest pas perpétré uniquement pour détruire,
mais aussi pour envoyer un message, influencer une audience et
intimider. Selon Brodeur, la violence réflexive est une combinaison
de force physique et de contenu informationnel, lequel est tout
aussi important que la force (Brodeur, 1991: 184).
Un second trait spécifique qui peut être dégagé des
définitions est que le terrorisme vise une audience plus large
que sa ou ses victimes immédiates quil génère. Il vise à
créer un climat de crainte dans une population allant bien au-delà
des victimes elles-mêmes. Cette différenciation victime/cible
constitue lun des traits les plus importants, selon Schmid,
du terrorisme. Ce trait permettrait selon Fromkin, cité par Combs
(1997), de distinguer lacte terroriste de lacte de
guerre légal et de lacte criminel ordinaire, dans la mesure
où :
«Unlike the soldier, the terrorist is always in the
paradoxical position of undertaking action the immediate physical
consequence of which are not particularly desired by him. An ordinary
murderer will kill someone because he wants the person to be dead;
but a terrorist will shoot somebody even though it is a matter
of complete indifference to him whether that person lives or dies».
La
plupart des crimes de violence ont la particularité suivante:
lobjet de lagression est à la fois la victime immédiate
et la cible (Davis, 1989). Dans le cas du terrorisme, la victime
directe de lacte de violence nest bien souvent pas
sa cible principale. Lauteur de lacte de violence
terroriste na pas dintérêt particulier pour sa ou
ses victimes immédiates. La seule chose qui compte, cest
ce que son auteur peut obtenir par leur intermédiaire(obtenir
une rançon, libérer des détenus, modifier une loi ou une politique,
attirer lattention de lopinion publique sur une cause,
déstabiliser lordre social). Freedman (1983) va dans ce
sens en soutenant que la chose la plus importante nest pas
les dommages physiques et psychologiques provoqués par lacte
de violence sur la victime directe, contrairement à lacte
de guerre ou lacte criminel ordinaire, mais plutôt leffet
psychologique (anxiété, intimidation, panique) quil produit
sur une cible tierce, que ce soit un parti politique, un groupe
ethnique, un gouvernement.
Le terrorisme a comme autre trait spécifique quil
est dirigé contre des personnes non combattantes. Par celles-ci,
on entend les personnes civiles qui se trouvent à la mauvaise
place et au mauvais moment, ou le personnel militaire et policier
qui, au moment de la perpétration de lacte terroriste, nétait
pas préparé à se battre ni en mesure de se défendre (U.S. State
Department, 1999).
Enfin, le terrorisme est caractérisé par le fait
quil est perpétré en référence à une motivation politique,
idéologique ou religieuse. Cette caractéristique figure dans presque
la totalité des définitions sur le terrorisme dans la littérature.
Un acte de violence dont la finalité ne serait pas de cette nature
serait plutôt considéré comme un acte de pure délinquance ou un
acte de démence.
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1.3 Motivations liées au terrorisme
Les actes de terrorisme peuvent être classés en fonction
des différentes motivations qui mènent à leur exécution. Selon
la littérature, ces motivations se rapportent essentiellement
aux catégories suivantes: ethnique-séparatiste, idéologique, extrémisme
religieux, défense dune cause particulière et hybride (narco-terrorisme).
Le terrorisme a eu dans bien des cas comme facteur
de motivation le nationalisme ethnique et le séparatisme. Les
actes perpétrés par lIRA provisoire et lETA basque
en sont de bons exemples. LIRA est à lorigine de plusieurs
attentats en Irande du Nord et en Angleterre, notamment contre
des hauts fonctionnaires britanniques et des membres des forces
de lordre. Lobjectif de cette organisation était essentiellement
de forcer le retrait des forces britanniques dIrlande et
de faire pression pour lunification irlandaise. Quant à
lETA, elle est à lorigine de plusieurs attentats contre
des membres du gouvernement espagnol et les forces de sécurité.
Ces actes visent à forcer le gouvernement à reconnaître lindépendance
politique du Pays basque. Par ailleurs, on retrouve des actes
terroristes qui ont été perpétrés sur la scène internationale
par des factions pro-palestiennes et divers groupes (Tigres libérateurs
de lEelam tamoul, groupes sikhs en Inde), qui ont parfois
un fondement religieux mais dont la vocation première est autonomiste.
Certains
actes de terrorisme ont été perpétrés, pour leur part, en référence
à une idéologie radicale. Ils sont luvre de groupes
extrémistes de gauche ou de droite. Les actes terroristes perpétrés
par les groupes terroristes dextrême gauche sont des actes
de contestation radicale du système socio-économique. Selon Bonanate
(1994: 167), ces groupes commettent des «actes visant à affaiblir
lÉtat et créer une situation révolutionnaire et une haine
pour lÉtat et ses représentants». Ces actes ont été perpétrés,
par exemple, par les Brigades rouges en Italie, groupe impliqué
dans plusieurs séquestrations et voué à la déstabilisation de
lÉtat italien et à la destruction du système capitaliste.
On peut aussi donner comme autre exemple les actes de terrorisme
perpétrés par la Bande à Baader (Fraction armée rouge) en Allemagne,
groupe impliqué au cours des années 70 et 80 dans lassassinat
de magistrats, des attaques contre des installations américaines
et des actions violentes contre des représentants de grandes entreprises.
Un autre exemple est le terrorisme du Sentier lumineux. Celui-ci
est à lorigine de plusieurs attentats brutaux contre les
institutions péruviennes et des missions diplomatiques de pays
étranger. La motivation de leurs actes était la destruction des
institutions péruviennes et linstauration dun gouvernement
révolutionnaire.
