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Israël
et attentats:
l'armée convaincue de suivre la bonne stratégie
Date: 26 août 2002
| Nombre
d'observateurs et de citoyens israéliens s'interrogent
sur les résultats de la politique suivie par le gouvernement:
les attentats n'ont pas cessé. En revanche, les forces
armées se disent certaines d'être sur la bonne
voie. Pendant ce temps, le démantèlement d'une
cellule terroriste impliquant plusieurs habitants de la
partie arabe de Jérusalem pose une fois de plus la
question des relations entre ceux-ci et Israël. |
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Indépendamment du jugement qu'on peut porter sur l'approche
du gouvernement israélien face aux Palestiniens et des
débats passionnés que cela suscite (y compris
en Israël), le terrorisme est un élément
dans la donne. D'un point de vue purement technique, quels que
soient les euphémismes utilisés pour les baptiser
ou les causes qui poussent des hommes et des femmes à
recourir à ces méthodes, des pratiques telles
que les attentats suicides relèvent du terrorisme.
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Actualité: démantèlement
d'une cellule du Hamas à Jérusalem
Plusieurs épisodes récents ont illustré
l'arrière-plan complexe des actions terroristes pratiquées
actuellement contre des cibles israéliennes. Ainsi, en
juillet 2002, des résidents juifs d'une colonie de peuplement
ont été arrêtés pour avoir volé
d'important stocks de cartouches et quelques armes afin de les
vendre à des acheteurs palestiniens; le cas ne serait
pas unique, même si c'est un thème dont les autorités
n'aiment guère parler.
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Sheikh
Ahmed Yassine (né en 1938), chef spirituel du Hamas.
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Emblème
du Hamas: Dôme du Rocher, surmonté d'une petite
carte de la Palestine et entouré de deux drapeaux
palestiniens. |
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Salah
Mustafa Shehada (1953-2002) chef des Brigades Qassam.
(Source: site Hamas)
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Autre épisode récent: le 17 août 2002,
démantèlement d'une cellule du mouvement palestinien
Hamas dans la partie orientale (arabe) de Jérusalem,
dont les membres sont accusés de plusieurs attentats
ces derniers mois, dont celui qui a fait neuf victimes à
l'Université hébraïque de Jérusalem
le 31 juillet 2002. Des membres de la cellule auraient
été arrêtés alors qu'ils s'apprêtaient
à commettre un nouvel attentat. La même cellule
aurait tenté à deux reprises de causer le déraillement
de trains en faisant exploser des voies et de faire sauter des
réservoirs de pétrole - confirmant en Israël
les craintes d'un acte "mégaterroriste" qui
causerait d'importantes pertes.
Les principaux suspects ne venaient pas des territoires palestiniens,
mais étaient porteurs de cartes d'identité israéliennes
(les habitants arabes de la partie orientale de Jérusalem
ont un statut différent de celui des Arabes israéliens:
ils ne sont pas des citoyens israéliens, mais ont un
statut de "résidents permanents"; ils ne peuvent
pas voter aux élections pour la Knesset, mais peuvent
en revanche participer aux élections municipales, bien
que la plupart se refusent à le faire pour ne pas entériner
la domination israélienne; les associations de défense
des droits de l'homme accusent les autorités israéliennes
de tout faire pour réduire leur nombre). Les âges
des quatre principaux activistes arrêtés - soupçonnés
d'être impliqués dans huit attentats au moins -
allaient de 25 à 31 ans, tous mariés avec des
enfants et ayant un travail. La cellule à laquelle ils
appartenaient aurait compté 15 membres, tous appréhendés,
mais d'autres arrestations seraient attendues.
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Quelle stratégie israélienne
face aux actions terroristes?
Comme le montrent ces dernières péripéties,
les interventions militaires israéliennes n'ont pas mis
un terme au terrorisme, et nombreux sont ceux qui s'interrogent
la stratégie choisie est-elle un échec, alors
que le pays continue de se trouver dans un état d'alerte
permanent et que la presse égrène au fil des mois
les noms des dernières victimes d'attentats ou attaques?
Le Jerusalem Report,
un magazine israélien réputé, consacre
un article à cette question dans son édition du
26 août 2002 sous la plume de Leslie Susser.
L'article commence par un constat: les opérations menées
en avril et en juin par les forces israéliennes, qui
étaient supposées "démolir l'infrastructure
de la terreur" et empêcher les terroristes de
circuler librement, n'ont pas pu prévenir de nouveaux
attentats.
Cependant, note l'article, tant le gouvernement que les forces
armées sont persuadées d'être sur la bonne
voie pour l'emporter, petit à petit. En fait, résume
Leslie Susser, les militaires soutiennent que leur intervention
"élimine l'infection, même si les symptômes
n'ont pas encore commencé à disparaître".
