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Religion
et terrorisme
La question des attentats suicides:
tactique ou théologie?
Source: www.religioscope.com
Date: 14 mai 2002
Mise en ligne sur terrorisme.net: 19 août 2002
Depuis le 11 septembre, à lire les commentaires de
la presse, religion et violence paraissent former un couple
inséparable. La vague des attentats suicides palestiniens
a renforcé ce sentiment, d'autant plus qu'ils ont, jusqu'à
une date récente, été le fait de militants
issus de groupes islamistes. Mais la réalité n'est
pas si simple. Et la légitimité de cette pratique
suscite de vifs débats dans le monde musulman, même
si le drame palestinien complique ces discussions.
Du point de vue tactique, l'attentat suicide présente
de nombreux avantages, soulignait en l'an 2000 l'expert israélien
Ehud Sprinzak dans un article
de Foreign Policy, mettant en garde contre une interprétation
mettant trop l'accent sur le caractère "irrationnel"
de ces actes:
"C'est une opération simple et peu coûteuse,
pas besoin de prévoir des itinéraires de fuite.
Un grand nombre de victimes et de gros dégâts
sont garantis. Pas de crainte que les terrorristes soient
interrogés et livrent des informations importantes,
puisque leur mort est certaine. Et un énorme impact
sur le public et dans les médias."
Quant à Martha Crenshaw (Wesleyan University, Connecticut),
dans une intervention lors d'un colloque en février 2000,
elle faisait observer que "les martyrs ont une grande
valeur du point de vue de la propagande" et que, pour
ce qui est du martyr lui-même, "le salut est atteint
par le sacrifice". Le sacrifice de sa vie consenti
par le martyr (puisque c'est ainsi que leurs partisans considèrent
les auteurs d'attentats suicides) "démontre la
légitimité et l'authenticité de la cause"
- sinon, qui serait prêt à donner sa vie pour celle-ci?
Un homme jusqu'alors obscur sait qu'il deviendra une légende
- et un modèle qui en inspirera d'autres... Ceux qui
adhèrent à l'idéologie prônée
par le martyr "s'identifient avec l'héroïsme
et la gloire de l'acte de sacrifice de soi".
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Le "record" des attentats
suicides appartient aux "Tigres" tamouls
Faut-il être un croyant pour accepter de se transformer
en bombe humaine? Rien ne permet de l'affirmer: le tragique
"record"du plus grand nombre d'attentats-suicides
commis au cours des vingt dernières années n'appartient
pas aux islamistes palestiniens, mais aux "Tigres"
tamouls, qui ne sont pas un mouvement d'inspiration religieuse.
Ils ont commencé à utiliser cette tactique en
1987. Avec une redoutable efficacité, puisque Rajiv Gandhi
(1991) et un président du Sri Lanka (1993) comptent parmi
leurs victimes. (En fait, souligne Rohan Gunaratna, expert sur
les questions de terrorisme, dans un article
publié par le magazine indien Frontline, les
Tigres ont pour principe de ne revendiquer, pour des raisons
d'image, que les opérations contres des cibles militaires,
raison pour laquelle les statistiques officielles qu'ils diffusent
sont inférieures au nombre réel d'actions commises.)
Les Tigres ont systématisé cette stratégie,
au point de constituer des unités spéciales recevant
un entraînement de commandos-suicides. 30% environ des
auteurs d'attentats commis par les Tigres sont des femmes: elles
peuvent plus facilement dissimuler le matériel explosif
sous leurs vêtements, faisant croire le cas échéant
qu'elles sont enceintes, et elles sont moins contrôlées.
En fait, il semble que les recrues choisies aujourd'hui pour
faire partie du corps d'élite des "Tigres noirs"
(qui se préparent au suicide) soient aujourd'hui en majorité
des femmes.
Un reportage
publié en l'an 2000 par un journaliste de la Far Eastern
Economic Review avait décrit les itinéraires
typiques de quelques jeunes gens se préparant à
devenir des martyrs de la cause tamoule. "C'est le plus
grand sacrifice que je puisse faire, expliquait l'un d'eux.
Le seul moyen par lequel nous puissions obtenir notre territoire
nationale est par les armes. C'est la seule manière de
nous faire entendre. Même si nous mourons." L'auteur
de l'article soulignait qu'il y avait dans cette attitude un
mélange de frustration accumulée et de pression
psychologique: personne n'est forcé de devenir une bombe
humaine, mais les jeunes sont sensibles à la propagande
permanente des Tigres, qui exalte les actes des héros
de la cause.