À
lopposé, dautres actes, qui ont aussi comme motivation
lidéologie, sont inspirés par un extrémisme de droite. Certains
de ces actes ont été perpétrés en Italie dans les années 70 par
des groupes néo-fascistes. Ces actes visaient à créer une psychose
dinsécurité dans la population pour déstabiliser lÉtat.
Des groupes tels Avant-garde nationale et Ordre nouveau ont été
à lorigine de plusieurs attentats contre les infrastructures
de transport du pays. Dautres actes ont été perpétrés en
référence à la haine raciale. Ces actes sont luvre
de groupuscules néo-nazis et dagrégations de skinheads (Combat-18,
VAPO) [2]
et sont commis au nom de thèses xénophobes et racistes. Selon
Renar (1992), ces actes sont souvent luvre de «groupes
sans véritable projet politique, ni véritables structures clandestines.
Il sagit plutôt de propagande armée venant de groupuscules
racistes.» Sajoutent à cela les actes terroristes perpétrés
par des suprémacistes blancs qui véhiculent une rhétorique anti-gouvernementale
et qui sont orientés vers la vengeance, comme cela était le cas
avec lattentat dOklahoma City [3] . Le terrorisme sinscrit ici dans une dynamique
de délégitimation de lautorité étatique (Bjorgo, 1995).
Si pour certains actes terroristes la motivation
est avant tout dordre politique et idéologique, dautres
sont motivés par des impératifs religieux. Ils constituent aujourdhui
une des tendances les plus fortes en matière de terrorisme. Les
extrémistes qui sont à leur origine sont affiliés à diverses organisations,
allant notamment du mouvement sikh Dal Khalsa, du Hezbollah libanais,
des organisations militantes sunnites Hamas et Jihad islamique,
du Groupe islamique armé et du réseau fondamentaliste Al-Qaeda.
La majorité des actes de terrorisme dont le motif est religieux
sont inspirés par le fondamentalisme islamique (Wilcox, 1997).
Outre lidéologie religieuse qui les teinte, ces actes peuvent
avoir des objectifs variés. Des groupes tels que le Hezbollah
et le Hamas, par exemple, visent la poursuite de la résistance
à loccupation israélienne (Ranstorp, 1996). Le groupe Al-Qaeda,
pour sa part, lutte contre les régimes arabes pro-occidentaux
et mènent des agressions contre des cibles occidentales situées
en territoire arabe et à létranger. Enfin, certains actes
sont luvre de groupes strictement millénaristes ou
messianiques, comme lorganisation Aum Shinrikyo, à lorigine
des attentats aux matières dangereuses durant les années 90 au
Japon (Laqueur, 1997).
De
façon plus marginale, le terrorisme peut être motivé par la défense
dune cause particulière. Certains groupes, provenant surtout
de pays anglo-saxons, se sont livrés à des actes de violence pour
protester contre lavortement, les atteintes aux droits des
animaux et à lenvironnement. Les auteurs de ces actes sont
motivés à changer une politique ou une pratique quils jugent
inacceptable par la violence. Quelques attentats à la bombe ont
été perpétrés contre des cliniques davortement et leur personnel
durant les années 80 et 90 par des extrémistes pro-vie
[4] . Dautres attentats ont été revendiqués par
des groupuscules au nom de la défense des droits des animaux.
Des groupuscules tels Justice Department et Animal Right Militia
au Royaume Uni et Militant Direct Action Task Force au Canada
sont à lorigine dans les années 80 et 90 de nombreux attentats
à la bombe, aux lettres et véhicules piégés contre des résidences
de scientifiques, dinstitutions académiques et dindividus
liés à lexpérimentation animale. En plus, des attentats
ont aussi été commis par des groupuscules pour mettre un frein
aux menaces à lenvironnement et attirer lattention
sur sa protection
[5] . Le groupuscule canadien Direct Action est à lorigine
de certains de ces actes dans les années 80 (Smith, 1998) [6] .
Le terrorisme est aussi un des instruments de groupes
mafieux qui opèrent leurs activités illicites en Amérique latine
et en Europe. En recourant systématiquement à la violence, ce
terrorisme vise principalement à influer sur les milieux politiques
et judiciaires impliqués dans la lutte au trafic de stupéfiants
(Smith, 1991; Colen, 1998). Étant donné que ce terrorisme à une
motivation qui est essentiellement économique (pouvoir et argent),
sa motivation est essentiellement économique, certains auteurs
lidentifient comme un quasi-terrorisme. Les exemples dattentats
sont nombreux, surtout en Colombie. Un nombre important de juges,
de personnalités politiques, de journalistes et de policiers ont
été victimes dattaques (Medd et Goldstein, 1997: 284). Par
exemple, lorganisation terroriste M-19 avait pris dassaut
le palais de justice de Bogota et retenu en otage les personnes
qui sy trouvaient. Le but des terroristes était dintimider
le gouvernement américain qui réclamait lextradition de
criminels liés à un cartel de la drogue vers les États-Unis (Colen,
1998: 120).
Suite...
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[3] Lattentat a été inspiré
à McVeigh par le livre The Turner Diaries, écrit par
Wiliam Pierce, sous le pseudonyme Andrew Macdonald, le leader
de lorganisation suprémaciste Alliance nationale. Le livre
décrit un renversement violent du gouvernement fédéral par des
suprémacistes blancs au cours duquel ils font exploser le quartier
général du FBI.
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