Bien entendu, les objectifs ne se limitent pas à une
offensive antiterroriste: l'analyse des militaires prévoit
un déclin de l'autorité d'Arafait à moyen
terme, combiné avec l'émergence de nouveaux dirigeants
palestiniens. Cette analyse semble assez largement partagée
par les experts israéliens: dans le N° 44 des
Tel Aviv Notes (21 juillet 2002) publiées
par le Jaffee
Center for Strategic Studies et le Moshe
Dayan Center for Middle Eastern and African Studies, Anat
Kurz parvenait également à la conclusion qu'un
fossé toujours plus grand était en train de se
creuser entre l'Autorité palestinienne et la cause palestinienne:
Yasser Arafat et l'OLP pourront donc de moins en moins prétendre
à une identification avec les attentes palestiniennes.
Il ne s'agit pas simplement du statut international de l'Autorité
palestinienne, mais de sa crédibilité en Palestine
même.
Dans cette perspective, les actes terroristes (ou la frappe
israélienne du 22 juillet à Gaza, qui a tué
Selah Shehada, chef des brigades Qassam,
mais causé également plusieurs victimes civiles)
ne changent rien fondamentalement. Pour essayer d'entraver le
terrorisme, l'armée adopte maintenant une approche dissuasive
plus globale: mesures répressives contre les familles
des auteurs d'attentats si elles ne se distancient pas de ceux-ci,
efforts pour empêcher l'argent versé par différentes
sources aux familles des "martyrs" d'atteindre celles-ci.
L'idée est de faire payer le prix de la terreur aux familles
et à l'environnement des auteurs des actes (démolition
de maisons, expulsion de certains membres de leurs familles...).
Si l'on en croit Avi Dichter, chef du Shin Bet, depuis que
cette politique a été mise en oeuvre, des activistes
auraient déjà renoncé à commettre
des actions terroristes par souci de leurs proches.
En outre, toujours selon Dichter, une fatigue de la guerre
se ferait sentir déjà dans certains secteurs politiques
palestiniens: un nombre croissant de membres du Fatah ne croiraient
plus "à la possibilité d'atteindre leurs
objectifs par le combat armé".
En Israël, tout le monde n'est cependant pas convaincu
de l'efficacité de la politique adoptée. Il y
a bien sûr des critiques dans des milieux politiques,
de droite comme de gauche. Mais un scepticisme se fait également
entendre de la part de certains experts des questions de terrorisme,
comme Boaz Ganor (International
Policy Institute for Counter-Terrorism). S'il salue l'offensive
psychologique que monte l'armée, il n'est pas convaincu
de l'effet dissuasif des destructions de maison ou de l'expulsion
de membres de familles des auteurs d'attentats. Il souligne
en outre que la politique israélienne a totalement échoué
à essayer de s'adresser à la population palestinienne
en contournant ses dirigeants.
Du point de vue de la tactique du contre-terrorisme, Ganor
fait en outre une observation importante: si la présence
des troupes israéliennes dans les territoires palestiniens
peut en effet, dans un premier temps, limiter les capacités
des cellules terroristes à agir, plus leur présence
durera, moins l'efficacité sera grande: une adaptation
à ces nouvelles circonstances se produira. Il prône
donc une approche plus dynamique, avec des incursions pour une
période courte plus qu'une présence permanente.
La lecture de l'intéressant reportage de Susser conduit
cependant à une interrogation: les mesures contre-terroristes
prises aujourd'hui, efficaces ou non dans l'immédiat,
n'alimentent-elles pas un ressentiment déjà profond
et ne sèment-elles pas en même temps les graines
du terrorisme de demain? Nous le savons tous: la solution du
conflit israélo-palestinien exige bien plus que des mesures
antiterroristes...
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Le site des
Forces de défense israéliennes (en anglais):
http://www.idf.il/newsite/english/main.asp
Le site de
l'Islamic Association for Palestine (IAP):
http://www.iap.org/index2.html
Site du Palestinian
Information Center (comprend également une bonne section
sur Hamas et une section "Zionist Terrorism"):
http://www.palestine-info.co.uk/index_e.htm
Les dernières
informations sur Hamas publiées dans la presse anglophone,
agrégées par NewsTrove:
http://hamas.newstrove.com/
Au mois de
mai 2002, islamonline.net
avait publié un entretien avec Selah Shehada, dans lequel
il donnait de nombreuses précisions sur les opérations
de martyre, le choix des candidats, etc. Au début du mois
de juillet 2002, une traduction française de cet entretien
a été mise en ligne par le site français
Islamiya:
http://islamiya.net/modules.php?name=News&file=article&sid=1867
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