Bien entendu, les Tigres ne se considèrent pas comme
des terroristes ? Bruce Hoffman a d'ailleurs bien souligné
la réticence des organisations terroristes actuelles
à se définir comme telles, à commencer
par leurs intitulés (La Mécanique terroriste,
Paris, Calmann-Lévy, 1999, pp. 35-38). Dans sa déclaration
pour le "jour des héros" du 27 novembre 2001
(donc après les événements du 11 septembre),
le chef du LTTE expliquait:
"Nous sommes une organisation de libération
nationale. [?] Nous ne sommes pas des terroristes. Nous ne
sommes pas dérangés mentalement au point de
commettre des actes aveugles de violence incités par
un fanatisme raciste et religieux. Nous combattons et sacrifions
nos vies pour l'amour d'une noble cause, à savoir la
liberté humaine. Nous sommes des combattants de la
liberté."
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Monde musulman: entre islamisme et nationalisme
Il est certes vrai que les attentats suicides contemporains
ont débuté à l'initiative de militants
islamistes, au Liban en 1983: tout d'abord un attentat contre
l'ambassade des Etats-Unis à Beyrouth en avril (63 morts),
puis, quelques mois plus tard, deux explosions qui détruisirent
des baraquements américains (241 victimes) et français
(58 morts). Depuis, ils ont fait des émules: en Tchétchénie,
des attentats suicides ont été commis depuis l'an
2000.
Du côté palestinien, c'est en 1993 que la première
bombe humaine a explosé. Remarquons que ces Palestiniens
se réclament de groupes différents: non seulement
Hamas et le Jihad islamique, mais aussi le Fatah, qui se veut
séculier. Au mois de janvier, la première femme
à rejoindre les rangs des bombes humaines palestiniennes
ne venait pas des rangs islamistes, mais de ceux du Fatah.
Le magazine Time
a consacré son numéro du 15 avril 2002 aux attentats
suicides en Palestine et souligne que les auteurs des attentats
récents n'ont pas tous de fermes convictions religieuses.
Plusieurs autres observateurs en témoignent: de plus
en plus, l'attentat suicide devient une arme d'une lutte nationaliste.
Certes, soulignent les journalistes du Time, en élaborant
des justifications de ce type d'attentats, les groupes islamistes
ont contribué à à le rendre populaire.
Les "opérations de martyre" contre les Israéliens
sont perçus comme un acte d'autodéfense nationale;
et il est peu probable que les développements des dernières
semaines transforment beaucoup cette perception.
Aujourd'hui, il ne manque pas de volontaires. Un journaliste
du quotidien The
Scotsman (9 avril 2002) a interrogé une adolescente
de 16 ans qui se propose de commettre bientôt un attentat
suicide. Elle n'avance aucune motivation religieuse, mais développe
un discours nationaliste:
"Mon peuple est tué et détruit par
les Israéliens. Ils prennent notre pays et emprisonnent
les nôtres. Je serai heureuse si je peux changer cela.
De toute façon, il n'y a pas d'espoir pour ma vie."
Le thème du martyr(e) dans la société
palestinienne est déjà antérieur aux attentats
suicides et participe à l'élaboration d'un thème
nationaliste avec un remploi d'un thème hérité
de la tradition islamique (le shahid, martyr). Dans un article
publié en 1999 par Tsantsa, revue de la Société
suisse d'ethnologie, l'ethnologue Christine von Kaenel-Monoud
avait relevé que "la symbolique du martyre peut
être comprise à plusieurs niveaux, à la
fois sur un mode nationaliste et laïc, et sur un mode religieux."
En effet, "les martyrs palestiniens sont les héros
de la société palestinienne, qu'elle soit civile
ou militaire, dans sa tendance laïque ou religieuse."
Une interprétation n'efface pas l'autre, soulignait-elle
dans cette analyse très fine: le martyr(e) devenant une
source d'inspiration et un symbole autour duquel la société
palestinienne s'unit et accède à une nouvelle
identité nationale. Il s'est transformé en modèle
culturel, appliqué à tous ceux qui sont tombés
pour la lutte de libération national: "tout en
étant une référence, le concept religieux
du martyr a sans cesse été remanié et modelé
par les processus sociaux qui l'ont habillé et l'habillent
encore de différents langages (nationaliste, socialiste,
islamiste...)." Les attentats suicides sont donc venus
se greffer, comme nouvelle variante, sur ce thème déjà
présent du martyr.
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Le débat islamique sur la légitimité
des actions:
opérations de martyre ou attentats suicides?
Bien entendu, cela n'enlève rien à la réalité
de justifications religieuses de l'attentat suicide, qui représentent
d'ailleurs un élément non négligeable dans
les fondements du discours palestinien autour de ce thème.
Parmi les admirateurs du jihadisme circulent des textes comme
ce dialogue de deux s?urs tchétchènes avant leur
départ vers la mort:
"Nous serons au Paradis ensemble après notre
martyre. Nous verrons là les martyrs qui y sont allés
avant nous. Entrer au Paradis n'est pas une tâche facile,
il faut des sacrifices."
[Pour information,
nous fournissons en annexe (sous forme de fichier PDF, 136 Ko)
la transcription en anglais de cet ultime entretien entre
les deux soeurs, extrait d'une vidéo jihadiste intitulée
No Surrender. Le texte est présenté exactement
sous la forme dans laquelle il circule au sein de milieux
islamistes.
http://www.terrorisme.net/pdf/chechen.pdf]
Aux yeux des partisans islamistes de ces actions, en effet,
il ne s'agit pas de suicides ? ceux-ci sont condamnés
par la religion ? mais d'"opérations de martyre".
Dans un passionnant
texte publié par le New Yorker (19 novembre
2001), sous le titre "Un arsenal de croyants", Nasra
Hassan relate ses observations au cours d'une patiente recherche
sur les bombes humaines islamistes palestiniennes. Un survivant
d'une opération ratée raconte ses sentiments alors
qu'il se préparait à devenir un martyr:
"C'est comme si un mur très haut, impénétrable,
vous séparait du Paradis ou de l'Enfer. Allah a promis
l'un ou l'autre à ses créatures. Alors, en pressant
le détonateur, vous pouvez tout de suite ouvrir la
porte du Paradis ? c'est la voie la plus courte vers le Ciel."
Et d'ajouter que ses compagnons et lui étaient habités
par un état de ferveur permanente dans les jours qui
précédaient le martyre attendu: "Ce furent
les jours les plus heureux de ma vie."
Nasra Hassan rapporte que ses interlocuteurs décrivaient
leurs opérations comme des "explosions sacrées",
et c'est également l'expression utilisée par l'un
d'eux ? "nous sommes fiers de notre arsenal de croyants"
? dont elle a fait le titre de son article. Si l'on y prête
bien attention, la foi religieuse ne fonctionne pourtant pas
nécessairement comme justification: au contraire, toutes
les religions connaissent des prohibitions envers le suicide.
Du point de vue de l'islam, le suicide est un péché,
qui peut être passible du châtiment éternel.
Celui qui s'ôte la vie pour fuir l'existence commet un
péché grave, dit la tradition musulmane. Mais
la règle s'applique-t-elle à celui qui renonce
à la vie pour la sacrifier au service d'une cause plus
grande que lui? Le fait que des organisations jihadistes publient
de longs textes justificatifs, avec arguments tirés du
Coran et d'autres textes, pour expliquer pourquoi l'auteur d'un
attentat doit bien être considéré comme
un martyr, est révélateur d'un problème
épineux: ces dernières années ont lieu
de vifs débats entre théologiens musulmans pour
savoir si ces pratiques sont acceptables ou non. Il ne s'agit
pas simplement pour eux d'une question tactique, mais théologique.
Dans les années 1980 déjà, pour des raisons
doctrinales, les théologiens chiites libanais avaient
été très réticents à approuver
les opérations suicides.
[Pour
information, nous fournissons en annexe la longue justification
jihadiste du caractère légitime de l'opération
de martyre menée par une Tchétchène
(fichier PDF, 223 Ko).
http://www.terrorisme.net/pdf/martyrdom.pdf]
Les avis sont très partagés, comme on a l'a vu
lors des réactions qui ont suivi la déclaration
au sujet des attentats suicides par le Grand Mufti d'Arabie
saoudite en avril 2001 (donc avant les attentats du 11 septembre:
cependant, comme
le faisait alors observer l'expert israélien Reuven Paz,
il est fort probable que le dignitaire religieux saoudien avait
plus à l'esprit Oussama ben Laden que les militants palestiniens).
En fait, le Mufti s'interrogeait sur la légitimité
de telles actions au regard de la shari'a et disait craindre
qu'ils tombent dans la catégorie du suicide.
D'autres autorités religieuses n'hésitent pas
à exprimer une condamnation nette et de principe. Ainsi,
le
Sheikh Ibn Uthaimeen déclare qu'attacher à son
corps des explosifs et se faire exploser "est un cas
de suicide" et que "quiconque commet le
suicide sera placé éternellement dans le feu de
l'Enfer" (s'il a agi par ignorance en croyant commettre
une bonne action, on espère cependant la miséricorde
divine, mais il est interdit en tout cas de lui conférer
un titre de martyr). En effet, selon le sheikh, son action n'apporte
aucune bénéfice à l'islam: elle ne conduira
pas des gens à accepter l'islam et ne rendra les ennemis
que plus déterminés.
En outre se pose même pour ceux qui seraient prêts
à admettre des opérations suicides dans certains
cas la question des limites: par exemple, savoir si une action
qui va tuer des civils est légitime, même s'il
s'agit de frapper l'ennemi. Le 13 avril 2002, le Sheikh Tantawi
(Al Azhar) a déclenché une polémique en
déclarant énergiquement que celui qui se fait
sauter parmi les agresseurs israéliens est un martyr,
mais s'est empressé de préciser qu'il ne justifiait
que les attentats contre les troupes israéliennes, pas
ceux contre des femmes et des enfants, mais en introduisant
une distinction supplémentaire lorsque des attentats
frappent des colonies de peuplement israélienne dans
les territoires occupés, où il peut ne pas être
possible de frapper uniquement les militaires (Associated
Press, 14 avril 2002). A entendre toutes ces distinctions,
on perçoit les difficultés face auxquelles se
retrouvent les théologiens musulmans lorsqu'ils entrent
sur ce terrain. Ce qui démontre en même temps que
la justification de l'attentat suicide ne va pas sans dire.
Certaines autorités religieuses estiment que la distinction
entre militaires et civils n'est pas pertinente dans le cas
des actions contre Israël. Car le point sensible du débat
est bel et bien la Palestine. Plusieurs érudits musulmans
acceptent les "opérations de martyre" en Palestine,
mais pas dans d'autres contextes.
En fait, la question palestinienne complique considérablement
la discussion et empêche même des prises de distance
nettes, comme on a pu encore le constater lors de la réunion
des pays membres de l'Organisation de la conférence islamique
(OIC) à Kuala Lumpur en avril 2002 ? en dépit
des appels du gouvernement malaisien, la plupart des pays présents
n'avaient pas le sentiment de pouvoir condamner les Palestiniens
et leur appliquer l'étiquette "terroriste",
quelles que soient les méthodes utilisées. Le
point 11 de la "Déclaration de Kuala Lumpur sur
le terrorisme international" (3 avril 2002) souligne:
"Nous rejetons toute tentative d'associer les Etats
islamiques ou la résistance palestinienne et libanaise
avec le terrorisme, ce qui constitue un obstacle au combat
global contre le terrorisme."
Le point 3 du plan d'action proposé par la conférence
de l'OIC suggère de développer une définition
internationalement acceptée du terrorisme, "qui
devra être différenciée du combat ou de
la résistance légitime de peuples sous domination
coloniale ou étrangère". La question
de la définition est en effet cruciale.
Le rôle de la religion comme source de l'attentat suicide
est loin d'être aussi univoque qu'on l'imagine. Quant
aux experts du terrorisme, ils ont d'autres soucis plus immédiats:
en octobre 2000 déjà, un article de la réputée
Jane's Intelligence Review s'inquiétait de savoir
combien de temps il faudrait jusqu'à ce que la tactique
de l'attentat suicide commence à être utilisée
également sur des champs d'opération occidentaux?
Jean-François Mayer
[TOP]
Pour
en savoir plus
Ehud Sprinzak,
"Rational Fanatics", Foreign Policy, N° 120,
sept.-oct. 2000, pp. 66-73
URL: http://www.foreignpolicy.com/issue_SeptOct_2001/sprinzak.html
Rohan Gunaratna,
"Suicide Terrorism: A Global Threat", Jane's Intelligence
Review, 20 octobre 2000
URL: http://www.janes.com/security/international_security/news/usscole/jir001020_1_n.shtml
Nasra Hassan,
"An Arsenal of Believers", The New Yorker, 19
novembre 2001
URL: http://www.newyorker.com/fact/content/?011119fa_FACT1
Christine
von Kaenel-Mounoud, "Le martyr/e dans la société
palestinienne", Tsantsa. Revue de la Société
suisse d'ethnologie, N° 4, 1999, pp. 75-91.
URL de la revue: http://www.unine.ch/ethno/publ/tsantsa.html
(l'article lui-même n'est pas accessible en ligne)
Countering
Suicide Terrorism: An International Conference, Herzliya (Israël),
International Policy Institute for Counter-Terrorism, 2001 (160
p.) [actes d'une conférence tenue en février 2000
à l'Interdisciplinary Center de Herzliya - articles de
qualité inégale, certains bien informés]
Site de l'ICT (Institute for Counter-Terrorism):
http://www.ict.org.il/
Enfin, sur
les risques de voir se produire des attentats suicides dans des
pays occidentaux, un grand quotidien américain vient de
publier une enquête: David Von Drehle, "U.S. Fears
Use of Belt Bombs: Mideast-Style Suicide Attacks Difficult to
Counter", Washington
Post, 13 mai 2002, p. A01. (Bruce Hoffman y rappelle qu'un
projet d'attentat suicide dans le métro de New York avait
été déjoué en 1997.)
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